Concert de The Dillinger Escape Plan + Poison The Well + Stolen Babies
27/03/2008
@ Paris / Elyzée Montmartre
…it’s gonna be a long night… Ÿ Tels furent les mots du guitariste de Poison The Well avant que je le quitte pour rejoindre la fosse parsemée d’énergumènes aux hormones agitées. Je me fraye une chemin à travers leurs tignasses (souvent moches il faut le dire) aux douces fragrances de transpiration et de houblon. Une triste conséquence de l’interdiction de fumer dans les lieux publics (constat d’un non fumeur). Bref, après un peu d’attente et ce sont les Stolen Babies qui ouvrent le bal. Alors voilà que je vois arriver sur scène 5 clowns fringués comme pas possible : l’un a (j’en mettrais ma main à couper) subtilisé la robe de chambre de sa grand mère gâteuse et arborait une coupe de cheveux à vous faire regretter la mulette de tonton Bernard. La chanteuse quant à elle, était certainement la progéniture occulte de Ronald Mac Donald et Yvette Horner. Je vous laisse imaginer l’horreur. Les trois autres représentaient les personnifications de tout ce que l’on peut détester dans le cirque et les cabarets, le ridicule en plus. Je ne serai pas moins impitoyable car musicalement, ils n’ont fait que confirmer mes a priori vestimentaires. C’était de la merde. Une sorte de Skardcore démembré et balbutiant des plans sans intérêt dans une démonstration tristement comique. C’est pourquoi on peut facilement parler de prestation négligeable.
Venons en aux choses sérieuses !
Poison The Well investi les lieux après des réglages rapides et balances la sauce avec une énergie qui ne laisse pas insensible. On a du gros son et le quintet semble hanté d’une fureur incroyable. Ils entament le set avec des titres forts de leurs précédents albums, ravissant les plus férus du style PTW. La voix du chanteur a ce même aspect interphone Ÿ que sur les versions studio, ce qui est un parti pris que je ne trouve pas forcément des plus originaux. Mais le groupe sait captiver la fosse qui, jusque là, n’était pas spécialement émue par la première partie. On constate d’ailleurs les premiers remous tant le groupe nous force à les imiter dans des gestuelles rythmées et rageuses. Je me délecte du très bon Letter Thing Ÿ dans lequel on retrouve ce passage au bottleneck qui sonne comme un manifeste hardcore en puissance. Le groupe nous joue ses meilleurs titres durant une durée plus que correct pour en profiter et c’est le changement de plateau pour les allumés de The Dillinger Escape Plan.
On pensait avoir tout vu, et pourtant ce n’était que le début.
Tout le barda se met en place et le groupe vient se positionner dans la pénombre et les cris hystériques de leurs fans. 3….2….1…Boom ! Ça démarre au quart de tour et en un rien de temps on se demande se qu’il se passe dans l’Elysée Montmartre ce soir, c’est complètement irréel. J’assiste à la représentation la plus barrée d’un groupe au paroxysme de l’instabilité et d’une technicité foudroyante. Sans compter les stroboscopes intégrés dans les faces d’amplis qui viennent renforcer le caractère épileptique de leur musique. Je constate alors avec étonnement que les sympathiques PTW sont passés pour des amuses gueules à coté de leur confrères survoltés à la limite du flippant. Les guitaristes ainsi que le chanteur grimpent sur les retours, sur les amplis de façade (même sur les amplis guitares) et parcourent le plateau comme s’ils désiraient être partout à la fois. Et cette folie apparente ne désemplit pas une seule seconde. C’est même un peu éreintant vers la fin il faut bien l’avouer. Ça n’arrête pas. Déjà que leur musique est compliquée à ingérer de part ses enchaînements se plans complexes, mais alors de les voir s’approprier tout l’espace de la salle c’est à vous transformer en loque. Je reste d’ailleurs convaincu que DEP s’écoute par petits bouts, rarement sur la longueur. On assiste à la fin de leur set à une crise de perte de contrôle de nos 5 intenables : Le chanteur grimpe à main nu jusqu’aux structures de fixation des lumières (ça fait haut) et s’accroche par les pieds, tête en bas sous les acclamations de la foule en délire ; un des guitaristes se balance à une échelle souple réservée aux techniciens pendant que son acolyte escalade une des poutres porteuse de la salle située 6 mètres devant la scène, guitare dans le dos. Le tout dans un désastre sonore de fin du monde signant la fin du concert.
Putain, The Dillinger Escape Plan, ça envoie du bois ! Mais c’est bon quand ça s’arrête…
Nico
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