Kickball interviewé par Musik Industry

Interview de Kickball


Interview avec Lisa de Kickball le 22 novembre aux Mains d’Oeuvres, avant le concert avec à l’affiche aussi François Virot, Clara Clara et Karaocake.

La chronique de leur dernier album “Everything is a miracle nothing is a miracle everything is…” est dispo ici

x Le groupe est d’Olympia. Je suppose que la scène locale et notamment K records vous a pas mal influencé. Quels rapports entretenez-vous avec la scène locale? Avez-vous grandi là-bas?

Non, pour ma part j’ai grandi à Staten Island, NY et Jacob à Portland, pas loin d’Oympia et Adam dans l’Arkansas. On s’est rencontré à Olympia et c’est là que le groupe s’est formé.
Y’a beaucoup de groupes, d’amis qu’on aime et qui ne ne sont pas d‘Olympia ou qui ne sont pas signés sur K records, Killrockstars, et dont le travail nous inspire. C’est avant tout le fait de vivre dans le northwest et côtoyer nos amis qui joue un rôle et exerce une influence sur notre musique. Ca dépasse le simple cadre de K records.

x Est-ce que ce sont ces amis que vous citez dans le livret et que vous remerciez pour les idées que vous vous êtes appropiées ?

Oui, on remercie certains amis a qui on a pris des idées, des paroles souvent, avec leur consentement biensûr.

x Pouvez-vous me parler de l’écriture dans le groupe, votre façon de procéder? Vous abordez tous les trois vos instruments d’une façon très particulière (batterie super bruyante et jeu super dense, jeu de guitare haché…) . Le résultat est très inhabituel pour des chansons qui à la base sont plutôt “pop”.

Au début, quand on a commencé en 2001, on jouait des chansons que Jacob (chanteur-guitariste) avait composé. C’étaient des chansons pop très simples, qu’on a enregistré pour le premier CD-R (le groupe a sorti 3 disques depuis, “Everything is a miracle, nothing is a miracle everything is…” étant le petit dernier). Depuis on a une approche nettement plus collective, chacun intervient, d’où des chansons plus compliquées, des structures moins évidentes. On aime essayer des choses et faire évoluer les morceaux, même après l’enregistrement.

Depuis quelques temps, on se fait de longues sessions de jam (rires). On prend des idées, un riff de guitare, pattern de batterie qui servent de point de départ et de là on improvise.
Et puis on échange constamment nos avis, histoire de savoir ce qu’on garde ou pas.

x C’est comme ça que vous est venue, sur le second couplet, l’idée du passage un peu jazz sur “Pocket Knife”?

(rires) Oui à peu près, on répétait et j’ai essayé ça. Ceci dit, Jacob (chanteur guitariste) a une certaine aversion au jazz, donc c’est une éxperience qu’on réiterera pas forcément de sitôt

x (un ami, à la table avec nous intervient) : Est-ce que ces sessions de jam, en-dehors du processus créatif, ont beaucoup renforcé l’alchimie au sein du groupe?

Oui et ça pemet évidemment de mieux se connaître, on apprend à anticiper un peu ce que l’autre peut faire. Et puis on sait tous quand on joue, quand on jam plutôt, quand y’a une idée, un passage qui nous plaît. Et avec pleins de parties, chaque morceau étant composé de segments plutôt courts, on construit une chanson.

x Ca vous dérange qu’on parle de “concept album” à propos de votre dernier cd? Avec tout ces interludes, les thèmes abordés dans les paroles…

Oui on y a pensé. Y’a des thèmes musicaux qui reviennent. Y’a ces interludes. Y’a même des idées d’albums précédents, qu’on recycle d’une certaine manière, en les modifiant. On fait pas ça par manque d’inspiration, mais plutôt parce que c’est un processus qui nous plaît.

x C’est plus une question que j’aurai posé à votre chanteur, mais… est-ce que ça l’embête si je dis qu’il me fait parfois penser à Tim Kinsella (cap’n Jazz, Joan of Arc, Make Believe…), surtout quand il pousse sur sa voix.


Y’a des gens qui font le rapprochement effectivement. J’ai jamais vraiment écouté de disques de Kinsella. Jacob aime bien ce qu’il fait, mais je crois pas qu’il en soit dingue pour autant.
Enfin je préfère qu’on nous compare à lui ou ses groupes que K records. J’ai peut-être donné l’impression d’être sur la défensive tout à l’heure par rapport à ce que tu disais sur K records et c’était pas mon but, mais on entend souvent à notre sujet des trucs comme “un autre groupe issu de la scène K records” , bien qu’on soit pas sur le label. On est amis avec des gens qui ont des liens avec le label mais bon… je préfère être comparé à des groupes, des artistes qui ont plus en commun avec nous que le simple fait de vivre dans la même région.

x Et à qui d’autre vous compare –t-on généralement ?

Modest Mouse ..(rires) y’a ce journal de Houston qui a écrit qu’on était les prochains Talking Heads (rires).

x Vous tournez beaucoup. Vous étiez à Paris il y a à peine six mois, toujours avec Clara Clara Vous tenez le coup?

On a longtemps tourné aux Etats-Unis. Le nord-est, on est beaucoup passé par la côte ouest, parce qu’on y trouve des dates très facilement. Ca faisait longtemps qu’on voulait venir en Europe. On en parlait avec un groupe ami, The Good Good, qui avait tourné avec un groupe français qui s’appelle ApiUiz et on leur a demandé s’ils connaissaient un groupe français qui serait susceptible de nous faire tourner avec eux en Europe et ils ont mentionné Clara Clara. Des échanges de mails ont suivi, on a beaucoup aimé leur musique, la nôtre leur a beaucoup plu également et voilà. Et nous on les amène aux Etats-Unis.

x C’est un vrai programme d’échange

Oui un peu. Donc on a tourné ensemble un mois en Europe avec eux, un autre mois aux US…
Y’a pas longtemps on s’est dit que ce serait chouette de repasser en Europe. Coup de chance, Clara Clara avait une tournée de prévue et on s’est incrustés.
Mais là, après la tournée on va faire un break. Rester chez nous, écrire pour un prochain album et s’occuper d’autres choses.

x Vous avez un boulot? C’est pas trop contraignant pour partir en tournée?

J’ai énormément de chance de ce côté là.. Je travaille dans la conservation d’insectes, de la biologie en gros…et j’ai été engagé dans le groupe le jour même où j’ai décroché cet emploi. Il se trouve que le groupe parlait d’une tournée européenne, et ça m’enbêtait pas mal vu les circonstances, mais bon j’étais prête à les suivre. Les gens au boulot ont été vraiment très compréhensifs et m’ont dit que c’était bon, que je gardais l’emploi et qu’ils me laissaient partir en tournée.

Jacob est agriculteur. Il gère une ferme et les récoltes avec d’autres personnes, donc il peut facilement se libérer, du moment que c’est pas la période de la récolte.
Adam était livreur, mais je crois qu’il fait rien pour le moment.

Et en-dehors du boulot, on a d’autres projets, certains musicaux. Jacob a son autre groupe : Lake



x Vous écoutez quoi en ce moment?

(air supris) Eh bien…en fait on écoute pas mal de trucs pop et des chansons plutôt kitsch. Y’a cette chanson “La Bouche” vous voyez de qui c’est? J’ai oublié son nom …

Attendez je vais demander à Charles (de Clara Clara)

(elle revient) France Gall.
Bon et sinon on écoute beaucoup les groupes de nos amis. Mt. Gigantic, The Good Good, The New Bloods, il sont assez géniaux, et Clara Clara.

(Après on on s’est éparpillé dans la conversation. On a commencé à parler d’Unwound et de l’actualité de ses membres)

x J’ai appris y’a pas longtemps que Fitz of Depression était toujours en activité, avec Vern Rumsey d’Unwound à la basse?

Oui c’est juste, ils jouent de temps en temps. Ils s’arrêtent, ils reprennent.
Je croise Vern assez souvent, c’est un mec bien. Il a produit deux de mes groupes, The Strangers (?-2005), avec Adam de Kickball et Thunder Thunder Thunder.

x Vous avez écrit un bouquin de leçon de batterie (“The DIY guide to Drumming” dispo sur le myspace du groupe – www.myspace.com/kickballl ). Vous voulez en parler? Ce sont des méthodes personnelles ou des notions classiques de solfège?

Y’a des méthodes personnelles. Mais j’ai pris des cours de batterie quand j’étais plus jeune. J’ai commencé à 9 ans. Et je jouais dans les groupes de l’école, donc je devais apprendre à lire des partitions etc. Ce livre est un peu un mélange de techniques personnelles et de méthodes classiques. Ah et j’enseigne aussi, je donne des cours de batterie.



Kickball aura joué à peine 30 min, la salle devant fermer ses portes plus tôt (les grèves?). Mais c’était grandiose et le public est reparti conquis.


Merci à Mathieu pour les photos.






Par : Ivan

le 21/12/2007



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