Sequoia interviewé par Musik Industry

Interview de Sequoia


Denis : Bonjour les Sequoia ! Une rapide présentation de vous simpose. Je vais tenter de my employer, vous existez depuis 3 , 4 ans et vous délivrez depuis vos débuts un mélange démocore à la poison the well et de métalcore à la as I lay dying. Votre premier maxi, the forgotten link, est sorti il y a 2 ans maintenant et vous revenez aujourdhui avec un split en compagnie de Liu Kang. Mais cest surtout sur scène que vous vous êtes faits connaître en multipliant les concerts un peu partout en France et en Europe.rnVous voyez des petites choses à préciser ?



Iwo : Bonjour le Denis ! Ta présentation est assez proche de notre vision des choses. Cest vrai que nous avons privilégié jusquà maintenant la scène à nos productions, car nous considérons que cest surtout pendant que les concerts que se dégage la puissance qui fait la magie du hardcore. Mais bon, on progresse tous, et jespère que sur notre dernier cd on aura réussi à traduire un peu plus de notre énergie scénique. Maintenant pour ce qui est du mélange des styles, cest vrai que cest une remarque que lon nous fait souvent, mais je tavoue que lon y fait pas gaffe en composant. On essaie de raconter une histoire avec nos mélodies, celle-ci passe par différentes couleurs, donc par plusieurs émotions (ah ouais cest vrai on fait de lemo)

Ma première question sera simple : comment vous êtes vous retrouvés à partager le split avec Liu Kang ? Il mavait semblé quau départ ce devait être un autre groupe anglais qui devait être présent sur ce CD. Comment cela sest il déroulé ?

Et bien ça a été une longue histoire ; il a fallu envoyer des centaines de pigeons voyageurs partout dans le monde pour savoir qui voudrait partager un cd avec nous. On a eu plusieurs contacts intéressants, mais à chaque fois quelque chose clochait, soit le groupe était trop gourmand, soit ils navaient pas de morceaux prêts pour lnregistrement Le temps que tout le monde se mette daccord entre les formations et les labels pour une co-production, on est passé par deux groupes américains, un malaisien, un japonais et un autre anglais avant de tomber sur Liu Kang. Ils ont été cools dès le début et on a réussi à sentendre sur tous les points sans soucis ; et puis il faut dire que musicalement cela a été le coup de foudre mutuel, contrairement aux groupes précédents. Le problème est venu aussi du fait que le choix du split ne découle pas à la base dun lien particulier avec un groupe, mais de la volonté de sortir quelque chose en 2006. On ne se sentait pas encore assez mûrs pour faire un album et en même temps, on sest dit que cela ne le ferait pas si on ne sortait quun quatre titres deux ans après un six titres où la recherche éperdue dun groupe super-sympa-maxi-cool-qui-déchire pour partager notre galette. Si mes souvenirs sont bons, cest tonton Quentin dEternalis Records qui a établit le premier contact avec eux.

Vous avez enregistré cette fois ci au loko studio si mes renseignements sont bons, comment sest passé lenregistrement ? Etes vous satisfaits du résultat ?



Tes informateurs font du bon travail ; on a passé une semaine début mars au loko studio, à Irai, en Normandie. Je tavoue que ça a été une des expériences les plus fortes pour le groupe jusquà présent. Avant même dy aller on avait la pression, car on navait jamais enregistré dans un véritable studio professionnel et la qualité des productions qui en sortait nous mettait une claque sévère. En plus, il fallait rentrer les quatre morceaux en une semaine, mix compris, ce qui est vraiment chaud et ce qui a signifié un jour par instrument de 10h à 22h parfois sans manger pour ne pas prendre de retard Forts de ces doutes on a débarqué au loko et là on sest vite aperçu que cétait Hollywood ; on a été logé dans un gîte accolé au studio qui était plus classe et plus grand que tous nos aparts réunis (une chambre chacun, playstation, télé par satellite, gâteaux cuisinés par la tatie etc.). Pour ce qui est du matériel, on est arrivés un peu à poil et on nous a mis entre les mains la crème de la crème. Guillaume et Seb du loko se sont vraiment pris la tête pour trouver les instruments les mieux adaptés pour notre style. Cest assez délicat de trouver un compromis entre des grosses guitares et des mélodies dans les aigus qui soient compréhensibles ; il y a énormément daspects techniques Ÿ quon avait négligé jusque là dans notre son, cétait plutôt, branche-toi, hop-là boum et en avant Ginette ! Pour ce qui est de lenregistrement en soi, cétait Intense, avant tout une grande leçon dhumilité pour nous tous. En studio, chaque petit défaut ressort puissance mille et tu ne peux pas te cacher derrière le son général comme en répétition ou en concert. Pour ça Guillaume et Seb ont vraiment été dune patience en or ; il y a des plans quon recommençait assez pour nous soûler à vie mais eux, ils ne bronchaient pas. Après cinq jours denregistrement frénétique, ils nous ont traînés dans les bars du coin, ça nous a détendu Au final on est plus que satisfaits du résultat, car on est contents des nouvelles directions que prennent nos chansons. Il faut ajouter que ça provient aussi du fait que lon soit tombés sur des gens dont les qualités découte ont su révéler les potentialités de nos morceaux.

L'été dernier vous aviez tourné en Europe de lEst, notamment en Pologne. Apparemment vous avez rencontré nombre de soucis pendant cette tournée (dates annulées, panne du camion etc), vous pouvez nous en dire plus ?



Disons que ce ne sont pas les premières choses que lon retient de cette tournée. Ces dates-là ont été les meilleures que lon ait faites et ça me touche dautant plus personnellement que ça sest passé dans mon pays natal, la Pologne. Ensuite il faut ajouter que cétait la première fois que lon mettait en place une telle logistique, donc il a fallu faire notre expérience et essuyer quelques revers qui sont normaux pour un premier essai. On a eu un problème avec un ami qui devait être notre tourneur mais qui sest désengagé de lorganisation, du coup sur une tournée de quinze dates, on a eu huit day-off Aujourdhui on na aucune rancoeur et ce nétait pas plus mal davoir eu des jours sans concerts, car on a cassé le camion en Pologne pendant cette période et cela nous a laissé le temps de le faire réparer. On a réussi à faire faire les réparations chez un ami pour le tiers de ce que cela nous aurait coûté en France. La personne qui nous la loué le van nous a gentiment déduit les frais du montant de la location (Merci Laurent !) Ce genre daventures te forge une expérience et cette année on remet ça avec vingt-trois dates au mois de juillet, réparties sur sept pays, en essayant den caler un maximum par nos propres moyens.

Avec toutes ces dates, quels sont les concerts qui vous ont le plus marqué ? Et à contrario, quelles sont les dates que vous préfèreriez navoir jamais connu ?



Je pense que chaque expérience est bonne à prendre, donc chaque concert raté nous a fait progresser dans un certain sens. Au mois davril on a fait un joli gadin à Perpignan et je me rappelle de quelques concerts toulousains où on nétait vraiment pas en forme Sinon dans les meilleurs je rangerais le concert à Varsovie et celui de la sortie de The Forgotten Link Ÿ à Perpignan. Cétaient des prestations où on se sentait à laise et où il régnait un véritable enthousiasme dans la salle. Trop de gens sont blasés et regardent un groupe les bras croisés en le jugeant, ce qui est à lopposé du hardcore ! Parfois il faut arrêter de réfléchir et se laisser porter par lénergie ambiante du concert, sans avoir peur du regard des autres, cest ce qui donne en général les meilleures soirées.

Vous programmez cet été une tournée en France, Espagne, Portugal, Belgique, Allemagne, Pologne, Lituanie et Lettonie. Cette immense tournée fait vraiment fantasmer tout musicien qui se respecte, qui soccupe de booker vos dates dans tous ces pays ?



Je ne peux pas mempêcher de me caresser devant la liste des concerts, je ne réalise pas vraiment. Cest avant tout beaucoup defforts et dheures passées depuis des mois sur le net aux dépens de nos études, boulots et vies privées. Suite à notre organisation chaotique de lannée dernière, on a décidé de se répartir les tâches et les pays entre nous, suivant les contacts que chacun avait accumulés. Étant aidé par mes origines, je me suis par exemple occupé des pays de lEst et jai eu la chance davoir laide précieuse dAlek de Heaven and Hell bookings qui nous a trouvé tous les plans de lAllemagne à la Lettonie. Notre bassiste ayant du poil à la barbe, il sest occupé du Portugal et de lEspagne

Même si vous vivez tous dans différentes villes (montpellier, toulouse, perpignan), vous êtes tous originaires de perpi. Pouvez vous nous présenter un peu la scène dans ce coin ? Est elle vivante ? Les salles / groupes / organisateurs sont ils nombreux ?

Contrairement à ce que lon pourrait croire, cest une scène assez ancienne, les premiers hardcoreux sy sont reproduits dès la fin des années 80, bien avant lapparition de lHomo Sapiens je crois. Cest cette première génération qui nous a transmis le flambeau au milieu des années 90 et on essaie à notre tour de faire notre possible. Ça na pas toujours été facile (je me souviens des Good Clean Fun, des Inner Damn devant dix personnes) mais à force de persévérance, cette scène a grandi avec ses formations qui ont été assez nombreuses durant ces dix dernières années. Quand jai commencé la musique, à Perpignan il ny avait pratiquement que des groupes de garage, mods ou power pop. Puis ça sest carrément essoufflé pour laisser place à un raz-de-marée ska qui est passé lui aussi ; je ne sais pas si on peut dire que le hardcore a pris la relève, mais en tout cas il y a des concerts régulièrement, pas mal de groupes et surtout, contrairement à Toulouse, un choix de petites salles de qualité sur lesquelles tout repose en fin de compte (quels concerts on aurait ratés sil ny avait pas eu le Crockmore). Du coup, il y a pas mal dassos punk-rock, néo, ska, métal, ou hardcore qui en profitent pour organiser des concerts sympas ; je crois que de ce point de vue-là, on na pas à se plaindre.

Merci davoir pris le temps de nous répondre, à très bientôt !Denis



Merci à toi dêtre ce que tu es, ne change pas ce qui fait ta différence et noublies pas, tu es une star pour les gens qui taiment. Amour, gloire, prospérité, force et honneur à toi et à ta descendance bienheureuse. Iwo.www.sequoiahxc.com


Par : Denis

le 16/06/2006



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