Interview de Matt / Yr Letter Records
Alors qu'en France, les labels se reproduisent comme des lapins nains, il existe encore quelques structures intègres et consciencieuses, bossant dans l'ombre, sans grand battage médiatique... mais qui offrent régulièrement des sorties excitantes... Osées. Yr Letter est de ce genre là. Retour avec Matt Showman (président, directeur, général, stagiaire, seul maître à bord) sur son actualité brûlante. La rentrée sera Yr Letter, ou ne sera pas... (c'est bon là? Matt, mon chèque!)
-Avant de commencer, peux tu faire une petite bio, plus ou moins exhaustive du label Yr Letter Records? Les origines obscures de ce nom? Ce qui t'as poussé à créer ce label?
J’ai créé le label en juin 2005 pour sortir le EP du groupe anglais YEAR :ZERO (qui a splitté juste après, ça aide pas). J’avais envie d’avoir mon propre label depuis longtemps, histoire de filer des coups mains aux groupes que j’apprécie. Pour le nom, ça vient en fait d’une chanson de Jonah Matranga (non, je ne suis pas monomaniaque), quand il sortait ses albums solos sous le nom ONELINEDRAWING. A la base, ce nom devait servir pour le site internet en français que je voulais créer sur lui, une fois la motivation disparue je l’ai gardé pour le label.
-Yr Letter a eu son moment de gloire avec la sortie du split Atomic Garden/ Clumsy/ Down to Earth/ Powell (sans ordre de préférence). Comment cela s'est-il concrétisé? Pourquoi ces groupes? Regrouper quatre groupes sur un même skeud, ça se gère comment?
Au début, ce split single devait se faire uniquement entre ATOMIC GARDEN et POWELL, mais quand j’ai vu la place qu’il allait rester sur le CD, j’ai décidé de trouver 2 autres groupes, histoire de donner un aperçu de cette petite scène indé française. Pour CLUMSY ça a été très vite, ils étaient sur Dumb Inc le label d’ATOMIC et ont de suite accepté ! Pour le 4ème groupe ça a mis plus de temps, j’ai contacté les BUSHMEN, mais ils ont décliné l’offre par manque de temps, puis LOST COWBOYS HEROES qui avaient déjà des morceaux enregistrés, mais le projet ne leur convenait pas, pas assez pro. Puis POWELL m’ont parlé de nouveaux titres de DOWN TO EARTH qu’ils avaient entendu et j’ai de suite flashé dessus. En plus ils étaient hyper motivé par le projet. Voilà comment ce split est né.
Ce dont je suis le plus fier c’est que depuis les groupes qui ne se connaissaient pas se sont rencontré, il y’a eu une histoire d’amour entre batteurs, peut être des bébés, et ce sont tous des gens vraiment sympa ! Même si je ne suis pas rentré dans mes frais, je suis super content d’avoir sorti ce split, ne serait ce que pour ces belles rencontres.
-Aujourd'hui, l'actualité de Yr Letter est particulièrement riche. Quelles sont les sorties en prévision?
Il y’a 3 sorties de prévues, toutes les 3 à la rentrée. Tout d’abord, le 1er album de POWELL (www.powell.tk), un brûlot qui ravira les fans de la scène de Washington DC et de rillettes, puis celui des garçons de plage DOWN TO EARTH (www.dteband.com) et cerise sur le gâteau le nouvel album (enfin, le 1er sous son nom) de Jonah Matranga (FAR, ONELINEDRAWING, NEW END ORIGINAL…).
-Powell et Down to Earth sont des groupes extrêmement prometteurs. Il y'a un gouffre entre le
Powell période "split" et les morceaux tirés du prochain album. Penses-tu avoir eu, en toute modestie, une influence sur les changements de sonorités de chacun de ces deux groupes?
Houla non, la seule influence que j’ai sur POWELL c’est que j’ai les codes de leur page Myspace.
Les morceaux sur le split étaient la transition entre le POWELL "pop" du deuxième EP et le POWELL plus radical de l’album. Cette transition s’est faite d’elle même.
-La news ultime, c'est bien entendu la "signature" de Jonah Matranga. Quel est ton rôle pour la sortie de "And"? Explique nous cette aventure?
Tout ça s’est fait tout simplement, je connais Jonah musicalement depuis 10 ans, au travers de ses différents groupes et .. des emails depuis pas mal de temps, puis on s’est (enfin) rencontré l’année dernière sur Paris. Lors de son concert au Batofar en avril dernier il a demandé si quelqu’un était intéressé pour sortir son nouvel album en France, je me suis proposé, mais il avait eu aussi un contact apparemment avec une plus grosse structure. J’ai un peu oublié l’affaire et là il y’a quelques jours, je reçois un email où il me demande si ça m’intéresse toujours de le sortir. J’ai réfléchis une demie seconde et voilà. Je suis pressé de recevoir le master. C’est un peu un rêve qui se réalise. Jonah le sort via plein de petits labels un peu partout dans le monde, il devrait y’avoir un morceau bonus par version. Et quoi de plus normal de sortir son disque sur un label qui porte le nom d’une de ses chansons ? Pour les curieux, il y’a du son là
-Ton avis éclairé sur la scène indépendante hexagonale? Musik Industry est grillé à vie dans la communauté hardcore, straight edge... Lâche toi, on est plus à un procès près.
J’ai pas d’avis spécial. Elle est de qualité, mais ne trouve toujours pas d’écho auprès du grand public qui préférera toujours plus un groupe de merde qui chante "Butterfly" et qui se retrouve matraqué sur MTV que les BURNING HEADS qui se cassent le cul à tourner et à faire des disques de qualité depuis des années. C’est triste mais faut se faire une raison. Il faudrait trouver le "NIRVANA français" qui ouvre les yeux aux gens.
-Tu t'occupais à une période du webzine "Joining the Circus" (nous tairons la référence), avant que
ce nom ne soit repris par une crapule montpelliéraine. L'écriture ne te tente plus?
Pour la crapule montpelliéraine, je lui ai volontiers cédé les droits et j’ai fermé le site de honte après avoir écouté l’émission de radio… non sérieusement, j’ai créé le site à un moment où j’avais besoin de faire des dizaines de trucs à la fois, mais maintenant, j’ai plus beaucoup le temps pour m’en occuper, pour mettre à jour les news, écrire des chroniques et y’en a assez de qualité qui traînent sur le net (Bokson, Positive rage, Musik industry), bon y’en a aussi beaucoup de merdiques, dont la seule motivation est de chopper des CD gratos. Je préfère me concentrer sur le label qui me tient beaucoup plus à c¶ur.
-Tribune libre. Tu dis ce que tu veux, à qui tu veux. Remerciements, dédicaces, big up...
Tout d’abord, merci à Musik Industry pour cette interview, j’espère que j’ai donné envie aux gens de découvrir "mes" groupes. Et puis, merci aussi à Pleymo, Kyo et Enhancer pour m’avoir permis de financer le split via ebay !
Et sinon, "In nothing we trust", le dernier album des anglais REUBEN est une tuerie…
myspace du label
site du label
Par : bloody udall
le 26/06/2007
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