Billet d'humeur écrit par Denis sur Musik Industry

Billet d'humeur du 19/09/2006 par Denis


Dans un désir de vous éduquer bande de jeunes mécréants du net et autres adolescentes tout justes bonnes à envoyer leurs photos dénudées pour gagner notre concours débile, j’ai décidé de vous présenter la scène punk / DIY des Philippines. Oui je vois certains déjà rire, et pourquoi pas un exposé sur le guatemala hardcore ? (c’est comme le paris hardcore mais en plus pauvre et avec de vraies armes) Tout simplement car il m’est arrivé de discuter avec quelques groupes des philippines via myspouf et certains d’entre eux m’ont envoyé un long mail sur la situation de leur scène. Et aussi parce qu’en tapant philippines hardcore sur google image j’étais très souvent agréablement surpris du résultat. Bref, l’un dans l’autre on va commencer par présenter un peu le pays.

Blablablabla, il fait beau, il fait humide, les filles sont fines et politiquement c’est le bordel (là bas la corruption est la ‘hype attitude’ : des présidents incompétents et corrompus bénéficièrent d’un soutien considérable des Etats-UnisŸ [david camroux, 10 ans d’instabilité]). 85 millions d’habitants environ, une femme présidente : Gloria Macapagal Arroyo. Quelques dates clefs : premières élections législatives (mais complètement élitistes) en 1907, indépendance du pays en 1946 (ancienne colonie des USA, mais ce n’est qu’en 2000 que les bases militaires US furent définitivement fermées), 80% des philippins sont catholiques. Fin du Ctrl C – Ctrl V depuis lemonde.fr

La scène Punk / DIY de ce pays n’est pas en reste. On compte en effet nombre de petits labels – distributeurs indépendants – fanzines – groupes. Faute d’avoir pu tous les écouter/lire etc mon récit va surtout consister en une petite présentation, loin d’être exhaustive et tout sauf complète. Je ne fais donc qu’un constat à l’instant T, principalement sur la ville de Pampanga (à 1h30 de la capitale) car c’est dans cette dernière que j’ai eu le plus de contacts Ÿ
Bien sûr pour la plupart des activistes là bas le problème majeur est l’argent. Faute de moyens plus conséquents les demo tape sont encore bien vivantes et les distro sont constituées pour la plupart de CDR (et non pas de digipack bande de ventres mous d’européens ni de double vinyles édition limitée). De même beaucoup de groupes font uniquement des reprises, ce qui explique que peu enregistrent un album (ça plus l’argent que coûte une telle chose).

La scène DIY est influencée pour beaucoup par le punk et parmi les noms de groupe qui reviennent le plus souvent on peut citer : the istukas over disneyland (punk), promise end (screamo), cross the line (punk mélodique avec un membre de promise end), chosen rejects (ils font principalement des reprises de rancid) ou encore spit end. Le manque de moyens se fait bien évidemment ressentir auprès des groupes. Ainsi, faute d’argent, the istukas over disneyland n’ont pu faire mixer/masteriser leur dernier CD 12 titres. De même Spit End n’ont sorti que 200 CD de leur dernière production. Toutefois cela n’empêche pas les ‘kids’ d’être toujours actifs. Ainsi existent des organisateurs comme Real McCoy mais cela semble de plus en plus difficile de mettre en place des shows à pampanga depuis la fermeture de la salle Nicolas Tinio Hall (la seule salle de la ville permettant, pour un petit prix, à des groupes de punk et de metal de jouer). Il semblerait toutefois que le public ne réponde pas souvent présent aux concerts. Ainsi certains shows sont repoussés parfois plusieurs fois, faute d’engouement. De même, pour faire face à la faible affluence (et donc pour être sûr de ne pas perdre trop d’argent), certains organisateurs demandent que les groupes participent financièrement à l’organisation du concert. Ainsi pour le festival SOL and Vivisick Philippines Tour 2005 10 $ de participation ont été demandés à chaque groupe. Il faut savoir que le salaire journalier minimum d’un philippin est de 4$70. Et enfin une petite distro présente aux concerts s’appelle Love from hate. On y trouve principalement des fanzines, des CDR et quelques CD originaux. Il est à noter que cette distro duplique elle-même les CD et photocopie les pochettes. Ainsi sur un même Cd ils mettent généralement plusieurs groupes afin de combler les 80 minutes du CDR. Ce dernier est ensuite vendu 1$. Cette distro coproduit aussi quelques albums de groupes comme ceux de the istukas over disneyland ou encore de Spit End. Son contact : infoi_notorious@yahoo.com.

Voici donc quelques noms de cette scène philippine. Promis, la prochaine fois je ferai un texte sur les films érotiques en malaysie.




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