Interview de Gantz
1/ Tout d’abord la question de présentation. Pourriez vous en quelques mots résumer pour ce qui ne vous connaissent pas qui est Gantz et quel est votre parcours ?
Steph : Gantz a débuté en 1998. Après de multiples changements de line-up, Joss (Guitare/ Chant) et Mike (bass/ Chant) sont les seuls rescapés de la formation originelle. Florian (guitare) et moi-même, Stef (batt) venons compléter l’équipe actuelle de ce quatuor. Le groupe vient de l’Est de la France de la ville de Besançon.
Après avoir sorti plusieurs disques sous formes diverses, CD, vinyle, compilations et autres split CD, Gantz a abouti aujourd’hui à cet album La Chambre Des Morts Ÿ qui reflète l’état d’esprit du groupe.
On a fait environ 150 dates dans divers pays d’Europe (France, Allemagne, Hollande, Belgique, Italie, Autriche, Rep Tch, …) avec pas mal de groupes dont Envy, Isis, Funeral Diner, Majority Rule, Yage, Kaospilot et bien d’autres…
2/ Comment qualifieriez-vous votre musique?
La question doit être quelle étiquette mettez sur votre musique ? Ÿ même si personne n’aime le faire cela permet de situer le style musical du groupe pour les personnes qui ne connaissent pas donc........ On peut dire que Gantz joue avant tout du rock au sens large du terme avec des ambiances post-rock et des passages hardcore emo stoner.
Pour ceux à qui cela ne parle toujours pas, la musique s’inscrit entre Radiohead et Machine head !
3/ Vous venez de sortir La chambre des morts Ÿ avec Impure muzik en coprod avec trois autres labels. La première chose qui m’a frappé à la réception du cd c’est le packaging. Vous semblez accorder pas mal d’importance au fait de proposer un cd qui soit un bel objet en lui-même, je me trompe ?
Steph : Non, bien joué, quelle fine analyse !!!!!
Joss : En fait pour être exact, la version CD s’est faite sur Impure Muzik avec Heart On fire, Radar Swarm et Krawa Rds et la version vinyl sur Sm Musik, 213 Rcs et Maldoror.
Sinon, c’est clair que l’on a toujours porté beaucoup d’attention à l’artwork, on a travaillé avec plusieurs artistes et graphistes différents sur nos précédents disques, pour celui ci on a demandé à une photographe Islandaise, Sonja Porsdottir, ses clichés d’un camps de concentration à Auschwitz, me semblait bien représenter toute la folie des hommes. De plus nous sommes allés plusieurs fois en Allemagne de l’est et avons beaucoup d’amis là bas avec qui nous avons pû parler du sujet des nuits entières, Mathias de SM-MUSIK Label de Leipzig a d’ailleurs contribué à la version vinyl. Coté Graphisme, c’est Xav, tout premier chanteur du groupe qui s’en ai chargé, ils avaient déjà fait la pochette du skeud de The Third Memory et celle du 4 ways split # 2 (Dodewaard, The Third memory, Petethepiratesquid, Thema 11) et curieusement nous n’avions jamais collaboré avec lui, pour cette album on a donc pas hésité à faire appel à lui et on est franchement content du résultat.
4/ Les paroles sont également très travaillées et accompagnées de petits textes explicatifs, je me doute bien que cela souligne l’importance des messages que vous voulez faire passer mais brièvement, quels sont ces messages ? Positifs ? Négatifs ?
Steph : Ce sont des messages personnels, des expériences que l’on veut partager. Les échanges d’opinions sont nombreux aux seins du groupe pour ne pas tomber dans le donnage de leçon Ÿ. C’est Joss qui écrit les textes qui partent souvent d’un constat qu’il fait. Dans chaque morceau un point de vu est proposé sur un sujet. L’auditeur est seul maître à décider de s’y intéresser ou non.
Pour ce qui est des textes explicatifs, c’est vraiment un plus pour faire part du point de vu d’un sujet. La compréhension des textes en est vraiment facilitée ou apporte une réflexion approfondie suivant le morceau.
Joss : Je pense qu’ en ayant repris l’écriture, j’avais avant tout une volonté de ne pas écrire de textes poétiques, souvent assez hermétiques au niveau du sens, non pas que je critique négativement ce que nous avons fait par le passé mais ce n’est pas mon style d’écriture.
On nous demande souvent de traduire nos textes en anglais, ce que nous avons fait par exemple sur le split avec Cleaner et en les relisant après coup , je me suis aperçu que ça ne sonnait pas forcement très bien dans une autre langue, j’ai donc décidé d’uniquement traduire les petites explications qui sont en fait un descriptif de la genèse du texte.
5/ Toujours à propos des paroles, ce qui me plait pas mal dans Gantz justement c’est que le chant sais se mettre de lui-même en retrait, j’entends par cela qu’au final il n’y a pas énormément de chant dans l’album et du coup cela permet d’apprécier celui-ci à sa juste valeur. Est-ce un choix délibéré ou est-ce que cela vient naturellement en composant ?
Steph : Les nouveaux morceaux se sont créés comme ça. Certains voulaient laisser plus de place à la musique d’autre ne voulait pas abuser des grosses voix saturées donc nous sommes arrivés à ce résultat.
Joss : C’est l’avantage de ne pas avoir de chanteur non instrumentiste, on peut se laisser aller maintenant à de longues plages sans chant, sans que personne ne soit lésé.
6/ De quels groupes en particulier vous sentez-vous proches ? Tant sur le plan musical qu’ idéologique Ÿ justement..
Steph : Personnellement, je me sens proche idéologiquement Ÿ uniquement de personnes, d’ami. Au sein d’un même groupe, il y a des gens qu’on apprécie, d’autres pas donc Personnellement je ne me rattache à aucun groupe idéologiquement parlant Ÿ.
Sur le plan musical, nous avons tous nos préférences diverses et variées ce qui donne Gantz. Nous avons été comparé souvent à Envy et aujourd’hui plus à Isis. Ce sont des groupes évidement que l’on écoute et qu’on apprécie mais ces comparaisons ne sont pas toujours justifiées. Aujourd’hui les nouvelles influences du groupe seraient plus régit par des choses post-rock ambiante.
Joss : Pour ma part, mes attaches tant musical qu’idéologique restent très ancrées dans la culture punk hardcore, je ne me sens pas vraiment proche de groupe comme Envy ou Isis qui n’ont pas le même mode de fonctionnement que nous et que nous ne connaissons pas mais beaucoup plus de groupes comme Shall Not Kill, Brume Rétina ou Pavlov dont je connais les membres depuis des années.
7/ Est-ce que vous vous considérez comme un groupe engagé Ÿ ? Pensez-vous que la musique puisse être un média utilisé pour véhiculer certains messages ?
Steph : C’est indéniable ! La musique peut véhiculer un message, mais ce que JE préfère c’est véhiculé une émotion plutôt qu’un message. Comme il est dit plus haut, nous ne donnons pas de leçon (enfin on essaie de ne pas le faire !!). Les points de vu divergent dans le groupe sur les messages à faire passer mais jusque là on a toujours approuvé les textes.
Un groupe engagé !? Gantz ?? Nous tournons dans une certaine scène Ÿ où les gens sont souvent engagés. En général, c’est un engagement pour la diversité dans le but de proposer une alternative. Alors alternative idéologique ou musicale ?? Gantz fait parti des groupes qui proposent une alternative musicale à Laurie et Pascal Obispo mais pas vraiment à Isis et Envy donc tout est relatif. Sur le plan des idées, comme je le disais plus haut ce n’est pas un groupe qui pense mais plusieurs personnes, c’est le cas chez Gantz. Certains se diront engagés d’autres pas et au final nous ferons la même chose. Sont-ce les mots ou les actions qui comptent ?
Joss : Je pense pour ma part que l’on ne peut pas se considérer comme neutre Ÿ , avoir des idées et les affirmer est pour moi nécessaire pour exister. J’ai vu suffisament de choses dégueulasses dans ma vie pour avoir envie de m’exprimer par la musique. Cela dit dans Gantz , c’est assez difficile de pouvoir tout exprimer ce que je ressens dans les textes, puisque que chaque texte est soumis à l’appréciation collective et c’est bien souvent un peu la paranoïa du texte engagé, c’est curieux ce n’était pas le cas auparavant, j’ai écris les textes de notre deuxième mcd 318.366.2 Ÿ et à l’époque les textes étaient beaucoup plus revendicatifs sans que cela ne provoque de grand débat. C’’est assez frustrant, je dois penser lors de l’écriture à m’exprimer tout en soignant la formule et ce n’est pas évident. Contrairement à Stef, la musique sans message ne m’intéresse pas, alors je fais des compromis au niveau des textes pour la survie du groupe tout en étant bien conscient que c’est un système qui a vraiment ses limites et risque de mener à la lassitude d’un coté ou d’un autre à force de débats et prises de tête.
En tout cas l’alternative idéologique et musicale existe bel et bien par le biais de tous ces activistes qui se bougent partout dans le monde. Il faut être clair on aurait fait que 3 concerts l’année dernière (nombre de concerts dans des salles légales et institutionnelles) et on aurait certainement pas sorti de disques sans ces gens là, donc j’ai avant tout un grand respect pour toutes les personnes qui se bougent pour faire avancer les choses !! DIY Rules ! et ce respect ne m’est pas dicté par une quelconque éthique punk hardcore Ÿ, c’est mes parents qui m’ont appris à dire merci à chaque fois que quelqu’un m’aide et pas le microcosme punk hardcore.
Cela dit je suis bien souvent écoeuré des discours sectaires de certains, chacun a le droit d’avoir son avis, et les éternelles débats et concours de punkitude ne m’intéressent pas. Dans gantz, on essaie de ne pas faire de différence, peut importe que tu sois végétarien ou que tu bouffes au mac donald, que tu écoutes la discographie de Policy of three ou le dernier album de M, peu importe que tu sois habillé en costard cravate ou une crête sur la tête, nous ne te jugerons pas sans te connaître !
8/ Plus terre à terre maintenant, quels sont vos meilleurs et pires souvenirs depuis la formation de Gantz (en 1998 si je ne me trompe pas..)
Steph : Les meilleurs souvenirs (je parle en mon nom mais les autres me rejoindrons sûrement) ce sont les rencontres au cour de tous ces voyages. Toutes ces personnes qui nous accueillent souvent chez eux dans tous les pays. Des gens qui organisent des concerts en se démmerdant seul pour qu’il y ait un concert dans leur ville. Tous ces pays parcourus, les découvertes d’autres modes de fonctionnement … en deux mots la vie.
Les pires souvenirs c’est la même chose. Les squat pourris où personne n’organise rien, les cons qui font des concerts et qui autorisent pas plus de 50 dB dans leur putain de bar où y a 1 bière par personne pour la soirée, les prises de becs entre nous , les soucis de matos, etc… Mais tout ça s’efface et se transforme en souvenir, à long terme. En regardant en arrière, on s’aperçoit qu’on a quand même fait un paquet de trucs et que c’était super fun !!!!!
9/ Quelle est votre play-list du moment?
Steph : Le dernier Cult Of Luna, dernier Welcome To Miami, dernier Brume Rétina… Rire et chansons, RTL2
Joss : Pink Floyd, Mudhoney, Pavlov, Trainwreck, Dianogah, A silver mont zion, Boris, The red neck manifesto, Haram, Sick of it all, Brume Rétina, Municipal Waste, bien sûr Cease upon the capitol et Shall not kill, nos deux dernières sorties et Rire et chansons évidemment !
10/ Quels sont vos projets dans un futur proche ?
Steph : Ce qui est cool dans Gantz, c’est que même si on dit qu’on va ralentir, on a toujours des projets. Comme on a eu une période assez chargé depuis décembre entre enregistrement, sorti et dates qui vont autour, on voulait se reposer un peu mais on a déjà des trucs en tête.
Pour l’instant, nous attendons un peu notre planning personnel de la rentrée pour connaître les dispos de chacun et envoyer une fournée de date (6 mois sans jouer, on a du mal).
Coté disque, on parle d’un split avec les ricains de Cease upon the capitol et dans la série grand projet, on se rapproche de plus en plus de nos potes de Aside From A Day pour faire des choses un peu malsaines mais chut !!! rien n’est fait.
11 / Le mot de la fin..
N’hésitez pas à venir nous voir et à parler avec nous, hormis cas exceptionnels on adore ça. Pour chopper les dates de concert, c’est www.impuregantz.com ou www.impuremuzik.com sur le forum. Merci A
Par : robin
le 15/06/2006
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