

- Artiste : Fill's Monkey
- Genre : Expérimental
- Ville : Paris
- Pays : France
J’ai vu Fill’s Monkey à la Dame de Canton. Je vois Fill’s Monkey sur Facebook. Dans des master-class. Dans le sud. A l’est. Je vois Fill’s Monkey au Sentier des Halles. Les types ont plus de concerts que Martine de tomes. Je m’attends à tomber sur ces mecs dans la prochaine vidéo de threesome que je regarderai sur Jizzhut. A les voir débarquer dimanche prochain chez ma mère. Je reste persuadé que si un jour je m’intéresse à ma généalogie, je finirai par découvrir un lien de parenté quelconque. Apprendre que l’un d’eux est mon père me ferait même pas plus d’effet que ça.
Du coup, retourner les voir me donne l’impression de retrouver des amis, mais à qui je n’aurais jamais adressé la parole. Je sais où ces mecs passent leurs week-ends, mais je serais pas foutu de dire qui est Yann, et qui est Sébastien. Je saurais même pas reconnaître mon éventuel géniteur.
Bref, on est donc une cinquantaine ce midi-virgule-5 à avoir le courage (ou le peu d’impératifs professionnels) à vouloir assister à la moins tutorielle des master-class. Je reparlerai pas du set en détail, étant donné que la trame reste la même, et que je l’ai déjà chroniqué ici , mais il convient de revenir sur certains éléments.
L’aspect « barrière » physique de la batterie a été aboli par une mise en scène et une gestation de l’espace plus « vivantes ». La bataille de tubes plastique qui incarnent une sorte de survivance de Grease en PVC, le final « air-batterie », bien plus efficace et humble que celui qui connaît un « air-succès » ces derniers mois. La mise en place est toujours aussi bluffante. C’est plus carré que Kylesa. Plus technique que Fantômas et le Melvins Big Band. Les parodies parodient. Les clichés, clichettent. Après, les flottements sont toujours aussi flottants. Tous les moments où la batterie n’est plus le protagoniste principal, c’est-à-dire lorsque les corps et les visages prennent le premier rôle, là ça devient chiant. On se croirait à un spectacle pour enfants. Les grimaces rappellent une mauvaise sitcom. Je songeais à José le claviériste d’AB Productions, ou à Mister Bean. Mais malgré ces longueurs, l’heure passe vite, et le final (en air-band, donc) annule toute pensée négative.
Quand j’aurai un gosse je l’emmènerai. Pour qu’il se marre, et qu’il voit son papi sur scène.









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