Aqme interviewé par Musik Industry

Interview de Aqme


MI: Votre nouvel album est très bien accueilli par la presse nationale, est-ce une étape importante dans votre carrière ?

Etienne : C’est un gros tournant, car on a changé de guitariste. Dans l’histoire du groupe, c’est important, car c’est Ben et moi qui avons créé le groupe, et l’arrivé de Julien change la donne. Ça nous permet de tenter pleins de trucs qu’on voulait faire depuis un moment. Sinon, ça fait plaisir que cet album soit bien accueilli, comme tu le faisais remarquer dans ta question, car les réactions journalistiques lors des précédents albums ont été assez contrastées dirons nous ! C’est la 1ère fois qu’on a tant de bonnes chroniques. C’est plutôt cool !

MI : Julien, Qu’as-tu apporté au groupe ?

Julien : Quand je suis arrivé dans AQME, Etienne avait déjà un répertoire de 12 chansons en chantier et je les ai écouté, ça m’a inspiré. Puis j’ai ramené 4-5 chansons. J’ai apporté des effets, ma façon de jouer, ainsi que mon son. Je ramène aussi d’autres influences bien sûr…

Etienne : Sur les choses qu’il n’a pas écrites, il tire les idées vers le haut et il apporte des choses nouvelles auxquelles on n’avait pas pensé. Il a un son très différent de Benjamin, et il ne s’est pas transformé pour intégrer le groupe. Le groupe travaille vraiment en équipe et tu peux apporter une idée, et les autres vont réagir, et essayent de la faire évoluer.

MI : Vous dites que vous arrivez à composer à 4… Moi, je galère déjà à jouer juste à 2 avec un pote… Quel est votre secret ?

Etienne : On ne compose pas réellement à 4 mais on prend les décisions à 4. D’abord il y a un accouchement personnel, c’est assez intime. Ensuite on présente le projet aux autres, et on dit « ca oui, ça non », et on rebondit tous ensemble. D’abord il y a un travail individuel, voir à 2. Par exemple « violence », c’est un riff qui c’est fini au bout d’une heure et demi de compo à 2… Ensuite on l’a proposé aux autres et ça a tout de suite plu. Si ça n’avait pas été le cas, on aurait remis ça à plat et continué à travailler… Sinon sur le disque, tous les titres plaisent à tout le monde du groupe… On a fait aucun compromis…C’est génial je trouve !!

MI : Sur la composition de votre dernier album, quelles ont été vos influences ?


Etienne : Pas de groupe en particulier, on a quand même pas mal de disques derrière nous… On reprend certains gimmicks, ça nous fait marrer !! (rires) Mais c’est difficile de mettre le doigt dessus, car on écoute tellement de choses ! tout nous nourrit…

Julien : Sinon tu as l’impression d’être influencé par un truc mais il s’avère que les autres disent que non. Dans « violence » par exemple, le break fait penser à system of a down… alors que c’est un groupe que j’écoute pas souvent…C’est bizarre…

Etienne : Et aucun d’entre nous n’avions pensé à ça dans le processus de composition ! C’est assez marrant ! L’essentiel est d’assumer ses influences, sinon t’es pas à l’aise. On écoute du métal extrême, du post-rock, de la pop (interpol, cure…). Ne pas avoir peur de mélanger des choses qui ne sont pas sensés êtres ensemble, c’est ça qui nous plait.

MI : En regardant vos dates de concerts, j’ai remarqué que vous jouiez beaucoup en France et moins à l’étranger. Pourquoi ?

Etienne : On a jamais vraiment réussi à s’exporter… On joue de temps en temps en Belgique et AQME y a toujours été très populaire. En Suisse, c’est un peu plus dur… J’imagine que la barrière de la langue n’en est pas pour rien… Même si je suis un grand naïf et je me dis que, si ce que tu fais est correct, les langues ne devraient pas être une barrière. On a enregistré notre disque en Suède, et, nos potes de là-bas nous disent, en écoutant notre zic, que c’est super «même si on ne comprend rien à ce que le chanteur dit !! » Mais bon, les pays francophones représentent déjà pas mal de gens : il y a de quoi faire !

MI : En France ça tourne déjà bien, c’est déjà pas mal hein ?

Etienne : Oui, même si il y a moins de dates…

MI : Pourquoi ?


Etienne : Il y a une partie du métal Français a un peu disparu, il reste Mass Hysteria, Lofofora, et AQME. Les autres ont un peu disparu, soient-ils ont arrêté, soient-ils sont en sommeil. Et, une génération de public est venu en 2000 mais n’ont pas été suivis par une nouvelle génération de jeunes qui écoutent du métal. Maintenant quand on se ballade à Paris, il y à peu de metalleux, contrairement à l’Alsace ou il y en a beaucoup.

MI : Est-ce qu’il y a des groupes émergeant en France qui vous plaisent ?

Headcharger (même si ils ne sont pas tout jeunes), c’est des super potes en plus !


Charlotte, c’est pas trop dur en tournée avec gars ?


Etienne (avec la voix de charlotte) : Je m’en fous, j’ai toujours été entouré de mec, et je me laisse pas faire. Du coup aucun souci…


MI : Qui sait peut-être une deuxième fille dans le groupe ?


Julien : Oui, à la guimbarde, ou au triangle !! (rires)


MI : Bon, question conne, qui a le plus de succès avec les filles… ?


Julien : Bon c’est Thomas je crois, en tout cas, il plait bien à ma mère, même si il a un peu pris de poids…

Etienne : Sinon il y a aussi Julien, mais c’est parce qu’il est nouveau, je pense !(rires). Non, sinon, sans conteste, c’est Charlotte, mais avec les mecs !

MI : Le plus beau souvenir sur scène ?

Etienne : L’Olympia, sans hésitation… On est un des rares groupes à l’avoir fait et à l’avoir rempli. C’est la plus belle salle de France. Ça remplace tous les zénith de France. Ma famille de Suède est venu exprès ! L’Olympia est le top de que ce qu’on peut faire chez nous !

MI : Est-que tu peux balancer un crasse sur « Mass Hysteria » avec qui vous jouez ce soir ?

Etienne : Rah, c’est difficile, j’ai rien comme crasse à dire sur eux ! mais bon, en grattant, je dois avouer que Mouss est toujours à la bourre ! (rires)

MI : Quand vous étiez gamin votre rêve devait être de faire de la musique. Maintenant que ce rêve est en marche, quel est le suivant ?

Etienne : Que ça dure ! quand tu démarres, le premier rêve était de faire un disque. Ça paraissait juste énorme ! On avait eu l’impression d’avoir fait un truc génial! 10 ans après, on a fait 5 disques, plein de concerts, et on mesure la chance qu’on a eu. Mais la chance, on a su la provoquer. Mais on sait jamais ce qui se passe. Le succès est un concours de circonstances… Si ça marche, tant mieux. Par contre, ça suscite des jalousies.

MI : Votre dernier album est plutôt accès sur « la fin » comme quoi tout est éphémère, tu peux développer ?

Etienne : Nos thèmes abordés ont toujours étés plus ou moins les mêmes, mais il est de plus en plus compliqué d’en parler sans se répéter. Au commencement, Thomas parlait pas mal de ses douleurs de post-adolescence. Maintenant, on a tous la trentaine. Mais depuis peu le côté éphémère des choses nous touche ; la mort aussi. Elle m’a touché de très près il y a peu de temps. J’ai encore un peu de mal à en parler, mais mon frère est décédé dans une avalanche, il y à tout juste un an, et cette mort a affecté tous le groupe car il était très proche de nous tous. C’est plus dur pour les vivants que pour les morts. Ça touche tout le monde à un moment. Moi, j’avais une vie super agréable, et ça a changé pas mal de choses en moi. Heureusement qu’on a la musique pour se tenir un à flot, c’est une bouée de sauvetage. Préparer le nouvel album m’a aidé à penser à autre chose. Cet objectif m'a permis d’effacer temporairement ça, mais le retour de bâton arrive. Je pensais être taillé pour tenir… Par contre je préfère la vie à la mort.

MI : Votre musique et mélancolique et violente : Pourquoi ?

Etienne : Pour moi, tout ce qui est beau est triste. Un beau coucher de soleil m’évoque le temps qui passe, ça créé un spleen en moi. Le coté éphémère des choses. On ne fait que passer et on ne laissera rien. On est qu’une poussière qui passe. Profitons de ceux qui sont autour de nous tant qu’il est encore temps.

MI : Selon le calendrier maya, la fin du monde est en 2012, qu’est-ce que vous voulez absolument faire avant ?

J’y crois pas du tout, c’est des conneries ! (rires) Ils se sont juste pas fait chier à aller au-delà de 2010 . Je ne changerai rien, il y a plein de choses positives dans la vie. Peut-être vivre à fond... On a un groupe qui plait, entouré de gens qu‘on aime. On est des gens sincères, honnêtes, on n’est pas malsains ou désagréables, pour se dire qu’il faut changer. Donner la vie serait quelque chose d’important pour moi...

MI : Je sens une pointe cynisme à la fin de l’interview…

Etienne : Oui, on a toujours un petit coté désabusé dans AQME. Mais ça nous empêche pas de profiter la vie. On ne refuse pas le côté positif de la vie. On a besoin d’expier ce qui touche et qui fait mal. Tu ne vas pas voir ton psy si tout va bien non ?

Voix Off : Vous avez bientôt fin ? le groupe doit se préparer là…

Etienne : La musique nous aide à équilibrer tous ça ! La musique nous sert à faire le vide. C’est une drogue douce et pas dangereuse pour la santé !


Par : Morgan

le 15/02/2010



(9) | Ajouter un commentaire à l'interview de Aqme



  • Le 06-05-2010 à 10h11 par antoine
  • bof
  • Le plus triste, c'est de lire "(...)une partie du métal Français a un peu disparu, il reste Mass Hysteria, Lofofora, et AQME."
    Alors que la scène FR fourmille en ce moment de perles rares, de groupes plus incroyables les uns que les autres, formés par des gens qui sont tout aussi trentenaires que AQME, qui ont multipliés les projets pendants plus de 15 ans dans une confidentialité scandaleuse (car le monde s'en fou et ne reclame que du "mainstream") et qui ont commencés en même temps qu'Aqme, voir bien plus tôt. Le fait de simplement citer comme autre reference HeadCharger, qui est, je veux bien l'admettre, très pro, mais par contre très très très ennuyeux et pompeux (est-ce que ces mecs inventeront un jour leur propre musique ? j'en doute...). Etienne les cites parce que c'est des "potes"...hum hum...
    Non, vraiment, je trouve scandaleux que les têtes de gondoles du metal Français ne fassent pas en sorte d'aider un minimum les vrais bons groupes méconnus à sortir ne serait-ce qu'un minimum de l'ombre. Pourtant, ils doivent bien se rendre compte qu'ils sont écoutés par un très grand nombre, ils connaissent l'impact de leurs interventions lorsqu'ils communiquent. mais ils s'en foutent. On parle toujours des mêmes...Lofo, Mass, etc... on reste dans le "moyen age" de la scène FR. Les années 90 ça va continuer longtemps ?

  • Le 19-02-2010 à 10h32 par Morgan
  • Haha!! merci ben! :) oui c vrai que les réponses sont un peu bateau...

  • Le 18-02-2010 à 08h14 par TRAUMA
  • Un peu de respect pour Van Damme SVP : )

  • Le 18-02-2010 à 05h24 par Ben
  • MI : Votre musique et mélancolique et violente : Pourquoi ?
    Etienne : Pour moi, tout ce qui est beau est triste. Un beau coucher de soleil m’évoque le temps qui passe, ça créé un spleen en moi. Le coté éphémère des choses. On ne fait que passer et on ne laissera rien. On est qu’une poussière qui passe. Profitons de ceux qui sont autour de nous tant qu’il est encore temps.

    Morgan, tu sais comment dénicher les perles... un peu plus et il tournait Van Damme le pauvre...

  • Le 15-02-2010 à 09h57 par Dimitri
  • Ils ont quand même un excellent batteur. Au niveau des lyrics j'ai l'impression qu'à force d'être attirer par le vide le chanteur finit par y sombrer.

Voir les commentaires précédents

 
We are on :
news | albums | gigs | interviews | pics | cinéma | foutraque | faq | goodies | forum | contacts | YouFolkMe
© 2005-2008 Musik Industry | Tous droits réservés