
- Artiste : Headcharger
- Label : Custom Core Records
- Année : 2010
- Genres : Rock Métal Stoner
- Pays : France
- Salut Headcharger ! C’est sympa de vous prêter au jeu de l’interview… Tout d’abord félicitations pour ce beau troisième album. On a beaucoup apprécié chez nous. Qu’en est-il de l’accueil du public d’une manière générale ?
Seb : D'une manière générale l'accueil de « The end starts here » est vraiment très bon. C'est toujours agréable de voir que les gens ont compris notre évolution vers quelque chose de plus rock. Nous nous sommes toujours appliqués à ne pas tomber dans certains clichés. Je pense que le fait de proposer un album différent à chaque fois t'aide dans cette direction. A titre strictement personnel je craignais un peu le côté routinier du troisième album. Il semble qu'on ait réussi justement à l'éviter et du coup à se renouveler. Le fait de décomplexer notre musique nous a emmené vers d'autres directions sans pour autant changer l'esprit de ce qu'est HEADCHARGER à la base.
Antony : De manière plus générale, l’accueil de la presse et des professionnels est également très bon. Beaucoup de gens t’attendent un peu au tournant pour un 3éme album, ils s’attendent tous à une redite de ce que tu as déjà fait avant. Sur ce coup là, je pense qu’on a pas mal surpris. Peut être, attendait-on de nous qu’on se complaise dans les recettes de l’album précédent, mais nous c’est pas notre style de se reposer sur des lauriers, on va toujours de l’avant. Je crois que c’est ça en partie qui commence à payer aujourd’hui.
- Vous faites partie des trop rares groupes français à jouer un métal « hybride ». Comment en êtes-vous arrivés à ce métissage rock n’ roll ? Quelles sont vos principales influences ?
Antony : « Métal hybride », ça me fout les boules comme terme ! Pour moi on est un groupe de rock, point barre ! Certes dans notre style on retrouve des grosses teintes métal, mais définitivement j’ai pas l’impression de faire un cross-over entre plusieurs styles.
Si, dans un album t’as des morceaux acoustiques, des trucs plus bluesy, des plans d’harmonica, tout ça qui cohabitent avec des trucs plus simplistes et énergiques, sur le papier c’est un album de rock, pas un album de fusion.
Seb : Tout l'explication de ce métal que tu trouves « hybride » vient simplement de notre travail de composition. HEADCHARGER c'est 5 entités distinctes qui proviennent d'horizons musicaux différentes (hard rock, metal, rock n'roll, pop, hardcore....). Du coup chacun met son grain de sel dans les arrangements. Il n'y a rien de calculé, juste l'envie que les titres ressemblent à chacun de nous. Les quelques groupes qui font l'unanimité restent des trucs comme AC/DC, Metallica, Alice in Chains, Guns n’ roses.
- En parlant d’influences, vous êtes branchés cinéma apparemment, alors vous êtes plus « Reservoir Dogs » ou « Saturn 3 » ? Expliquez-nous un peu ce titre sur Keitel ! Quel cinéma vous inspire particulièrement musicalement ?
Antony : Oui, on est tous branché ciné. Pour répondre à ta question, Saturn 3, je connais même pas ! Donc oui, plutôt Reservoir Dogs, quoique Tarantino ça me saoule un peu ces derniers temps. Les dernières claques pour moi ce serait plutôt du côté du Japon. J’aime bien les personnages qui ont des gueules à pleurer que quand ils épluchent des oignons, mais qui dégagent un truc touchant, genre Takeshi Kitano ou Harvey Keitel. Justement cette idée de faire un titre sur Keitel, comme on avait fait précédemment avec Bill Murray, vient de là. Paradoxalement, à la base, le morceau « Harvey Keitel’s Syndrome » fait plus écho à la littérature de Paul Auster, qu’au cinéma. Le lien c’est juste le film Smoke de Wayne Wang, co-écrit par Paul Auster justement, dans lequel Harvey Keitel est le premier rôle. Ensuite, quant à la signification exacte du texte et son rapport au film, je te laisse te faire ta propre interprétation !
- Comment avez-vous procédé pour l’enregistrement de « The End Starts Here » ? J’ai appris que c’est un des musiciens du groupe qui a travaillé sur l’album… N’est-ce pas trop dur d’être des deux cotés de la vitre en studio ? A-t-on le recul suffisant ? Avez-vous eu de l’aide extérieure au groupe pour la réal’ de l’album ?
Antony : En fait c’est moi qui me suis chargé des prises, et notre ingé live, Guillaume s’est chargé du mix. On tient un studio en Normandie qui s’appelle le « studio de la souleuvre », c’est déjà là qu’avaient été enregistrés, mais pas mixés, les deux opus précédents.
Pour cet album, on a décidé de tout faire nous mêmes, de ne pas faire appel à un producteur extérieur. On savait ce qu’on voulait et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même… Mais c’est sûr que c’est pas sans poser de problèmes. Ca demande beaucoup d’autodiscipline, et beaucoup de recul, et au final, j’ai passé plus de temps derrière les boutons que derrière une six cordes et les nuits ont été courtes pendant un mois, mais le résultat en valait la peine.
Seb : C'est vrai qu'Antony et Guillaume ont fait un travail de malade sur cet album. Nous étions sûr qu'ils étaient à la hauteur de nos ambitions et ils nous l'ont prouvé. Il y a aussi des personnes comme Flo (notre backliner) et Matt' LECHEVALLIER (ex MY RUIN, ETHS …) qui nous ont beaucoup aidés sur les arrangements. Encore une fois nous nous sommes recentrés sur nos proches pour faire de ce « The end starts here » quelque chose qui nous ressemble.
- Vous avez un son de gratte assez personnel, une petite info à nous lâcher sur le matos embarqué dans le bolide Headcharger ?
Antony : Secret-défense, tu ne sauras rien ! Allez, je te lâche juste une info, on a pas mal utilisé de pédales seventies, genre la Standard Fuzz Ibanez, un truc collector qu’on sort que dans les grandes occasions ! Pour les amplis, les baffles, les guitares, rien d’exceptionnel, faut juste savoir les régler correctement !
- Combien de temps avez-vous passé sur la production de ce nouvel album ?
Antony : A la louche, je dirais un mois de prises, trois semaines de mix environ. L’idée de ne pas prendre de producteur était aussi la garantie que le facteur temps ne serait pas un handicap. Quand tu sais exactement ce que tu veux entendre, il est hors de question de sortir du studio en te disant « Merde, on aurait pu faire mieux, mais on a pas eu le temps ».
Au final on a pris le temps qu’il fallait pour aller au bout de nos idées, c’était ça le plus important.
Ensuite, on a envoyé le bébé à New York chez Alan Douches pour le mastering, et Mat’ de Babylon Pression s’est occupé du design. Disons qu’un mois après la sortie du studio, le tout était prêt pour être envoyé à l’usine !
- 3 albums, c’est pas mal du tout… Le line-up a-t-il changé souvent pour en arriver là ?
Antony : Je suis arrivé dans le groupe pendant la tournée du premier album, depuis aucun changement !
Seb : Le line up continue en effet d'être le même depuis la tournée de notre premier album et c'est aussi cette stabilité qui fait qu'à un moment donné on sait dans quelle direction nous voulons aller.
- Parlons un peu live… Comment voyez-vous la scène rock en France ? N’est-ce pas trop difficile de s’y faire une place ? Vivez-vous de votre musique ?
Seb : Quand on parle de rock en France, ça sonne tout de suite zarb'. C'est juste une question de culture. Je ne t'apprends rien en te disant que l'on en est encore à l'étape d'individualité marginale dans ce domaine. Après il existe une scène émergente avec des groupes comme Noid, Bukowski, Mudweiser...qui commence à faire bouger les choses mais le chemin est encore long. Du coup, si faire du gros rock en France c'est être assimilé à cette scène et bien cela ne nous pose aucun problème. Ca fait maintenant un bout de temps que l'on tourne et que l'on sort des albums mais nous ne vivons pas de notre musique. C'est aussi la réalité des choses dans un pays comme le notre mais nous acceptons les règles du jeu en espérant que peut être, un jour, cela pourra changer... « If you wanna dance you gotta pay the band !!!!! »
- Avez-vous des copains de route ? Groupes avec qui vous avez des affinités pour partager la scène ?
Seb : A force de tourner, forcément on a rencontré des gens et lié des relations plus ou moins amicales. Je pense à des groupes comme Eths, Aqme, Die on Monday, Watcha, Zuul FX, l'Esprit du Clan...Même si nous ne jouons pas la même musique, nous sommes tous embarqués dans le même navire. Celui d'essayer de faire au mieux notre musique et ceci dans les meilleures conditions pour nous comme pour le public. Nous avons toujours préféré nous faire notre propre avis sur les gens et ne pas écouter les « on dit ». C'est déjà assez compliqué comme ça alors le fait de cloisonner les choses n'arrangerait rien.
Antony : En fait, des fois ça surprend les gens, mais les affinités se font pas trop sur des histoires de style de musique, mais plus des histoires « humaines ». Après un concert quand t’es dans les loges avec les autres groupes, tu parles plus de foot ou de ciné que de musique !
- Racontez-nous un peu cette affiche hallucinante à Madrid !! La pression monte-t-elle d’un cran sur ce genre de festival ? Vous allez jouer avec les plus grands, est-ce un signe qu’Headcharger passe à la vitesse supérieure ? C’est peut être l’occasion d’enregistrer live !
Antony : Je pense qu’avec cet album, on est pris au sérieux. C’est aussi dû au fait qu’on est entouré d’une grosse équipe complète et compétente, XIII bis en maison de disques, Sony en distribution, New Track, Intersection et Sweet Life, en tourneurs, Him Media en attaché de presse, etc.
De manière générale, on était assez optimistes quant à la physionomie de la tournée qui s’annonçait, mais cette date c’est vraiment la cerise sur le gâteau. On est super excité par cette affiche, jouer avec Faith no more ou Alice In Chains, quand t’as commencé à faire de la gratte dans les nineties, forcément ça fait un choc !
Après, il faut pas voir ça comme un aboutissement, mais plutôt comme le début d’un nouveau truc pour nous. A vrai dire, des festivals comme celui-là, on en à d’autres en Europe qui sont « dans les cartons », mais on ne peut pas en parler pour le moment .
- Une ou deux petites anecdotes sur le meilleur et le pire concert d’Headcharger ? Un truc croustillant ?
Seb : Quand tu pars sur la route il y a forcément une anecdote à la minute. Pour ce qui des pires souvenirs tu préfères vite les oublier et aller de l'avant. Je dois dire que le fait d'être entouré de tourneurs compétents, t'évite pas mal de désagréments. Il faut savoir qu'il existe encore des gens dans ce métier qui ne doutent de rien et te proposent de jouer gratuitement sans hébergement. Cela reflète d'ailleurs le plus souvent des conditions de jeu déplorables. Nous sommes passés par là donc je sais de quoi je parle. L'important reste pour moi que chacun fasse de son mieux et ce n'est pas toujours le cas. Après, les meilleurs souvenirs de live ne sont pas forcément ceux des grandes salles que l'on a pu faire. Pour les détails, tu sais comme moi que « what's on the road, stays on the road.... »
- Vous avez pas mal de dates en Belgique et en France, aucune à Paris pour le moment. Les parisiens vous boudent-ils ?
Antony : Non, non, pas du tout ! Pendant la tournée de Watch The Sun, sur nos 2 principales dates parisiennes, le Trabendo et l’Elysée Montmartre, l’accueil du public a été incroyable ! C’est pas imaginable de toutes façons de faire une tournée sans passer par Paris. Pour le moment, on a quelques dates en périphérie, mais une date intra-muros sera calée d’ici peu de temps, soyez patients !
- Pour terminer, un petit message perso à faire passer ?
Un grand merci pour votre intérêt à HEADCHARGER. N'hésitez pas à visiter nos divers sites :
http://www.myspace.com/headcharger
http://www.facebook.com/pages/Headcharger/189758996448
http://www.headcharger.com
Vous y trouverez nos dates de concerts, photos de concerts et diverses infos sur le groupe.
Merci et longue route à vous ! Keep’ Rockin’









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Commentaires
A noter que dans Saturn 3 et Reservoir Dogs, on retrouve Keitel... D'où la question, un peu passée à la trappe, dommage ^^
Je gagne un cadeau ?
mazette!
100ème interview !
réponses somme toute classiques mais l'itw reste agréable à lire