Billet d'humeur du 14/03/2006 par jAck
Je contemple les débats de haut bien que les ailes de l’aéroplane semblent brisées.
Tandis que le débat sur le téléchargement et ses modalités divise nos chers représentants politiques tout en provoquant des réactions aussi diverses et variées que ma collection de chaussettes, je ne me sens que très vaguement concerné par ces incessants remous. Si vaguement que je me contente d’observer pantois l’ensemble de ces vaines gesticulations sans jamais me retrouver pleinement dans un avis exprimé. Une fois l’hypothèse selon laquelle ma lobotomie serait une éclatante réussite définitivement écartée, je me demande pourquoi tout ça me semble si lointain. Téléchargeant en effet de nombreux albums sur les plateformes virtuelles appropriées, je devrais me situer en 1 ère ligne des défenseurs du téléchargement libre, pourfendre les vils promoteurs d’un Internet aussi verrouillé que sécurisé Ÿ, haranguer les foules d’un discours vindicatif sur les méfaits du prix honteux d’un cd sur nos portefeuilles anorexiques, battre le fer tant qu’il est encore chaud car rien ne sert de courir, il faut partir à point comme le dit si bien la maxime de Brigitte Fontaine (ou bien est-ce Brigitte Lahaie ? je ne me souviens plus…).
Sauf que je m’en cogne. Un peu moins que la mort du pape, mais pas loin tout de même.
Et pourquoi donc tu t’en cognes le jeune ? D’une parce que s’en cogner Ÿ, c’est plus joli que s’en branler Ÿ. De deux parce que l’essentiel du débat est ailleurs pour un individu de mon espèce : tout ce que je vois, c’est d’un côté l’industrie de la musique affolée à cause de ces salauds de consommateurs qui d’un coup lui volent le pouvoir. De l’autre, des gens comme vous et moi qui, prétextant une bonne foi absolue et arguant une démarche de défense du consommateur (et donc d’eux-mêmes) balancent des argumentaires d’une incroyable hypocrisie pour justifier la teneur de leur disques durs. Je n’ai de sympathie pour aucun des deux camps. L’industrie de la musique est l’ennemie de la créativité, pas besoin de dessin, la musique qu’elle colle dans les oreilles de tous ceux qui ne se décarcassent pas un minimum afin de pouvoir apprécier une démarche artistique parle d’elle-même. Quant à ceux qui téléchargent illégalement, ils ont pour une large part oublié leur courage dans leurs vestiaires, il n’y a qu’à écouter le nombre de personnes mises en accusation plaidant l’ignorance…ah bon c’était illégal ? Non, pas du tout abruti, c’est jour de fête et t’auras même le droit d’aller au Paradis si t’es sage.
Pour ma part j’aime énormément la Musique, les Arts et les Lettres en général même si je suis loin d’être un expert dans tous les domaines, dans la mesure où je considère l’expression artistique comme l’un des stades ultimes de la civilisation. Alors que la technologie permette d’étendre sans fin sa culture et sa soif de découverte, je dis bravo ! Sans Internet, je ne connaîtrais pas le 1/10 ème de ce que je connais aujourd’hui, je n’aurais pas pu découvrir des pans entiers de la diversité musicale dont regorge notre planète et je n’aurais pas non plus pu acheter les albums de tous ces groupes dont je tombe chaque semaine amoureux. Car j’achète effectivement des albums. L’un n’empêche pas l’autre et c’est ce qu’on oublie trop souvent de dire. Certes ce n’est qu’une question d’éthique personnelle et c’est peut-être là le souci, c'est-à-dire que l’on présume sans doute un peu rapidement que la majorité des gens n’en disposent pas (je joue la condescendance mais je suis le premier à deviser sur la bêtise absolue des foules ! L’élitisme corrompu, y a que ça de vrai les amis…). Mais il ne semble pas non plus que l’industrie de la musique soit animée par une candeur confondante. Pascal Nègre is my hero ? C’est tout relatif…
C’est un peu pourquoi tout ce battage me passe au-dessus. Je me contente de grandir avec mes passions et d’aider comme je peux les groupes et les artistes qui m’apportent leur talent et leurs émotions pour continuer à rêver béatement d’un monde meilleur, à demeurer animé par tout ce qui déborde les raisonnements rationnels. La culture n’est pas une marchandise, c’est tout.
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