Envy interviewé par Musik Industry

Interview de Envy


Interview au Glazart / Samedi 25 avril 2009

Comment s’est déroulé votre concert du Printemps de Bourges ? Vous vous rendez compte que de nombreux artistes aimeraient être à votre place ?

C’était un très bon festival. Je n’en avais jamais entendu parler avant ce qui fait que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Et ce fut plutôt surprenant de voir qu’il y avait tout ce truc autour du Japon (ndlr : une programmation spéciale Made in Japan Ÿ s’est déroulée au cours de l’édition 2009 du Printemps de Bourges). Mais oui, c’était marrant parce qu’il y avait plein de gens là-bas qui n’avaient jamais écouté Envy ou entendu parler de nous.

Depuis votre première tournée en France en 2002, vous êtes revenus plusieurs fois, et vous jouez maintenant dans des salles renommées. Est-ce que l’intimité et la proximité avec le public des petites salles de concert ne vous manque pas?

Nous étions déjà venus en France par le passé, avant 2002 même, et nous avions joué dans des squats, tu vois genre des concerts dans des endroits vraiment minuscules… et c’était cool. Tu vois, les salles comme celle de ce soir sont tout aussi cool que les petites salles… Et si tu nous demandes ce qu’on préfère, je dirais que plus on fait de concerts plus on est heureux… Donc j’apprécie les deux.

La notoriété du groupe s’est beaucoup amplifiée. Est-ce que c’est maintenant moins dur de négocier des congés dans vos emplois respectifs ?

Je ne m’étais jamais rendu compte que nous étions aussi célèbre !!! (rires) Vraiment, je n’ai pas l’impression qu’on soit si connu que ça. Donc oui, nous travaillons tous, tu vois, Envy, ce n’est pas notre boulot à temps plein mais nous avons réussi à trouver un juste milieu entre la musique et le travail.

En 2002, Tetsu, tu m’avais dit que tu ne souhaitais pas vivre de la musique car tu avais peur de sombrer dans la routine. Qu’en penses-tu à présent ?

C’est toujours pareil aujourd’hui. C’est très difficile de vivre seulement grâce à sa musique au Japon et en plus nous gérons très bien boulot et musique maintenant… Et tu vois.... Hmmm, ce serait comme…. Hmmm, je ne sais pas trop comment t’expliquer ça… Ce serait comme un suicide professionnel, je suppose, de croire qu’on ne pourrait vivre que de notre musique.

Vous avez signé avec Rock Action ? Qu’en est-il de cette collaboration?

Nous avons rencontré Mogwaï au Japon et nous sommes devenus amis. Mogwaï nous ont approché et nous ont demandé s’ils pouvaient sortir nos albums et nous avons bien évidemment dit oui puisque nous sommes très proches. C’est une sorte d’amitié mutuelle tu vois, et c’est comme ça que c’est arrivé.

Un membre de Mogwaï semble dire que les négociations ont été difficiles. Pourquoi ?

Nous étions sur le label H.G. Fact avant, et il est probable qu’ils aient eu des difficultés avec les droits ou quelque chose comme ça, je ne sais pas trop en fait.
Le mec de chez H.G. Fact est un mec super et tout, mais il est vraiment punk dans le sens old school du terme et il n’a pas trop apprécié le fait qu’Envy s’associe un groupe aussi célèbre que Mogwaï. Tu vois, il voulait qu’Envy soit underground.

Tetsu, tu as écrit les paroles d’une chanson pour ce groupe. Quel en est le sujet ou le thème ?

Les mecs de Mogwaï m’ont envoyé la chanson pour laquelle il voulait que j’écrive des paroles. Je l’ai écoutée et ça m’a fait penser à la nature : genre l’océan, le ciel et tout ça. Donc je suppose que c’est une chanson sur la nature en gros.

Concernant le split avec Thursday, comment êtes-vous entré en contact ?

Geoff de Thursday (nd : Geofrrey Rickly, chant) nous a approchés parce qu’il est fan d’Envy. Nous nous sommes rencontrés à New York et il voulait qu’on fasse quelque chose ensemble. Mais à l’époque Thursday était sur une Major et ils ne pouvaient pas faire tout ce qu’ils voulaient à cause du contrat. Dès qu’ils ont étaient entre 2 labels, Geoff nous a contactés et nous a dit On peut y aller, maintenant Ÿ et c’est comme ça que nous avons enregistré le split.

Et est-ce que par hasard tu saurais comment Geoff est devenu fan d’Envy?

Geoff est pote avec un autre groupe local qui vient du même endroit que lui, qui s’appelle Endeavor avec qui Envy a enregistré un split il y a super longtemps (nd : 7” split Envy/Endeavor, H.G. Fact, 1997) et c’est comme ça que Geoff a écouté Envy pour la 1ère fois.

Qu’en est-il de cette collaboration avec la marque de maquillage Shiseido qui utilise une de vos compositions pour sa publicité ?

(rires) Comment ça se fait que tu sois au courant de ça ?

J’ai lu ça sur un forum de discussion où Fafa et d’autres mecs en parlaient.

En fait, dans l’agence qui s’occupait de faire la pub, il y avait quelqu’un qui était fan d’Envy et ils nous ont appelés… Donc tu vois, ça n’a absolument rien à voir avec le maquillage au final (rires).

Plusieurs chroniques de votre dernier album Abyssal Ÿ prédisent que les fans de la première heure d’Envy seront déçus. Est-ce que ce changement de style est une volonté affirmée du groupe ou bien est-ce une évolution naturelle ?

Ce n’était en rien une volonté de notre part. C’était juste une évolution naturelle, tu vois, l’étape suivante… (Il réfléchit) Ce n’est pas que nous essayons de faire quelque chose de différent, c’est simplement grâce au fait que nous répétons beaucoup, que maintenant, nous arrivons à faire des trucs qu’on ne pouvait pas avant…

… Vous êtes simplement meilleurs maintenant !

(rires) Oui voilà, nous sommes de meilleurs musiciens et donc nous écrivons de meilleurs morceaux ! (rires)

Pourquoi 4 titres même si l’album dure 25 minutes ? Est-ce du à une influence plus expérimentale ?

Après avoir fini l’album, ça nous a paru naturel que ce soit comme ça.

D’où vient le nom de cet album ? Quel en est le thème ?

On a réécouté l’album à la fin de l’enregistrement et on a ressenti quelque chose de profond. On en a donc parlé à un de nos amis et on lui a demandé de trouver un bon mot pour exprimer la profondeur et il nous a sorti Abyss Ÿ et c’est de là que vient le nom d’Abyssal. Et je suppose que c’est en quelque sorte le thème principal de notre album.

Comment le Japon vit-il la crise depuis son archipel ?

Tu veux dire la crise économique ? Tu vois, j’imagine que c’est pareil partout, au Japon comme ici. Par exemple, toute ma famille travaille dans une usine et en ce moment, c’est difficile pour nous et pour tout le monde.

Vous avez passé le cap des dix ans, Envy ne risque t-il pas de finir comme un vieux couple ?

(rires) Pas du tout. Tu sais, Envy c’est plus un groupe de vieux potes qu’un vieux couple. Et puis, on ne vit pas ensemble au Japon tu vois. Nous nous voyons régulièrement pour répéter et tout. Donc ouais, nous sommes très bons potes depuis super longtemps donc aucun risque que nous finissions comme un vieux couple. (rires)

Après tant de chemin parcouru, est-ce qu’il vous reste encore des rêves à réaliser? Comme jouer avec un groupe dont vous êtes fan, par exemple.

Pas vraiment. Tu vois on a déjà réalisé la plupart de nos rêves grâce à Envy. On veut juste continuer comme ça : tu vois, faire des concerts, voyager à l’étranger et rencontrer des gens cool comme vous.


Par : Alex

le 17/05/2009



(2) | Ajouter un commentaire à l'interview de Envy



  • Le 17-05-2009 à 02h12 par b
  • bondour bondour !

  • Le 17-05-2009 à 01h53 par ludo
  • cool cette interview !

 
We are on :
news | albums | gigs | interviews | pics | cinéma | foutraque | faq | goodies | forum | contacts | YouFolkMe
© 2005-2008 Musik Industry | Tous droits réservés