Interview de Nesseria
A l'occasion du passage de Nesseria aux sélections des découvertes du Printemps de Bourges, je suis allé les interviewer avec l'aide précieuse de mon pote Alex qui, pour le coup fut chargé de surveiller le bon fonctionnement d'un minidisc capricieux. Après un show destructeur qui aura fait fuir les 90% de l'assemblée (qui semble t-il, s'était déplacé pour les artistes officiant dans la "chanson" ou le rock plus soft), je les retrouve dans les loges du Nadir.
MI: Vous venez de jouer pour les sélections des découvertes du Printemps de Bourges, si vous êtes sélectionnés qu'attendez vous de ça, et que pensez vous que ça puisse vous apporter au final?
Julien(basse): S'acheter un sceau de cocaïne aux frais de l'état.
(rires)
Ben(guitare): Essayer de s'intégrer dans un réseau plus professionnel, car la plupart des groupes de hardcore dans notre style se contentent de jouer dans le réseau habituel, le DIY, petites salles, nous on essaye de voir un petit peu plus loin. Bon effectivement y a peu de chances que ça porte ses fruits, mais qui ne tente rien n'a rien.
MI: Vos splits CD sont cool mais beaucoup de personnes qui vous suivent attendent de vous voir développer tout ça sur la longueur d'un album. Je sais que vous préparez ça, donc que pouvez-vous me raconter sur ce disque? Les morceaux sont prêts? Ça sortira sur quel label?
Julien(basse): Alors donc on travaille sur l'album depuis la rentrée de la tournée jap', c'est à dire depuis mai grosso modo. On y consacre absolument tout notre temps et ça reste serré. Là il faut encore finaliser des choses, de toutes façons on fera du travail intensif jusqu'à la dernière minute. Après en ce qui concerne les deals, y en a plusieurs, c'est en cours de discussion de toutes façons. A priori l'album s'annonce plus agressif, enfin on espère quoi.
Ben(guitare): On pense qu'il sera bien vu qu'on bosse d'arrache pied dessus. En ce qui concerne les labels tout est en pourparlers. Là on a pas mal de touches à l'heure actuelle, quelques touches vraiment intéressantes, donc je pense qu'une fois qu'on aura le produit fini on devrait finaliser tout ça rapidement. En tous cas le premier album pour nous c'est vraiment un palier, on a fait beaucoup de splits CD et là on a eu l'occasion de faire plein de nouveau morceaux, et je pense que ça va bien rendre.
MI: Vous savez déjà où et avec qui vous allez enregistrer ça?
Julien(basse): Chez le type avec lequel on a fait les deux splits précédents, c'est Neb Xort. C'était l'ancien clavier pour Anorexia Nervosa. Donc c'est un petit studio perdu du coté de Nantes, y a des moutons, des chèvres et Neb Xort dans une vieille maison qui fait du son. On aime beaucoup travailler avec lui, c'est vraiment un type très bien et puis le fait d'avoir fait les splits avec lui c'est comme une préparation, dès le début on l'a conçu comme une préparation pour l'album, pour lui c'était un travail sur le long terme en fait.
MI: Mikro votre précédent chanteur ne fait plus partie du groupe, si je me trompe pas ça devait être votre 3ème ou 4ème chanteur, qu'est-ce que vous leur faites? Vous les maltraitez ou quelque chose comme ça?
Ben(guitare): Non en fait c'était le 3ème chanteur du groupe donc on a joué pendant pas mal de temps avec Thierry, avec lequel on a enregistré le premier split qui à été fait avec Grizzly Twister. Après avoir enregistré et tourné avec Julien, suite à différentes choses on a dû rechanger de chanteur précipitamment, on a choisi Mikro, il se trouvait que c'était pas forcément un très bon choix mais il a fait ce qu'il avait à faire tant qu'il devait le faire, et c'est fini. Là on peut reprendre avec un vrai bon chanteur et tout se passe bien quoi. Et bon pour revenir à la question en fait, on a fait que trois changement de line up et pourquoi, parce que je pense que comme le groupe tourne beaucoup, ça demande beaucoup d'investissement et de sacrifices personnels et tout le monde est pas forcément prêt à les faire. C'est important qu'on soit tous sur la même longueur d'ondes à ce niveau là, c'est le cas à l'heure actuelle, c'est très bien. Mais voilà, le fait de devoir tourner, de prendre des congés, d'avoir un travail assez souple, c'est ça qui pose problème au niveau du line up, mais je pense que tout est arrangé maintenant.
MI: Donc Julien tu étais déjà présent sur le précédent enregistrement, suite au départ de Mikro tu as réintégré le groupe. Alors heureux?
Julien(chant): Ouais ça me permet d'évoluer dans la musique, de faire des projets différents et d'intégrer un projet très très extrême et qui me tient à c¶ur, je pense autant que les autres acteurs de ce groupe.
Julien(basse): Parce qu'en fait Julien est partagé entre des périodes d'assédic et des périodes d'inactivité et il s'est dit "tiens, j'vais reviendre!" (rires)
MI: Vous avez fait une tournée au Japon, le retour à dû être difficile, vous avez mis du temps à reprendre vos esprits?
Julien(basse): On a pas du tout repris nos esprits, ils sont gravement pervertis par la perversité japonaise! (rires). Non, ça donne juste envie d'y retourner c'est tout, mais le truc c'est que là en février on tourne avec les gars avec lesquels on a tourné au Japon justement, et là on tournera un petit peu en France, puis en Espagne et au Portugal. Ça, ça se fait en février donc avec Cybern et Mu-Neujohn qui partagent avec nous l'édition japonaise du dernier split. De toutes façons pour nous c'est un projet de retourner jouer au Japon et puis ailleurs, le but c'est vraiment ça, de voyager un maximum. Et revoir les enfants qu'on a semé un peu partout peut-être, comme le fils polonais de Greg. (rires)
MI: Vous expliquez le déroulement de cette tournée sur le blog de votre page myspace, mais au final avec le recul quels ont été les moments les meilleurs? Et les pires aussi?
Ben(guitare): Les meilleurs moments c'était tout dans l'ensemble, on a vraiment eu l'occasion de jouer dans des villes qu'on aurait jamais cru voir un jour type Tokyo, Nagoya, Shizuoka, c'était une expérience vraiment dépaysante, donc ça effectivement c'est le meilleur. Au niveau des conditions ça change tout, donc c'est pas rare de partager l'affiche avec huit groupes, avec du super bon matos, un très très très bon public. Le pire si y a un pire, enfin on va dire ce qu'il peut y avoir de moins bien, c'est peut être les conditions qui sont largement différentes de celles qu'on peut avoir en France. C'est à dire y a très peu d'endroits pour loger les groupes, on a pas d'bouffe, enfin voilà quoi, on est un peu à la rue tout le temps de la tournée, mais non, non, c'est vraiment une expérience enrichissante.
Greg(batterie): On a tourné avec des gars vraiment bien, c'est vraiment des crèmes, ça s'est très très bien passé avec eux, on a rencontré vraiment beaucoup de personnes à coté qui étaient formidables avec nous quoi. Des bons souvenirs, une bonne expérience et voilà. Très bon.
MI: Comme vous l'avez dit vous préparez une tournée en Espagne et au Portugal bientôt, ce sont des pays où vous avez déjà joué?
Julien(basse): Non même pas, c'est à coté de chez nous, on y a jamais mis les pieds. Mais justement ça fait partie des raisons pour lesquelles on va y aller. Espagne Portugal ouais. Et puis moi je suis allé dans ces pays étant petit pas mal de fois, et y retourner avec le groupe, ça, ça m'excite vraiment.
MI: Vous avez d'autres idées ou envies au niveau des pays à visiter?
Ben(guitare): Bah on aimerait bien aller au États-Unis, donc là c'est quand même une scène où y a pas mal de groupes dont on est fans, notamment toute la nouvelle scène type Tony Danza, Gaza, tout ce genre de choses. On a des contacts là haut qu'on espère concrétiser pour l'an prochain, après je pense qu'on aimerait vraiment mieux s'installer en France et pas forcément devoir tourner à l'étranger pour jouer la musique qu'on fait, devant un public qui l'apprécie. Mais après voilà, ça explique pourquoi on postule aux sélections du Printemps de Bourges, pourquoi on essaie de travailler sur un autre réseau, donc voilà, bien s'installer en France, continuer à tourner à l'étranger. Aller dans des pays c'est pas forcément une une fin en soi hein, c'est juste un constat qui est là que, pour pouvoir jouer la musique qu'on fait, c'est vraiment pratiquement obligé de bouger. Donc nous on aimerait bien pouvoir le faire en France, il se trouve que c'est très difficile, les structures d'accueil sont très précaires pour de la musique comme la notre. Sinon oui jouer aux États-Unis ça pourrait être vraiment bien pour nous, ça serait un peu un rêve, retourner au Japon ça serait cool aussi et après jouer partout de toutes façons ça c'est clair et net.
Julien(basse): Après il y a des pays qui nous attirent, la Russie on aimerait bien y jouer, sinon retourner en Scandinavie, ça on devrait le faire cet été, on devrait se refaire la Suède, la Finlande. L'Allemagne aussi, on a pas mal de potes là bas, c'est un super pays pour tourner, de toutes façons on y retournera. Et puis Greg doit retourner en Pologne pour aller voir son fils. (rires)
MI: Ok, bon j'ai plus de questions vraiment importantes...vous écoutez quoi en ce moment?
Julien(chant): End Game, It's A Shame
Ben(guitare): Moi personnellement je suis fan du tout premier Aqme (rire général), j'trouve que c'est vraiment une grosse tuerie. Surtout University of Nowhere j'trouve que c'est un disque magnifique, de toutes façons quand on écoute c'qu'on fait c'est vraiment une influence primordiale c'est clair et net quoi. Sinon j'suis fan de Uncommonmenfrommars, j'trouve aussi que c'est un très très très bon groupe. Donc voilà et sinon Daisybox... et putain! Le nouveau projet de tous les anciens Kyo et Pleymo... Empyr! Enfin voilà ça c'est vraiment de la grosse balle, c'est une influence et un disque que j 'écoute au moins quatre fois par jour... j'pense ouais.
Greg(batterie): Johnny Cash
Julien (basse): Burzum "über alles"
Jérome(guitare): Amen Ra, Trap Them
MI: Un mot pour finir? Une question que vous auriez aimé que je vous pose?
Ben(guitare): La question principale c'est pourquoi. Pourquoi ça. (silence)
(rires) Non vraiment la question principale c'est pourquoi le public en France il est aussi frileux que ça, pourquoi on doit faire cinq fois plus d'efforts pour avoir la même chose que n'importe quel autre groupe qui est moins extrême que nous, voilà c'est une question qui aurait pu être intéressante.
Julien(basse): heu...la question...heu...toi! (s'adressant à mon pote Alex, le surveillant minidisc en chef) T'en invente une!
Alex: Comment voyez vous Nesseria dans trois à cinq ans? Quelle évolution musicale?
Greg(batterie-l'air essoufflé par le show): boite à rythme.
(rires)
Julien(basse): Plus d'enfants disséminés à travers le monde je pense et certainement plus de cocaïne.
Par : seb
le 03/12/2008
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quelle tristesse d'etre obligé de devoir s'exporter autant pour continuer à faire de la musique
sinon, je sais pas si ça marche vraiment en france pour des groupes comme celeste ou time to burn mais une chose est sure, pour avoir vu 6 ou 7 concerts de Nesseria, y a quand même beaucoup de gens qui ne comprennent pas leur musique... et puis le public français pour le hxc torturé est pas si nombreux
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