

Rivulets passe à Lyon, branle-bas de combat, la ville s’affole, le thermomètre descend en dessous de zéro : la venue de Nathan Amundson, en ce saint vendredi 2 février, me poussera à coup sûr vers le bar le plus proche de chez moi afin d’honteusement profiter de l’happy hour et de pouvoir me placer au premier rang durant le concert du bonhomme, briquet allumé, bouche ouverte et yeux de biche activés.
Car Rivulets, en plus d’écrire de la musique belle à faire pleurer un grille-pain, ne s’amène pas souvent en France. La dernière remonte en 2008, il suffisait d’attendre la sortie de son nouvel album, intitulé très poétiquement We’re Fucked, pour espérer le revoir gratter sa six-cordes seul sur scène. Nathan Amundson fait partie de toute cette scène absurdement nommé slowcore, tournant autour de groupes célébrant la dépression nerveuse, l’impuissance sexuelle et le manque de pectoraux comme Low, Red House Painters ou Bedhead. De la joie, de l’amour, de la vie, mais surtout une putain de belle musique, que Rivulets s’appliquera en toute décontraction à nous montrer ce soir.
Le type monte sur scène, dépouillement de l’extrême, une guitare, un micro, un ampli, il n’en faudra pas plus pour captiver une audience composé d’environ quarante personnes au Sonic : Amundson déroulera une set-list proche de la perfection. Perdu dans ses pensées, regardant au loin lorsqu’il joue, fermant les yeux lorsqu’il chante, le garçon est d’une timidité maladive mais joue des morceaux désarmants de beauté. Sa guitare sort des accords chaleureux, souvent d’une tristesse infinie, sur lequel Rivulets pose sa voix, une magnifique voix, douce, parfois tremblotante, résonnant dans la salle, caressant et hypnotisant le public, se perdant avec lui. La même sensation qu’à l’écoute de ses albums, l’impression d’être enveloppé dans un écho lointain, de ne plus vouloirs en ressortir. Beaucoup de titres du dernier album, le reste consacré aux meilleurs morceaux de sa discographie, l’insondable Waited for You de l’EP You’ve Got Your Own, Four Weeks, en rappel, issue de son premier album, l’impératif Shakes, de Debridement, son meilleur album à ce jour, et moults autres instants de bravoure t’obligeant à sortir rapidement tes mouchoirs mentholés si tu ne veux pas que le côté sensible que tu tentes constamment de cacher en enchainant les sessions MMORPG et les paquets de chips à bas prix se révèle au grand public.
Dempster Highway jouait en première partie, pas vu, arrivé trop tard.









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Commentaires
je découvre, c'est chic !