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Ammerika
Réalisé par : Cherien Dabis
Année : 2009
Pays : Canada, USA, Koweit
Genre : drame
Si vous aimez : Pureté Volée d’Alan Ball
Plus belle la vie aux Etats-Unis ? La réalisatrice, notamment scénariste de la série L World , tente de peindre le déracinement de Mouna et de son fils, qui ont troqué le bled Palestinien pour une bourgade mal famée des Etats-Unis. On retrouve la famille expatriée, on a le mal du pays, on tente de s’intégrer tant bien que mal. Ca pleure, ça rit, et le spectateur est censé s’attacher et s’identifier à des personnages et des situations tout droit sortis d’un sitcom. La facilité des clichés peut se justifier par la large audience que vise une série populaire consacrée à la communauté lesbienne de Los Angeles. Mais c’est d’un long-métrage dont on parle ici. Et l’ambition du scénario ne se réfère en aucun cas à une légèreté et une naïveté déjà responsables d’un Liitle Miss Sunshine. Non. Le traitement d’un sujet si actuel et sensible (expatriation d’une famille immigrée) aurait mérité sensiblité et authenticité ou bien un second degré assumé pour dédramatiser la fragilité d’une telle histoire. Or, c’est avec une indifférence et une superficialité déconcertantes que la réalisatrice nous conte ce récit.
Mais d’où vient l’engouement tant critique( acclamé à la Sélection officielle de la 41ème Quinzaine des Réalisateurs à Cannes) que public autour de ce film, me direz vous ? D’une part, la critique a toujours voué une affection toute particulière (voire aveugle) à la production indie, pour le pire (Little Miss Sunshine, Juno, Sideways…) comme pour le meilleur (Old Joy, Les Berkman se séparent…). D’autre part, le spectateur se sent dans une position toute confortable face à ce film, ce sentiment léger et qui flatte l’ego : celui de se trouver du bon côté . En effet, comment ne pas sympathiser avec ce personnage de Mouna, femme au grand c¶ur, souriante et positive, mais qui s’attire tous les malheurs du monde et subit la cruauté de la vilaine société américaine ? Comment ne pas s’attacher à ce fils mal dans ses basques, victime du racisme environnant de cette vilaine société américaine ? Le manichéisme mal venu ne fait pas que décrédibiliser l’avancée du récit, il annule ainsi toute valeur de jugement ou positionnement critique face aux situations que traversent les personnages. Face à cette observation qui manque cruellement de profondeur et de nuances, je me penche sur la fiche de presse dans laquelle la réalisatrice nous parle du cinéma américain : Je me suis mise à observer la manière dont on y dépeignait les Arabes et j’en ai tiré deux constats navrants : soit nous étions absents des écrans, soit les films, surtout hollywoodiens, nous cantonnaient aux rôles de terroristes. Nous étions les méchants. Elle n’a pas forcément tort, mais aux vues de son dernier film, on a l’impression qu’elle s’est dit : ¦il pour ¶il, dent pour dent, maintenant ce sera vous les salauds ! . Il y avait quand même plus subtil pour renverser la vapeur…
Sébastien
www.amerrika-lefilm.com
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