Fast Motion interviewé par Musik Industry

Interview de Fast Motion


Ÿ 1/ LA question classique, vous pourriez présenter FAST MOTION et ses membres, les sides-projects si il y en a ?

Je crois que je vais te faire une réponse très classique aussi : Fast Motion, c'est 5 gars originaires de Lille qui font du punk/rock assez influencé par différentes sortes de hardcore. Le groupe est né fin 2005, mais on a eu une floppée de changement de line-up jusqu'à l'enregistrement de notre EP, puis un autre juste après la sortie du disque.
Plusieurs gars du groupe étaient impliqués dans d'autres groupes, mais je crois que plus personne n'a de side-project pour le moment.

Ÿ 2/ Votre Ep Sailing to nowhere Ÿ est sorti sur 6 labels dont un Asiatique, un Américain, un Canadien puis deux Français et un Allemand. Vous pourriez expliquer comment se sont passés les connections pour qu’un groupe quasi-inconnu arrive à chopper autant de label et notamment à l’international ?

Tout s'est fait quasi-exclusivement sur MySpace, en envoyant des centaines de messages pour essayer de convaincre des labels de bosser avec nous.
Tu vois, quand tu sais te sortir les doigts du cul, ça finit par payer. J'ai du démarcher plus de 600 labels sur MySpace, de la plus petite distro colombienne ou philippines jusqu'aux plus gros labels américains. Au final, très peu répondent et encore moins acceptent de dealer avec toi, mais dans le lot, il y a des personnes qui kiffent vraiment ce que tu fais et qui veulent te filer un coup de main. Bon, un des labels français est mon "pseudo-label", donc ça ne compte pas !
Sinon, il y a eu quand même quelques changements depuis le bouclage du disque : le label canadien s'est désengagé par manque de thune, Monkey Wrench Records (USA) préfère préparer une édition vinyle avec nous, et nous avons trouvé un label au Japon qui accepte de nous sortir là bas fin Juillet.

Ÿ 3/ L’Ep est extrêmement travaillé au niveau du digipack, comment est venu l’idée de sortir du cd classique, et surtout comment ça c’est réalisé au niveau financier et artistique ?

Je ne te ferai pas un scoop en reprenant les propos de Pascal Negre et en disant que la vente de CD n'est pas au beau fixe. On s'est dit que quitte à sortir un CD, autant que les quelques personnes qui l'achèteront aient en leur main un truc travaillé qu'ils peuvent avoir à un prix modique.
Au niveau financier, on y a été grandement de notre poche et on n'a facturé aux labels partenaires que nos coûts de duplication. On a aussi eu un coup de pouce financier par un sponsor, ce qui nous a permis de presser plus de CD pour le même prix et voir l'excédent distribué gratuitement dans les points de vente de notre sponsor. Au final, ça nous fait de la pub à l'oeil.

Ÿ 4/ Toujours dans la promotion du groupe, vous avez tournés un clip pour le tube qu’est WATCH IT BURN Ÿ, vous pourriez dire comment ça c’est fait ?

Ce sont Vinss et Fab (bassiste de For A Second et Mon Autre Groupe), déjà responsable du clip de Twisted Minds, qui l'ont réalisé et on les en remercie encore. On connait Vinss depuis quelques temps déjà et sachant qu'ils (avec Fab) s'étaient déjà fait la main sur des clips, on leur a demandé à si les intéresseraient de bosser sur notre musique. Au final, le tournage a été assez épique : froid polaire, tempête de neige, galère de matos, maladie et on fêtait la sortie de notre EP le même week end. On s'est quand même bien marré à le faire, mais l'expérience fut ... éprouvante !

Ÿ 5/ Vous rentrez d’une tournée Européenne, c’était cool ? Vous pouvez récapituler les pays et villes visités.

Tu m'étonnes que c'était cool !!! Ca faisait des années qu'on voulait tous le faire et c'est enfin arrivé ... et on ne pense qu'à repartir. On est passé par Bruxelles, puis trois dates en Allemagne (Berlin, Leipzig et Eisenberg), suivie de deux dates en République Tchèque (Tabor et Ostrava). On est ensuite passé par Bratislava (Slovaquie), puis Wiener Neustadt en Autriche et on a finit par trois autres dates en Allemagne (Regensburg, Saarlouis et Brühl).
C'était vraiment mortel dans le sens où on est toujours super bien tombé, avec des gens très chaleureux et accueillants. On a joué dans des endroits très différents, de la salle bien équipée à la cave de 10 m², mais les retours ont été super bons, même de la part de personnes qui n'avaient pas spécialement l'air d'être dans le même trip musical que nous.

Ÿ 6/ Vous êtes très actif ces derniers temps, la sortie de l’ep, la tournée, comment ça se passe pour concilier le tout avec vos vies et vos obligations professionnelles ?

On gère tous comme on peut, mais on s'est dit que s'il fallait le faire à fond, on le ferait. Certes, c'est pas le punk rock qui nous paiera le loyer et la bouffe, mais ce n'est pas en se trouvant des excuses qu'on progressera. Pour ma part, j'ai déjà prévenu mon chef que le jour où je devrais faire un choix entre mon taf et le groupe, je crois que je serai bon pour aller alimenter les chiffres du chomage ! ;-)

Ÿ 7/ C’est un truc que j’aime beaucoup chez vous, cette réelle envie de faire des choses, alors qu’en France j’ai l’impression qu’un paquet de groupes se complaisent dans la position de Local heroes Ÿ, alors sans tirer dans le tas mais vous avez un avis sur cette scène hardcore Française ?

Je ne sais pas trop d’où te viens cette impression, mais il va falloir te mettre à tailler plus franchement sur certains groupes ! ;-)
Plus sérieusement, on joue très régulièrement dans notre région, mais je ne vois pas l’intérêt de jouer toutes les deux semaines devant tes potes. Si tu veux leur faire tant plaisir, autant aller jouer chez eux quand ils font une soirée ou un délire du genre, et éviter de leur demander de passer à la caisse à chaque concert. D’un autre côté, je ne me sens pas spécialement impliqué dans une quelconque scène, et mis à part des amis proches qui nous soutiennent, je crois qu’on sonne trop mélodique pour plaire aux fans de vrai Ÿ hardcore.
Sinon, histoire de te contredire, il y a aussi beaucoup de groupes qui se bougent bien le cul. On pense aux copains de Nine Eleven surtout, qui ne nous sortent pas des excuses de boulot, copine, tarte chez Mamie le week end (…) quand on leur propose une date.

Ÿ 8/ Sinon dans les échos de mes potes après l’écoute du Ep, j’ai entendu des ça sonne ricain Ÿ, vous avez une formule magique pour sonner ricain alors ? Et notamment l’accent de GET qui est difficilement assimilable à un Lillois, c’est un travail de prononciation, le vécu de voyages ?

Comment ça difficilement assimilable à un Lillois Ÿ ?! Salaud !!!
Avec le recul, et surtout avec l’arrivée d’Olive dans le groupe (qui possède son propre studio – Thibault ayant quitté le groupe après les sessions de studio), je ne suis pas pleinement satisfait de nos enregistrements. Bon, je ne crache pas dessus, surtout qu’on a pu le faire masteriser pour pas très cher par le co-fondateur de Think Fast Records (qui a pu bosser avec Lifetime, Kill Your Idols ou Outbreak … ouais, je me la pète), mais si c’était à refaire, je pense qu’on procéderait d’une autre manière. De toutes façons, peu de groupes sont réellement satisfaits de leurs enregistrements une fois qu’ils ont pu prendre un peu de recul.
Par contre, c’est marrant que tu accueilles l’accent plutôt bien, car c’est justement ce qui a fait tiquer pas mal d’amis dont l’anglais est la langue maternelle. Pourtant, tu peux me croire que j’ai cassé les roubignoles de Get sur ce point durant les enregistrements … mais on dirait que j’ai atteint mes limites plus tôt que prévu. On fera mieux sur le prochain.
Pour ce qui est de sonner ricain, j’avoue ne pas trop comprendre. Si j’étais mauvaise langue, je dirais que peut-être encore trop de groupes de punk rock français sont sclérosés dans le punk rock des 90’s couplet-refrain-couplet-refrain-pont-couplet-refrain Ÿ et ont du mal à sortir de ce schéma, ce qui pourrait faire croire qu’on est plus barrés, alors qu’on est bien loin de la qualité de composition et d’écriture des groupes qui nous influencent (A Wilhelm Scream, Propagandhi, Belvedere, Comeback Kid, …) … mais bon, je dirais seulement ça si j’étais mauvaise langue, tout le monde sait que ce n’est pas du tout mon cas, haha !

Ÿ 8.1/ Puisque tu le mentionnes, comment c’est passé la connexion avec le co-fondateur de THINK FAST RECORDS ?

Même topo qu’avec les autres labels : MySpace. En fait, Charles a quitté Think Fast ! Records il y a quelques temps et a remonté son propre label : Get Outta Town Records. Il conserve néanmoins de bon contacts avec ces anciens associés. Je lui avais donc demandé si ça l’intéressait de nous sortir aux Etats Unis, mais ça n’était pas possible car il se concentrait sur ses sorties en cours, en plus de tourner avec d’autres groupes. Il m’a par contre proposé de nous faire le mastering, et c’est là qu’il m’en a dit un peu plus sur les groupes avec qui il avait déjà bossé. Quand j’ai dit ça aux autres, on a eu des p’tites étoiles dans les yeux ! ;-)
Quand il m’a annoncé ce qu’il demandait pour le mastering, on n’avait plus de doutes possible … je lui ai même demandé s’il ne s’était pas planté dans ses tarifs, mais il m’a dit qu’il faisait du mastering pas cher pour les groupes de punk rock qui en voulaient et qui lui plaisaient.

Ÿ 8.2/ Internet, tu m’as dis avoir contacté les labels via Myspace, qui est aujourd’hui un outil qui facilite la vie des groupes, des orgas’, pourtant certains y voient le diable personnifié. Un avis sur Myspace, et plus largement Internet ?

Au départ, j’étais très hostile à ce site mais il faut se rendre à l’évidence : MySpace propose tout ce qu’un groupe doit avoir sur une page web (galerie de photos, lecteur audio, livre d’or, agenda concert, messagerie…). Le gros problème de MySpace, c’est que tu confies plus ou moins les données de ton groupe à une société qui n’en a, a priori, rien à cirer. Je crois même qu’il y a eu une grosse polémique à propos de leurs compilations. Le deuxième problème, c’est que les groupes ne créent ou n’alimentent même plus leur propre site web et se contente d’une page MySpace … sauf que le jour où MySpace tiltera (fermeture, inaccessibilité), ces groupes se retrouveront à poil. Je ne les blâme pas, on est dans le même cas … faudrait vraiment qu’on se penche sur le site d’ailleurs.
Sur un aspect communication, tu n’as même plus à te constituer un fichier d’adresses mail ou de numéros de téléphone, tu as une liste de diffusion potentielle énorme à disposition et si MySpace n’avait pas été là, je crois qu’on en aurait salement chié pour sortir ce disque ou pour booker la tournée européenne de Janvier/Février.

Ÿ 9/ Y’a un truc étonnant aussi, c’est l’utilisation d’un Sax’ et d’un Trombone sur TOOKIE, alors j’ai lu sur des forums que c’est vos potes qui jouent sur le morceau mais comment on en vient sur un Ep d’hardcore melo à avoir l’idée de mettre du Sax’ et du Trombone ?

Dur à dire, je pense justement que cette fin de morceaux cuivrée casse un peu le rythme et permet de faire respirer un peu le disque. Sur la partie dub-esque de Tookie Ÿ, on voulait à la base mettre des samples de radio et des trucs du genre. On n’a rien trouvé d’intéressant et je me suis dit que ça serait cool de convier les cuivres de mon ancien groupe de ska, qui ont accepté avec plaisir de venir poser un truc. Ca s’est fait de manière spontanée, car ils ne connaissaient pas le morceaux et n’avaient pas voulu se voir avant pour le bosser, de peur de faire un truc trop convenu.
Je comprends que ça peut surprendre, mais le clivage des styles n’est pas notre truc. Dans le groupe, on se retrouve autour d’influences communes mais individuellement, on écoute pas mal de trucs différents : du vieux ska et de groupes comme The Slackers, jusqu’au metalcore en passant par du punk 80’s ou de la power-violence.

Ÿ 10/ Vous savez vous adapter aux ambiances, en effet j’ai en tête GUN IN MY HAND qui est très lourde et pleine de rage quand BETTER LEFT UNTOLD est un tube d’Hardcore Mélo’. Vous jouez sur ce duo de son, un punk hardcore plus brut qui va devoir composer avec un tube mélo’ juste après ?

Quand on a monté le groupe fin 2005, c’était juste après la claque de Wake The Dead Ÿ de Comeback Kid. Nos débuts ont été résolument été tournés vers du hardcore assez moderne, aidé par un chanteur qui ne voulait pas chanter de manière mélodique (même s’il en était parfaitement capable). On a connu nos premier changements de lineup (Vevette, mon acolyte batteur dans un précédent groupe, parti pour Toulouse et Mickey –le chanteur sus-cité- qui a préféré se consacrer entièrement à son studio de tattoo, l’arrivée de Get) et c’est à ce moment qu’on s’est dit qu’on pourrait exploiter un registre plus mélodique, dans lequel il était à l’aise.
De mon côté, niveau composition et écriture, le nombre grandissant de CBK-likes a du aussi me gonfler au point de ne pas vouloir leur ressembler. On est plusieurs à apprécier les trucs plus mélodiques, et je pense que ça contribue à apporter un peu plus de relief à nos morceaux … même si ça ne doit pas plaire à tout le monde. Au final, je ne pense pas que nous soyons très originaux, dans le sens où des groupes comme Strike Anywhere, Propagandhi ou Bigwig le font déjà depuis des lustres.

Ÿ 10.1/ Au niveau des textes, tu peux en parler un peu, les thèmes qui vous tiennent à c¶ur, la manière d’écrire, voire les influences qui aide au songwriting ? Et la question qui me tourmente, comment se procurer les lyrics ?

C’est principalement moi qui écrit les textes. Les thèmes sont assez variés : le déclin de notre civilistion (Watch it burn), l’amitié (Count to ten), les désillusions (Better left untold), la persévérance et l’ambition (Falling Harder) ou encore les soucis familiaux (Father and son). Deux chansons ont des paroles qui ont un peu plus trait à l’actualité : Tookie (à propos de Stanley Tookie Ÿ Williams) et A gun in my hand à propos des armes à feu et de la connerie que ça représente.
Le sujet de Tookie tenait assez à Mickey, notre ancien chanteur, et j’ai brodé autour pour faire ressortir les points qu’il avait relevé.
Au niveau des influences, je ne sais pas si j’y suis très sensibles. Je lis les paroles des groupes que j’apprécie, mais je n’essaie pas de calquer ce que j’écris sur ça : autant faire de la merde tout seul que du mauvais plagiat ! ;-)
Au final, nos paroles parlent surtout de notre experience, de notre vécu, même si ce n’est jamais dit de manière très flagrante. Je pars parfois d’une situation vécue par quelqu’un d’autre, puis je me l’approprie en y ajoutant un peu d’imagination pour en sortir un texte.

Ÿ 11/ On va parler de chez vous un peu, Lille, des choses à dire ? J’y ai mis les pieds une fois, pour mettre du plastique sur une vitre cassée en revenant du Ieper .

Ah ?! Ben, on a du se croiser alors ! C’était l’année dernière ?
Lille est une ville cool, très étudiante, avec pas mal d’activités mais tout en restant à taille humaine. On a quelques endroits pour jouer, on est proche de Paris et de la Belgique pour les grosses dates, donc la situation n’est pas aussi sombre que celle véhiculée par la sale réputation de la région ou le syndrome Bienvenue chez les ch’tis Ÿ.
Je constate aussi que de plus en plus de personnes et de groupes se bougent, que les concerts gagnent petit à petit en affluence … en espérant que ça continue comme ça.

Ÿ 12/ La Belgique, vu du Sud : Gros festivals, petit pays avec pleins de groupes. Vous en pensez quoi vous de la scène Belge ? Vous espérez profiter de la proximité Lille – Belgique pour vous installer un peu dans la scène ?

Tu n’es pas sans ignorer que la Belgique est divisée. De l’avis de nos amis belges, essentiellement wallons, les flamands sont beaucoup plus actifs et se sont généralement eux qui organisent les plus gros festivals. Il y a d’excellents groupes des deux côtés, mais ce n’est pas évident pour nous de choper des contacts là bas et d’y jouer. En fait, j’ai l’impression qu’il y a déjà tellement de groupes là bas, que les frontaliers ne les intéressent pas forcément. C’est un peu comme en Allemagne : quitte à faire jouer des groupes étrangers, autant choper des pointures en tournées qu’une p’tite bande de frenchies inconnus.
Ceci dit, ça ne serait pas un mal d’aller essayer de s’imposer là bas.


Ÿ 13/ Toujours dans les questions annexes, vous êtes impliqués à coté du groupe ? Dans des trucs comme le fanzinat, label, ou autres.

On organise quelques concerts par nous même, je suis aussi en train de monter mon propre label (Street Machine Records) en espérant avoir les épaules assez solides et avoir suffisamment de temps pour aider correctement quelques groupes. Rien de très exceptionnel à vrai dire.

Ÿ 14/ Je sais qu’il est tôt pour demander ça mais vous avez quoi de prévus dans le futur ?

Le plus urgent, ça va être de remplacer Quentin qui s’en va tenter sa chance à Londres en Juillet. On a quelques pistes, en espérant tomber sur un gars qui le fasse humainement, techniquement et qui soit disponible. On a aussi notre EP, agrémenté de trois nouvelles chansons, qui sort au Japon fin Juillet et cette édition devrait servir de base à une édition vinyle qui devrait se faire en coproduction avec plusieurs labels, dont certains qui bossent déjà avec nous.
Pour le reste : tourner, tourner, tourner et encore tourner !!!

Ÿ 15/ Enfin un avant-dernier mot sur l’artwork car il est magnifique, faites un peu de promo pour votre pote. Site internet, myspace.

Un gros gros gros big up à Pierre PHILIPPE, qui a vraiment un putain de coup de crayon et avec qui s’est un vrai plaisir de bosser avec. N’hésitez pas à le contacter pour des artworks, car il chercher à taffer avec des groupes en ce moment et il est très satisfait de la manière dont ça s’est fait avec nous (en gros, une idée puis quasi-carte blanche).
http://www.monbicfaitdespates.com

Ÿ 16/ Et puis le dernier mot, il est pour vous.
Un grand merci à toi de braquer un peu les projecteurs sur nous et de nous soutenir. Plus généralement, un grand merci à tous ceux qui sont derrière nous !

www.myspace.com/fastmotion


Par : AKA 47

le 23/06/2009



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