Born From Pain interviewé par Musik Industry

Interview de Born From Pain


Voici quelque chose qui va ravir bon nombre de fans de brutal, d’agressif et de bon gros son bien lourd : une interview de Born From Pain (ceux qui réclament la couronne, héhé), et viennent tout juste de rentrer de leur tournée du Persistance Tour. C’est d’ailleurs Karl (guitare) qui va me parler un peu plus en détail de leur dernier album In Love With The end Ÿ sorti début 2005 chez Metal Blade, et me dévoiler son côté philosophique pour exprimer ses opinions… Résultats à chaud.




Salut Karl ! Tout d’abord, pourrais-tu présenter brièvement Born From Pain ?



Karl : Alors comme tu l’as dis, je suis Karl et je joue de la guitare. Il y a aussi Che au chant, Rob à la basse, Stefan également à la gratte et puis Roel à la batterie. Ce line up fonctionne depuis presque un an et demi maintenant…



Immortality Ÿ et Reclaiming the crown Ÿ vos deux premières sorties sont beaucoup plus NY hardcore que Sands of time Ÿ qui sonne très metal. Cette évolution est d’autant plus accentuée avec la sortie de In love with the end Ÿ, plus brutal que jamais. Avez-vous évolué de façon naturelle ou pour ne pas refaire le même son qu’avant ?



K : Tout le processus s’est fait naturellement pour nous, bien qu’on devait garder certaines choses qui marchaient. Mais je pense que In love with the end Ÿ est vraiment L’album de Born From Pain. Pour moi, le but du groupe est resté le même et tu peux entendre des éléments qui étaient présents à partir d’ Immortality Ÿ jusqu’à l’avant dernier Sands of time Ÿ. Pour le dernier, on a simplement ajouté un peu plus à notre son pour cette fois ce qui fait qu’on a réalisé le meilleur album qu’on a pu. On a gardé ce qu’on aimait sur les anciens et jeté ce qu’on n’aimait pas. C’était un processus simple, qui marche très bien pour nous car je pense que In love with the end Ÿ est génial et apporte une autre approche de ce que nous pouvons être. Je pense que tous les groupes devraient évoluer dans ce sens, même si ça peut paraître insuffisant. Ce n’est pas comme si tu réécrivais le même album encore et encore ; toujours le même son, sans de réelle recherche. Si tu cherches juste un peu à développer ton son, et bien je pense que c’est une très bonne chose. Et c’est ce que nous avons réussi à faire, développé un petit peu le son, et ce petit peu a eu une grande influence sur ce que nous avons fait.



Les restes d’une planète devenu une boucherie Ÿ, quelques paroles venant de Sands of time Ÿ, qui sont assez pessimistes, noires. Avec votre dernière ponte, c’est la même chose ; vous n’êtes pas très optimistes et voyez le monde d’un mauvais oeil. Est-ce du à la société actuelle que vous avez cette opinion du monde ?



K : Soyons honnêtes, le monde dans lequel nous vivons n’est pas quelque chose dont nous devrions être optimistes. Il y a tellement de mauvais côtés qu’il est plus facile de prendre inspiration sur ça, que sur quelque de bien. Si je ne m’abuse, il y a vraiment de bonnes choses sur cette terre ; de magnifiques pays, des gens incroyables, nous sommes très chanceux d’être ce que nous sommes, mais en même temps, on fout tout ça en l’air. In love with the end n’est pas un titre optimiste, et les paroles le sont encore moins. Le vrai sens de In love with the end Ÿ, c’est qu’on ne peut pas toujours contrôler ses actions, même si tu sais que ça va entraîner quelque chose de terrible. D’une certaine façon, c’est comme être amoureux de quelqu’un qui ne l’est pas, et tu ne peux rien faire pour changer ces sentiments, ça te détruit petit à petit. Et c’est la même manière avec nos paroles : elles parlent de la politique, de l’environnement, des problèmes sociaux, et bien sûr de nos problèmes personnels. Mais il y a des sujets beaucoup plus édifiants dans nos chansons comme dans Raging heart Ÿ qui parle du fait de laisser une opportunité qui se présente et de ne pas savoir la prendre à temps, comme ne pas profiter du moment présent.
La pochette de l’album est une explosion nucléaire ; c’est quelque chose auquel on s’attend parfaitement, mais qui ne devrait jamais arriver. C’est à cause des gens qui ne s’arrêtent pas de suivre ce chemin en direction de la fin, d’où In love with the end Ÿ.



Vous avez un nouveau batteur, Roel. En quoi a-t-il contribué dans BFP ?



K : Roel a beaucoup contribué dans le fait que nous avons pu passer à quelque chose d’autre après le départ de Pieter, c’est évident. C’est un fantastique et très talentueux batteur, qui nous amuse avec ses blagues, etc. C’est quelqu’un de très apprécié au sein du groupe et c’est génial quand on s’entend bien avec lui. Cela va bientôt faire un an et demi qu’il est dans le groupe, et je suis vraiment heureux qu’il soit là.



Born From Pain est souvent associé au Hatebreed européen Ÿ. Appréciez-vous cette comparaison, ou voulez-vous avoir votre propre entité ?



K : A mon avis, il y a un bon et un mauvais côté à ça. Déjà, c’est très gratifiant de nous comparer à Hatebreed car c’est un groupe vraiment grandiose qui est le leader de la scène hardcore. Donc c’est sûr que c’est un beau compliment… Après tout, nous avons quelques similitudes comme le chant de Che qui est très proche de celui de Jamey (ndlr : Jasta, chanteur du groupe Américain), le chant de Che a beaucoup évolué dans cette direction. Mais notre musique reste toutefois la notre, et si tu compares In love with end Ÿ et The rise of brutality Ÿ, tu vois qu’il n’y a pas tellement de ressemblances flagrantes. Je doute d’ailleurs que Hatebreed jouerait une chanson comme Hour of the wolf Ÿ ou Raging heart Ÿ ! Comme je le dis, je trouve qu’il y a de bons et mauvais côtés…



Vous venez juste de rentrer du Persistence Tour, où vous avez pu jouer en Belgique, Allemagne… (ndrl : et malheureusement pas en France !), avec de grosse pointures telles Napalm Death ou Hatebreed pour ne que les citer. Comment s’est passé la tournée et comment le public a-t-il réagit ?



K : Wow, le Persistance Tour était extra ; on jouait juste avant Napalm Death et la tournée s’est très bien passée. Chaque soir, il y avaient entre 1000 à 2000 personnes, on a adoré jouer et c’était la folie ! Le public chantait avec nous, moshait et headbanguait. Aussi, le fait partager encore la scène avec Hatebreed et Agnostic Front était un honneur (avec qui nous avions durant le Resistance Tour en 2002), et avec Napalm Death également, ils sont vraiment très sympas. The Red chord, Full Blown Chaos et Bleed The Sky étaient aussi de la partie qui sont des supers groupes et des personnes sympathiques. On était un peu comme une famille, on s’entendait vraiment tous bien, ce qui a fait que la tournée a été exceptionnelle à tous les points de vues !



Que pensez-vous de la relation entre musiciens / public ? Est-ce important pour vous ?



K : Je pense que cette relation dépend entièrement et simplement du bon vouloir des personnes. Je ne vois pas la différence entre moi et une personne du public, tout ça parce que je joue dans un groupe. Moi aussi je me rends malade quand je vais voir un groupe ! Mais j’ai tout le temps essayé de prendre du temps pour parler aux public, répondre à leur questions, car c’est personnes sont celles qui nous supportent et qui sont là pour nous, et c’est grâce à eux que nous sommes là ! Les fans sont tout pour nous, et nous essayons au maximum de garder ce contact.



Born From Pain est connu pour être un groupe qui tourne beaucoup. Cependant, arrivez-vous à combiner les tournées avec vos jobs et vos vies personnelles ?



K : Et bien, c’est vrai c’est difficile à cause du travail, de la famille, etc, mais nous essayons à chaque fois de trouver la solution, et il y en a toujours une ! Dans le groupe, nous avons le même objectif, bien que cela nous prenne beaucoup de temps dans nos vies personnelles, mais nous voulons tourner le plus possible. Il faut faire des sacrifices, mais nous réussissons à trouver une solution.



Quels genres de musique écoutez-vous autre que le hxc et le metal ?



K : En effet, nous n’écoutons pas que du hxc et du metal ; nous sommes très éclectiques. Pour ma part, j’écoute beaucoup de pop des années 80 comme Duran Duran, Tears For Tears, etc, et les autres membres écoutent du hip-hop. Nous sommes un groupe qui a une palette musicale assez diversifiée, qui aime beaucoup de genres musicaux. Et c’est pour moi la seule façon d’être ; il n’y a pas dans un livre une règle comme quoi tu devrais écouter tel et tel style, et c’est ça qui nous fait rater des choses trop bien ! Le monde est fait de très bonne musique.



Quels sont vos meilleurs moments joués en France ? Que pensez-vous du public français ?



K : Wow, nous avons eu de supers moments en France, comme par exemple, les deux fois où nous avons au FuryFest, surtout en 2004 où c’était la folie trop la folie ! Comme la fois aussi à Paris pour le Resistance Tour avec Biohazard, Hatebreed, etc. Il y a eu aussi les deux fois à Rennes (ndlr : héhé…), surtout en mai dernier avec Zero Mentality, c’était le chaos total ! Je pourrais facilement continuer de faire des concerts en France, car c’est toujours et ça restera un endroit génial pour nous de jouer : le public se donne tout le temps à fond, et c’est agréable de voir le voir réceptif, et de surcroît, ils sont chaleureux ! (ndlr : c’est trop, c’est trop…)



Pour conclure, as-tu quelquechose à dire aux lecteurs de Musik Industry ?



K : Je voudrais juste remercier les personnes qui ont lu l’interview, et que si vous aimez le hxc dur, lourd et agressif, vous devriez écouter In love with the end Ÿ. N’hésitez pas à aller voir notre site www.bornfrompain.com , et comptez sur nous, on se verra sûrement prochainement. Merci à toi pour l’interview et take care.



Charlotte et take carez tous until you die !


Par : charlotte

le 24/12/2005



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