

Rendez-vous est pris pour ce jeudi soir des plus froids à la Java. Après un sympathique moment en interview avec Julien Cassarino, chanteur du projet, je prends mon mal en patience et me gèle les meules dans la salle. Putain il fait froid!
Le premier groupe de la soirée monte sur scène devant un public dégarni. D'ailleurs la foule ne s'est pas pressée ce soir. Tant pis pour elle. Rise People, Rise va coller une gentille baffe. Je ne suis pas assez spécialisé en styles et références barrées pour vous expliquer à qui ressemble le groupe. Pour moi c'est du rock farfelu, bien foutu, avec une touche de folie et d'audace bienvenue. J'ai quand même parfois eu du mal à les suivre. On se retrouve dans ces moments là à bouger la tête tout en se demandant si on n’a pas l'air un peu con. Moments heureusement plutôt rares. Un bassiste, un guitariste qui prends parfois une basse, un batteur/chanteur qui fait le show à lui seul. Si je n'ai pas été transcendé, je n'en ai pas moins apprécié les qualités du groupe ainsi que l’agencement de leur set. Impressionnants.
Le deuxième groupe, Mozès, est énervant. Énervant parce que frustrant. Je ne saurais pas vous dire si j'ai aimé ou pas. Un peu comme quand on rencontre quelqu’un et qu’on le trouve à la fois antipathique mais attirant. Je m'explique : le début du set m'a paru chiant à mourir. J'ai eu un mal fou à accrocher. Puis accessoirement leur frontman chante faux... Enfin pas tout le temps. Encore une fois c'est frustrant. Et du coup on va en arriver à la deuxième moitié du set. Le groupe passe la 4e et lâche les chevaux. La guitare prend de l'ampleur, les compositions aussi, et notre ami, au chant, pousse sa voix. Et là c'est bon ! Le son développé par le groupe peut être vraiment « fat », et les compos sont d'un tout autre niveau. Très bon point pour la fin.
La scène s'habille de ses plus Bellefleurs. Ici un crocodile en peluche, là une poupée voodoo. Un serpent gonflable et des fleurs autour des pieds de micros. Rufus Bellefleur va blaster la salle. Le Rufus Bellefleur show commence sur une intro bayou horrifique façon série Z qui voit le groupe investir la scène. Un batteur massif (j'ai rarement eu aussi mal pour les fûts!), un joueur de Banjo casquette vissée sur les yeux, deux Rufus Girls et notre fantôme de frontman. First Blood fait vibrer la salle. L'instru qui sort des enceintes de façades (oui hein, Mr Yuz au banjo ne peut pas tout jouer avec juste deux mains) n'est pas aussi propre que sur le cd. Ça sature. Et tant mieux puisque dans le cas présent on gagne en puissance et en crasse. C'est jouissif ! Rufus peut faire bouger les culs les plus flasques. Le spectacle est complet : mise en scène drôle ou inquiétante au choix, énergie imparable, bonne humeur communicative et maîtrise technique incontestable. Les morceaux sont régulièrement entrecoupés d'interludes déclinées autour du thème "welcome to the Rufus Bellefleur show". La quasi-intégralité de l'album y passe. Le temps aussi. Trop vite.









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