Hangman's Chair
  • Hangman’s Chair est un groupe un peu particulier pour moi. Imaginez : à une période où je n’écoutais quasi uniquement du métal, tout en me découvrant depuis un bon moment déjà des affinités avec des groupes ayant une vibe plus groovy, rock’n’roll ou carrément doom (les vieux disques rockabilly de papa ressurgissent dans ma petite caboche), un groupe sort son premier album : « (A lament for…) The Addicts ». Première baffe. Ce groupe contient tous les éléments qui font vibrer mes cordes sensibles, et par la même occasion me fait me questionner sur mes choix musicaux. Ça parle d’alcool, de dépression, de décadence, le tout sur fond de gros son ultra lourd ou les riffs « à la Black Sabbath » côtoient un stoner aux relents de blues gras. Et je me retrouve projeté dans un bar miteux d’un des villages de la campagne dans laquelle j’ai grandit. Mais comment font-ils ? Deux ans plus tard, « Leaving Paris » enfonce encore le clou de la plus belle des manières.
    Je ne suis pas très à l’aise avant de l’interview. Direction le studio Sainte Marthe où le groupe répète avant d’entamer l’enregistrement de son troisième album. Je suis reçu par trois des membres du groupe, tous plus sympathiques les uns que les autres. Et je me trouve un peu con, intimidé par ces gars pas plus compliqués que les autres qui font sortir de leurs amplis le son précité. J’essaye (difficilement) de ne pas avoir l’air d’une groupie qui a fait inlassablement tourner leurs deux albums. Et petit à petit je me sens un peu moins comme un manche.

    Pour commencer je vais vous demander une présentation du groupe pour les gens qui ne vous connaissent pas ?

    Julien (Guitare) : Bah on est Hangman’s Chair…
    Mehdi (Batterie) : Voilà, groupe qui existe depuis 2005, 2006.Une fois qu’on a décidé d’arrêter avec Es La Guerrilla, on a repris Julien et moi-même avec un autre line-up que celui-là, et notamment avec Keo qui était bassiste d’Es La Guerilla, au chant. On a sorti notre premier album « Lament… » en 2007 et puis après ça s’est enchaîné, on a fait un second album « Leaving Paris » qui est sorti il y a quoi ? Deux ans, trois ans ? J’ai une notion du temps très pourrie ! (rire)
    Julien : Un an…
    Mehdi : Un an carrément ! Ouais, bon, bref… (ndr : Il est sorti fin 2009 si mes souvenirs sont bons) Donc le nouvel album « Leaving Paris » avec un line-up encore différent avec Cédric qui est arrivé au chant. Il était avant guitariste dans Inhatred. Donc voilà on a pas mal vadrouillé depuis, fait pas mal de concerts, sorti le deuxième album en vinyle en pressage limité. Maintenant on est à 4 et on prépare un nouvel album.


    Ok. Bon tu as un peu empiété sur certaines questions mais c’est pas grave… (rires) A la base vous venez d’un milieu beaucoup plus Hardcore. Qu’est-ce qui vous a amené à jouer ce genre de musique ?

    Julien : Bah tout simplement ce qu’on écoute.
    Mehdi : Même quand on était dans cette scène plus Hardcore-Punk, on écoutait déjà beaucoup cette musique…
    Julien : On a commencé par ça mais dès le départ aimait surtout les trucs lourds, lents.
    Mehdi : Toujours, même dans le Hardcore et tout, on a toujours aimé ça ! La scène un peu 90’s tu vois, genre NYHXC façon Section8, Sheer Terror, Cro-Mags… Des trucs qui tapent un peu dans le métal aussi.
    Julien : Du coup on en est arrivés là aussi parce qu’à un moment tu n’écoutes plus que du Hardcore, tu évolues.
    Mehdi : On avait envie d’autre chose et du coup ça s’est fait naturellement, dans la continuité. On était plus dedans, on avait plus trop envie de faire de la musique trop nerveuse.


    Vous vous intéressez encore à la scène Hardcore ? Plutôt NYHXC ou Deathwish.inc ?

    Julien : Honnêtement on écoute aujourd’hui ce qu’on écoutait déjà à l’époque, comme Integrity…
    Mehdi : On a revu Sheer Terror en concert y’a pas longtemps par exemple. Mais c’est vrai qu’on ne connait pas trop ce qui sort maintenant.
    Julien : Après tout ce qui est Deathwish, c’est Trap Them et tout ?


    Oui, c’est le label de J.Bannon de Converge.
    Mehdi : D’accord. (il regarde Cédric, leur chanteur) Bah lui il kiffe bien ! (Cédric Approuve avec un sourire) On avait écouté le premier album de Converge quand il était sorti non ?
    Julien : Converge encore c’est aussi « de l’époque », mais c’est vrai que ce qui sort maintenant, pour moi c’est un peu du sous Integrity… (ndr : Tout le monde n’est pas d’accord dans la pièce) Bon après y’en a qui sont pas trop mal non plus !


    Je te conseille Oathbreaker, c’est vraiment mortel !
    Mehdi : Oui, j’ai un pote qui m’a fait écouter. C’est sympa, mais dans l’ensemble on reste sur nos vieux classiques.


    J’ai l’impression que vous avez une base de fans solide. C’est pas encore la Kiss Army mais on voit souvent les mêmes têtes à vos concerts ?

    Julien : A Paris oui c’est sûr, la plupart c’est des potes !
    Mehdi : C’est souvent des gens qui sont dans les bars qu’on squatte. Ils viennent en rassemblement, le premier rang c’est souvent eux !
    Julien : Est-ce qu’ils aiment la musique ? On ne sait pas trop… (Rire général) Mais c’est vrai que Paris c’est un peu notre Parc Des Princes.
    Mehdi : On joue à domicile, il faut que ça gueule un peu.


    Votre musique me renvoie les mêmes images, sensations que les écrits de Baudelaire. C’est une de vos influences ? Quelles sont-elles d’ailleurs ?

    Cédric : Oui carrément ! « Les Fleurs Du Mal », c’est le livre de chevet de Julien.
    Julien : Un de mes livres de chevet effectivement. Bien vu ! C’est ça notre truc. Après, le poète maudit…
    (Voyant qu’ils cherchent un peu) La question était aussi sur vos influences extra-musicales.
    Julien : Tu veux dire niveau livres ou autres ?
    Cédric : Y’a un photographe que tu adores non ? (NDR : ils font référence au livre de Larry Clark « Tulsa », recueil de photo de junkies du début des 70’s. Une des photos a été utilisée pour le visuel de la vierge qui se pique en allaitant).
    Julien : Ouais, après c’est plus pour le côté visuel. Sinon pour les livres ça va être Céline : « Voyage au bout de la nuit », « La chute »… Même Malraux avec « La condition humaine ». Pour les auteurs plus récents qui nous ont inspiré soit pour les visuels, soit pour les textes, il y a aussi Martin Monestier (ouvrages sur la peine de mort et les faits divers), Jim Goad (« Answer me! ») et Adam Parfey (« Apocalypse Culture I et II). En gros les œuvres dans lesquelles l’humain est poussé dans ses extrêmes, dans ses retranchements.


    Dès le début vous avez proposé une version très personnelle du Stoner/Doom. On vous sent très attachés à vos racines parisiennes, mais au bout de deux album, vous n’avez pas peur que le spleen parisien ne devienne trop récurent ?

    Cédric : En même temps la campagne américaine, on ne la connait pas.
    Mehdi : Malgré que ça puisse paraitre récurent, on essaye de varier. J’aime bien garder une certaine cohérence même si dans Hangman on ne fera surement pas que ça. Mais on aime bien que tout soit lié que ce soit au niveau du visuel, des textes, du son bien sûr.
    Julien : Mais c’est vrai que dans la globalité l’univers ne bougera pas.
    Mehdi : Non l’univers ne bougera pas parce qu’on ne bouge pas. Peut-être que dans le prochain, surement même, on retravaillera sur l’ambiance « Paris Spleen » mais avec d’autres sons, d’autres ambiances. En tout cas ça restera parisien.


    Justement, étant donné la cohérence de vos textes, un concept album ne vous a jamais tenté ?

    Cédric : Il faudrait bien le faire…
    Julien : En même temps c’est déjà ce que j’ai l’impression de faire, Parce qu’il y a un univers et que chaque album est assez particulier. Donc pour moi c’est un peu ce qu’on a fait jusqu'à maintenant.
    Mehdi : J’ai aussi cette impression. Après on ne fait pas non plus un seul titre de 40 minutes comme certains groupes le font. Ça pourrait être quelque chose à faire mais on n’en a jamais eu l’occasion… Ça pourrait être intéressant. Tout est possible quoi. (Passant en mode Hassan Cehef) Tu m’dis c’que tu veux j’te l’fais ! (rire général).


    Que ce soit sur album ou en live vous avez un putain de gros son. Un secret pour obtenir un tel résultat ? Julien je sais que tu joues sur deux amplis par exemple. Et personnellement, j’adore votre son de caisse claire.

    Mehdi : Y’a pas vraiment de recette miracle. C’est à force de fouiner, de jouer ensemble. Julien est un peu minutieux sur le matos qu’il utilise, le son. On a simplement travaillé un son homogène en répète et on essaye de le reproduire à l’identique en live et sur album.
    Julien : C’est vrai qu’on s’en donne les moyens aussi. En même temps il faut, surtout dans notre style, avoir le gros son. Il faut qu’il soit là…


    Oui, si tu montes sur scène avec un son de guitare « cling cling » c’est pas possible.
    Julien : Voilà ! Et de toute façon ça ne marchera pas.
    Mehdi : Et puis après le temps passé à jouer ensemble, on sait ce qu’on veut tu vois, c’est beaucoup plus simple. Et pour ce qui est du son de caisse claire, je te remercie ! (rires)
    Julien : Non mais regarde sa caisse claire, elle fait une taille… (NDR : il me montre la profondeur du fût en question). Normalement c’est une caisse claire de majorette, c’est ça ? C’est un truc de fanfare quoi, c’est pas du tout fait pour.
    Mehdi : Ouais, c’est ça. Et puis c’est comme un bel appareil photo. Le mec ne prendra pas forcément des bons clichés, c’est aussi le photographe qui fait la bonne photo. Donc là c’est pareil. (Rire général. Les deux autres le vannent ) Non mais quoi c’est vrai les gars, faut le dire aussi ! (Rire général)
    Cédric : C’est vrai qu’il cogne fort.
    Julien : C’est vrai qu’on utilise du matos qui n’est pas forcément fait pour du metal par contre. Par exemple tu vois cette tête Rivera (NDR : il me désigne sa tête d’ampli), normalement c’est plus pour du rock. Et la façon dont on l’utilise, surtout avec notre accordage super bas, c’est ce qui donne notre son.





    Comme vous l’évoquiez au début, vous avez eu beaucoup de changement de line-up en peu de temps. Ça m’a fait un peu bizarre au début mais j’ai l’impression qu’au final vous en avez retiré beaucoup de bonnes choses. Par exemple le remplacement de Keo par Cédric a donné une couleur différente au groupe. C’est quelque chose que vous cherchiez à obtenir ?

    Cédric : C’est un hasard complet. A la base je n’ai jamais chanté comme ça. Dans mon ancien groupe je gueulais… J’essayais de poser quelques voix chantées de temps en temps mais ça restait très « vite fait ». Ils m’ont proposé de chanter avec eux…
    Julien : On l’avait déjà entendu chanter avec une guitare sèche, donc on savait qu’il chantait bien.
    Cédric : Quand j’ai fait un test avec eux ça a été une surprise autant pour moi que pour les autres. Je ne savais pas du tout ce que ça allait donner. Ça aurait très bien pu être tout pourri !
    Julien : Ouais au final ça nous est tombé dessus comme ça, c’est une évolution un peu involontaire. Mais ce qui nous a fait un peu bizarre, c’est qu’avant on était 5 et il n’y avait rien qui bougeait.
    Mehdi : Il a suffit qu’il y en ait un qui s’en aille et ensuite ça n’a pas arrêté de changer. Mais là je pense qu’on est sur la bonne voie.
    Julien : Moins on est et moins c’est compliqué.
    Mehdi : Là du coup on est 4 et ça bouge pas, c’est bien comme ça.


    Ok. Donc vous aller rester sur ce format là, c’est sûr ?
    Tous : Ouais sûr !


    Autre chose que j’aime bien dans Hangman’s Chair, c’est cette impression que vous ne trichez pas. Vous avez ce côté (bon, je ne vous insulte pas hein…) débauche parisienne crade, mais c’est vraiment vous. Je me trompe ?

    Cédric : Non je ne pense pas que tu te trompes. On ne joue pas de rôle, enfin en tout cas j’en n’ai pas l’impression.
    Mehdi : Oui c’est un peu ce qu’on est.
    Julien : De toute façon on ne va pas raconter la vie d’un autre.
    Ce que je veux dire c’est que ça me renvoie une image assez dure.
    Julien : Oui parce que pour le groupe c’est aussi ce qu’on veut mettre en avant. Après on n’est pas que comme ça. On rigole aussi !
    Mehdi : Parce qu’’on parle de déprime, de suicide et tout.
    Julien : Mais après, comme tout le monde, on sort, on se retrouve, on se marre…
    Mehdi : C’est ça. On traine beaucoup en fait.


    Je vous ai vu deux fois de suite à Paris au printemps, et vous avez joué au moins deux nouveaux titres à chaque fois (j’ai d’ailleurs remarqué un peu de changement en terme de composition). On doit s’attendre à quoi avec votre prochain album, et pour quand est-il prévu ?

    Mehdi : Pour le troisième album, on va revenir à quelque chose d’un peu plus sombre.
    Julien : Un peu plus lourd aussi, moins rock que « Leaving Paris ». On a fait des compositions un peu plus mélodiques, avec moins de places pour le côté énergique.
    Mehdi : Plus brut et plus sombre.
    Julien : Oui voilà c’est dans cet esprit là qu’on a composé. En tout cas on est vraiment content des morceaux.
    Mehdi : On va l’enregistrer là, fin août, et ça devrait sortir en janvier. Toujours chez Bones Brigade.


    Quid du premier album, vous le jouez toujours sur scène ? Il a un petit côté « blues bayou » que j’aime bien…

    Mehdi : Si on en joue encore, on l’aime toujours cet album. On en joue deux ou trois. A Paris, on avait déjà un set assez court (NDR : Allusion au concert de la Flèche d’Or en première partie de The Sword), donc on a essayé de faire autre chose, de jouer aussi des nouvelles compos, et on a dû zapper des trucs. On arrive toujours à en faire une ou deux dans le set. Mais vu que c’était avec Keo, c’est pas du tout la même approche vocale, et parfois Cédric a un peu de mal.
    Cédric : J’adorais ce que faisait Keo. J’aimais bien son chant avec cette voix un peu grave, tu vois ? Mais je n’ai pas la même tessiture vocale…
    Julien : En plus il ne peut pas prendre sa guitare sur tous les morceaux, donc on est un peu bloqué à ce niveau là.
    Mehdi : Mais sinon, oui on aime toujours cet album. On aura bien l’occasion un jour ou l’autre de se faire un set plus conséquent, pour la sortie de l’album par exemple, et de caser un ou deux morceaux dedans. Ca nous fait toujours plaisir de les jouer !
    Cédric : Pareil pour moi, il y a des morceaux du premier que j’adore jouer. Particulièrement « Sad But Drunk » et « No Rest I’ve Found ». Je sais que je peux les faire, elles ne me posent pas de problème. Il y en a d’autres ou je suis moins à l’aise.


    On va donner dans le concret. On sait tous que l’industrie du disque n’est pas à la fête depuis quelques années. Quand on est Hangman’s Chair on fait comment au jour le jour ? J’imagine que vous avez tous un travail à côté ?

    Julien : Oui bien sûr. La musique ça reste notre passion.


    Pas d’envie de se professionnaliser ?
    Mehdi : Si, on l’a eu bien sûr. Mais bon, d’un autre côté on est toujours restés indépendants. Là on a un mec chez Bones Brigade qui bosse bien… On fait nos affaires quoi. On le fait doucement et avec passion. Après on n’a pas eu d’opportunité de faire quoi que ce soit et même si on avait un plus gros label qui venait vers nous, on serait quand même obligés de travailler quoi qu’il arrive ! On aurait peut-être une plus belle exposition de l’album ou quoi, mais oui, on serait quand même obliger de bosser. Tu vois aujourd’hui on a nos vies quoi…
    Cédric : Les rêves de gloire c’est à 20 ans. On commence à avoir tous 30 ans maintenant.
    Mehdi : On en reste là et c’est très bien.
    Julien : Et puis j’aime bien cette configuration où on prend sur nos week-ends, nos jours de vacance etc. C’est vraiment là que tu fais parler ta passion. J’ai envie d’éviter le côté « boulot »…


    Tu penses que si vous passiez intermittent demain, vos albums n’auraient pas la même teneur ?
    Cédric : Et bien on n’en sait rien, ça n’est jamais arrivé.
    Mehdi : Tu vois, Clément qui joue aussi dans l’Esprit Du Clan ? Ils sont intermittents grâce à leurs concerts mais ils doivent quand même bosser à côté. Bien sûr ça ne serait que bénéfique, mais… C’est un peu compliqué. Tu seras quand même obligé de bosser à côté de toute façon, même si tu réussi un peu. Être intermittent avec sa musique c’est vraiment très compliqué de nos jours. Donc restons à notre place. Je ne cherche pas grand-chose, à part faire du bon son.
    Julien : C’est ça, restons à notre niveau. Tout ce qu’on veut c’est pouvoir faire un album quand on a envie de le sortir, qu’on puisse se voir…
    Cédric : Et puis on arrive très bien à prendre notre pied comme ça.
    Mehdi : Carrément ! Donc si l’occasion se présente pourquoi pas mais sinon on s’en fout. On n’a jamais rien cherché en fait. Le peu de trucs qui nous sont arrivés sont arrivés comme ça, donc tant mieux.


    Depuis vos débuts vous avez eu la chance d’ouvrir pour des pointures du genre (Eyehategod, The Sword, High On Fire, Alabama Thunderpussy, Amen Ra…). Talent hors du commun ou manque de groupes dans votre registre ?

    Julien : En fait comme ça fait un moment qu’on est là, on a beaucoup de contacts à Paris. Et c’est comme ça qu’on a eu l’opportunité de jouer un peu partout.
    Mehdi : Là dessus aussi, on n’a jamais chiné un concert ou quoi, c’est toujours venu comme ça. On nous le propose donc on ne va pas dire non, c’est plutôt cool !
    Julien : C’est vrai que sur Paris, on est souvent calés sur les groupes du même genre, même Crowbar à Lille, Karma To Burn à Colmar…





    Et le Hellfest, c’était un kiff ? Parlez-moi un peu du festival…

    Mehdi : Ca a été… dur le matin. Parce que c’était quand même 10h30 ! Ça fait bizarre.
    Cédric : La bonne surprise c’est qu’il y avait quand même du monde. Et on a même eu des bons retours dès la première journée. Des gens qui nous ont dit qu’on avait eu un super son ou qui avaient aimé le concert…
    Julien : En fait comme les mecs arrivent la veille, si tu veux ils sont déjà bien chauds. Donc sur le premier morceau les gens commençaient à rentrer et puis à partir du deuxième la tente était blindée !


    C’était la terrorizer non ?
    Julien : Ouais c’est ça. Donc il y avait en gros 600 personnes quand même.


    De ce que j’ai entendu dire, vous avez bénéficié d’un des meilleurs son du festival.
    Mehdi : Ouais, c’était le meilleur son ! Après on est restés les trois jours, il y avait des groupes qu’on voulait voir et c’est vrai que c’était la meilleur scène.
    Julien : Surtout parce que les autres étaient en plein air, et du fait du mauvais temps, le son bougeait tout le temps. Si on avait joué sur une grosse scène ça aurait été horrible, les basses seraient parties à droite, à gauche, alors que dans la tente…
    Mehdi : En plus on avait notre propre ingé-son qui nous a fait du bon boulot, du coup tout le monde s’est senti à l’aise. Même nous on a vraiment joué comme il fallait. J’étais super content après le concert ! C’était une demi-heure, donc c’était assez court surtout qu’on a des morceaux qui sont en moyenne relativement longs, mais ça a été un très bon moment.
    Cédric : Après malheureusement il y a aussi pas mal de gens qui nous ont dit nous avoir raté parce qu’ils étaient à l’entrée et qu’il y avait du monde donc bon…


    C’est sûr que sur une affiche aussi importante que celle du Hellfest, tu rates forcément des choses. Perso, j’étais au Sonisphere, et à l’inverse, comme l’affiche est moins conséquente, tu peux voir tout le monde si veux.
    Mehdi : Oui et à la limite, tu apprécies plus, parce que là il y avait plein de groupes qu’on voulait voir et qu’on a manqué.
    Julien : De toute façon le premier jour moi j’ai rien vu ! Y’avait plein de groupes à voir mais…
    Mehdi : On a été au bar quoi ! (Rires) (NDR : Ouais c’est pas la faute du festoche ça…)
    Julien : En fait on a joué, et tu vois comme ça c’était bien passé, on a bu, on a bu, on a bu… (Rires)


    Nooooon… Vous avez raté Down ?
    Mehdi : Je savais même pas qu’ils jouaient !
    Julien : Ouais. Tu parles, j’ai rien vu mon pote !
    Cédric : Non. J’étais à l’arrière de la scène, derrière l’ampli, je regardais. J’ai des vidéos et tout…
    Julien : Non, nous on était au bar VIP.
    Cédric : Ah ouais mais le bar VIP c’était un traquenard ! Ils distribuaient des shots gratuits !
    Mehdi : Mais j’ai quand même vu d’autres groupes : D.R.I, Bad Brains… Scorpion c’était dégueulasse, Thin Lizzy c’était mieux au Bataclan.
    Cédric : Un truc que j’ai kiffé c’était Cluch aussi.
    Julien : Si le premier jour on a vu Malevolent !
    Mehdi : Ah oui ! Direct le truc qu’on avait envie de voir : Malevolent Creation. On est vraiment fan depuis qu’on est gamins.
    Julien : Et après en plus on a rencontré le guitariste, et on a passé l’après-midi avec lui… On s’est mis bien ! (rires)
    Mehdi : Voilà… le Hellfest.


    Du coup il y a d’autres pays ou festivals où vous aimeriez jouer ?

    Cédric : On va jouer en novembre au Dynamo à Heindoven (NDR : Slugfest).
    Mehdi : Sinon partout où c’est possible. On joue surtout en Belgique, Hollande, Allemagne, Pologne…
    Julien : Parce que justement avec nos anciennes connections Hardcore, on a gardé pas mal de contacts.
    Mehdi : Y’a un groupe Hollandais avec lequel on tourne de temps en temps, Heavy Lord. Ils font du Sluge. On a joué avec les Devil’s Blood aussi, c’est devenu des copains. Leur musique est mortelle, et ils nous ont callés sur des dates en Hollande.


    Et tant que j’y pense, la rumeur qui dit que le public est plus chaud en dehors de la France, elle est fondée ?
    Mehdi : Non. C’est partout pareil.
    Julien : Après pour les concerts ils ont plus d’aides.
    Mehdi : Tu sais en Hollande, Allemagne… Ils ont plus de facilités à organiser des concerts, donc ils en ont plus, donc le public est peut-être un peu plus blasé… Ils ont ce qu’il faut quoi.
    Julien : Pour nous ça va parce que comme on arrive en tant que groupe étranger, y’a toujours un peu de curiosité. Et il n’y a pas non plus beaucoup de groupes français qui pratiquent ce genre de musique.
    Mehdi : Voilà. On aimerait bien faire le Roadburn aussi. On a peut-être une opportunité étant donné qu’on a rencontré quelqu'un, le manager de The Devil’s Blood justement, qui connait l’un des organisateurs. Donc à priori, l’année prochaine il est possible qu’on soit sur l’affiche.


    Pour moi c’est un des meilleurs festivals européens.
    Julien : Ouais carrément, niveau Doom/Stoner, y’a pas photo. Le Hellfest c’était un festival qu’on voulait faire et qu’on devait faire. Mais surtout, le Roadburn. Dans notre style c’est exactement ça.
    Mehdi : Donc cette année ça devrait le faire. On en avait déjà palé l’an dernier, maintenant ils savent qu’’on est là.
    Julien : Comme c’est en avril et que l’album sort en janvier, c’est probable. D’autant plus qu’on aura surement une tournée durant le mois d’avril.


    Question un peu récurrente, que pensez-vous de la scène française actuelle ? Des groupes que vous aimez particulièrement avec qui vous aimez ou aimeriez partager la scène ?

    Mehdi : On s’entend bien avec Drawers de Toulouse, Mudweizer de Montpellier, Eibon de Paris, Sickbag… On a joué avec Revok aussi, ils sont super cools.
    Revok ils fon du Postcore non ?
    Mehdi : Oui. C’est des mecs cools et j’ai vraiment apprécié ce qu’ils font.
    Julien : Sinon ça reste des copains. Ils ne jouent pas forcément le même style musical, mais on sait qu’on passera une bonne soirée avec eux.


    Des groupes ou des styles qui vous insupportent ? On n’est pas langue de bois sur le webzine, allez-y !

    Julien : moi c’est le reggae ! (rires)
    Cédric : Moi franchement ce qui m’emmerde c’est le côté mode dans les groupes, les gars sont plus intéressés par leur dégaine que par leur musique. [Je pose ma main sur ma tête en étalant les doigts sur mon front] Oui la mèche mais bon… En même temps j’en connais aussi et c’est des copains donc l’un dans l’autre.
    Julien : Moi j’m’en branle. J’adore Mötley Crüe et à l’époque c’était LES poseurs. Mais ça ne me pose aucun problème.
    Mehdi : (à l’attention de Cédric) Ouaiiiiiis, ça a toujours existé de toute façon.
    Cédric : Non mais attends, on me demande ce qui m’insupporte, c’est personnel…
    Ah bah oui. (Al’attention de Julien ) T’as dis le Reggae alors bon… (Rires)
    Mehdi : Juste Bad Brains tu y arrives.
    Julien : Ouais Bad Brains je peux.
    Mehdi : Non moi y’a rien qui m’insupporte. Du moment qu’on me fait pas chier !


    Ouais tant que c’est fait honnêtement.
    Julien : Mais le Raggae c’est jamais fait honnêtement ! (Rires)


    Si je vous demande si mon groupe peut ouvrir pour vous, vous me répondez quoi ?

    Cédric : Je sais pas, envoie le CD d’abord.
    Mehdi : Trouve une salle, nous on est là. C’est un groupe de Reggae ? (Rires)


    J’ai un pote qui se demande si Clément n’est pas un tueur à gage qui joue dans le groupe pour sa couverture ?

    Cédric : Quoi ?


    Écoute je ne sais pas c’est surement par rapport à ce qu’il dégage sur scène. Un jour on était à un concert et il m’a dit : « Putain il me fait peur » !
    Julien : Nooon, Clem, c’est un nounours !
    Mehdi : Et il t’as rien dit sur moi ? Il t’as pas dit que j’avais une gueule de killer ? (rires) Mehdi de Panam, non ?
    Julien : Non, à part quand il boit un peu trop genre 2 fois dans l’année il est bourré il veut taper tout le monde…
    Cédric : Mais il rentre chez lui !
    Mehdi : Sinon il est tout nounours. Tu peux dire à ton pote, il est tout mignon. Tu peux lui faire des bisous.





    Vu que c’est la spécialité du webzine on va parler de sexe. Niveau groupies ça se passe comment ?
    Cédric (me coupe) : Niveau quoi… ?


    Niveau groupies ? Chez M-I on a un sex appeal assez reconnu.
    Cédric : C’est flagrant ! (Rires) [NDR : Je ne prends bien sûr pas la peine de relever cette manifestation de jalousie récurrente envers un membre de la rédaction…]
    Vous avez des anecdotes fun ou autre ?
    Julien : Bah y’a pas de gonzesses à nos concerts…
    Mehdi : En général celles qu’on croise, c’est celles de 5h00 du matin qui a sa bière à la main, qui bave et qui tombe du bar [il mime le coude qui glisse, rire général]. C’est plutôt ça notre sex appeal.
    Julien : Mais elle est pas venue pour le concert en fait.
    Mehdi : Voilà, elle savait pas quoi faire le soir même… Tu vois, un peu flippée, un peu mal dans sa peau, c’est celle-là qui me plait à moi.
    Cédric : Non, rien du tout.
    Mehdi : Non mais toi c’est clair ! (Rires)
    Cédric : alors déjà je t’emmerde.

    Plutôt MILF ou Teen ?

    Mehdi : (direct) MILF !
    Cédric : Les deux.
    Julien : Bah tant qu’elles assurent… (Rires)


    Non, vas-y assume !
    Mehdi : Non moi je ne touche plus à la jeunesse.


    Plutôt Tony Iommi ou Dimebag Darell ?

    Julien et Mehdi : (avec une bonne gouaille parisienne) Bah Tony. Mille fois !


    Plutôt Gibson ou Fender ?
    Julien et Mehdi : (pareil) Gibson !


    Subtile : plutôt whisky ou absinthe ?

    Julien et Mehdi : Absinthe.
    Cédric : Whisky.
    Julien : Attends, Baudelaire !
    Cédric : L’absinthe ça me rend malade.
    Julien : Ooooh arrête avec ton whisky
    Mehdi : Ouais mais lui il met du coca dans ses trucs, avec l’absinthe c’est pas terrible…
    Julien : Américain va !
    Cédric : (Se tournant vers moi) Je vois que tu as compris qui était la tête de turc…
    Oh pas de souci. Moi c’est pinard, je suis très gaulois.
    Tous : Ah bah oui !
    Mehdi : Tu aurais dû dire whisky ou pinard, j’aurais dit pinard !


    Plutôt Bring Me The Horrizon ou Tokyo Hotel ?

    Mehdi : Tokyo Hotel.
    Cédric: Ni l’un ni l’autre.
    Mehdi: Je sais pas ce que c’est BMTH.
    Julien : Tokyo Hotel sont plus mignons je crois non ?
    Mehdi : Ouais il est mignon le chanteur, mais c’est une meuf à ce qu’il parait.


    Oui et non…
    Cédric : Ils ne savent pas en fait.
    Julien : Y’a le guitariste Hip-Hop et le chanteur androgyne.
    Mehdi : mais c’est quoi BMTH ?
    Julien : C’est les mecs sur-tatoués non ?


    Oui c’est ça, les chefs de file du deathcore/emo anglais.
    Julien : Aller Tokyo Hotel.


    Pour finir, le(s) mot(s) de la fin. Si possible quelque chose que vous n’avez jamais dit en interview ?

    Cédric : Bite.
    Julien : Non, on l’a déjà dit ça.
    Cédric : Peut-être « merci »…
    Julien : Ça on n’a jamais dit ! (Rires)
    Mehdi : Oui, merci pour cette interview sympa. Et rendez-vous pour le nouvel album, en janvier chez Bones Brigade. On a pour projet de faire, avant la sortie de l’album, un 45 tours en édition limitée, sûrement en octobre ou novembre. Et donc ensuite l’album… Tu veux le nom en exclu ? (Rires)


    Ça c’est comme tu veux.
    Julien : Qu’est-ce qu’on fait, on le dit… ? On ne le dit pas… ?


    C’est vous qui voyez les gars !
    Mehdi : L’album va s’appeler « Hope/Dope/Rope ». Voilà. Et on est pressés que la saison du Paris Saint Germain commence !
    Julien : Ah oui ! Parce que si tu veux on peut parler de ça aussi.


    Ok. Perso je ne suis pas très foot mais bon…
    Cédric : Oh putain ! Tu sors direct !


    Merci à eux trois pour cet échange bien sympathique qui a terminé, comme toute bonne discussion en début de soirée, au bar.


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    Commentaires

    
    Le 05/09/2011 à 16h17, par Gus

    Excellente interview, groupe excellent en tout cas, vu 3 fois cette année dont la dernière (à Nantes) avec uniquement des morceaux du prochain il me smeble, ça s'annonce bien !

    
    Le 05/09/2011 à 11h31, par rafbeyonddriven

    Un des rares groupes qui font des albums chez Caste et qui sonnent comme j'aime :)

    
    Le 05/09/2011 à 08h44, par Ju lien

    Dommage! :)

    
    Le 04/09/2011 à 16h41, par MockBa

    Ce groupe ne me fait rien ressentir, encore moins Baudelaire, les textes en anglais et tout..
    Mouais...

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