Concert de Persistance Tour 2007
30/11/2007
@ Paris / La Cigale
Je sors du cinéma à 17h45 après avoir vu le très moyen Joyeuses Funérailles de Frank Oz. Je m’empresse d’appeler Denis parce que, primo c’est toujours un plaisir de lui parler, ça me donne l’impression d’être quelqu’un d’exceptionnel, et deusio parce que je ne sais plus où se déroule le concert ni à l’heure à laquelle il commence. À ma grande surprise, mon rédacteur en chef m’apprend que le mini festival a démarré à 17h00.
Je m’active car je dois repasser chez moi pour récupérer les flyers du concert de High on Fire et Pelican, qui lui ne commence pas à 17h00.
J’arrive à La Cigale, une très belle salle, vers 18h40, pour la fin de Sworn Enemy. J’ai loupé Ringworms (apparemment c’est pas grave) et Death Before Dishonor que j’avais déjà eu la chance de voir à Montpellier l’année dernière. De toute façon, je suis là pour Hatebreed, alors…
Sworn Enemy envoie le bois, comme d’habitude, et les trois morceaux auxquels j’assiste me font regretter d’être arriver si tard. Le bassiste me fait halluciner : il est tanké comme c’est pas permis. Tout le groupe est d’ailleurs assez gaillard, à l’exception du chanteur qui ressemble plus à un ours gentil. Une fois leur set terminé, je prends le temps d’observer un peu le public : que de testostérone ! C’est grandiose ! Pourquoi ne suis-je pas gay ? Cela aurait été l’endroit idéal pour draguer.
Plus sérieusement, ce concert m’a rappelé mon job de pion. J’ai eu l’impression d’être au lycée, entouré de tous ces ados (bon, y’a beaucoup de redoublants) qui paradent et font tout pour se faire remarquer, surtout dans leur manière de s’habiller, mais aussi dans leur attitude. C’était troublant.
Le groupe suivant, c’est Evergreen Terrace et c’est très mauvais. D’ailleurs, ils ont très peu de fans dans la salle. Il y a même un groupe de petit coreux de 20 ans qui se moquent d’eux sur le côté de la scène en faisant une sorte de KDS ridicule anti-groupe de merde (si j’ai bien compris). Malheureusement pour eux, cela les rend aussi pathétiques que les victimes de leurs farces. La soirée s’annonce longue, j’en viens à me demander pourquoi je suis venu… Ah oui, c’est vrai, pour voir Hatebreed.
Mais pourquoi au fait ? Non, parce que si on réfléchit deux secondes, ce groupe n’a pour seul intérêt de n’être subtil en aucun point. Bah, ça doit être ça, je vais écouter Hatebreed comme certains vont voir un film de Michael Bay, parce que j’ai envie de ne plus penser à rien, parce que des fois, plus c’est con, plus c’est bon. Ça va être drôlement bon.
C’est au moment où je retrouve le moral que ce produit la chose la plus inattendue de la soirée : quelqu’un vient me parler… Et pas n’importe qui puisqu’il s’agit de mon vieux pote Iwo, l’ancien chanteur de l’excellent groupe Sequoia (RIP). Alors ça, c’est un heureux hasard. Je me félicite de porter un t-shirt vert, au milieu de tout ce noir, puisque c’est ce qui a attiré l’¶il de mon ami. Les retrouvailles sont chaleureuses, et Iwo habitant sur Paris pour l’année, c’est l’assurance de plusieurs bonnes soirées à venir.
C’est le tour d’Ignite de monter sur scène. Si vous avez lu ma chronique de leur dernier album (en ligne ici), vous savez ce que je pense de ce groupe. Leur performance confirme mes doutes. C’est le concert le plus politiquement correct auquel je ne jamais assisté. C’en est gerbant. Le discours est le même que celui de Florent Pagny : en résumé, le mal, c’est mal. Le chanteur, Zoly, ne l’est pas vraiment, avec sa musculature de vigile. Iwo me raconte qu’il exige qu’il y ait une salle de musculation à proximité des lieux où ils se produisent. C’est fantastique ! Quel engagement ! Leur set est tellement racoleur dans son discours universel et pacifiste que même des noirs se mettent à slamer, eux jusqu’alors cachés (ndlr: précisons que le ton employé ici est bien dévidemment du second degré). Il ne manquait plus que des lesbiennes myopathes pour que le spectacle soit complet.
Heureusement, les prochains, ce sont Agnostic Front.
Que dire ?
Gotta, gotta, gotta go !
Enfin, Hatebreed arrive. Une petite intro avec la musique de Rocky, au cas où certains n’auraient pas compris ce qui va se passer, et Bang!, c’est parti pour 45 minutes de rage et de bon vieux clichés sur la famille, et les amis ! Il ne manque que le travailler plus pour gagner plus Ÿ. En même temps, sans être formulé de cette manière, l’idée de travail et d’enrichissement (culturel ? Vous êtes sûrs ?) est bien présente dans les textes. Je descends dans le pit, histoire de faire un peu de KDS, c'est-à-dire danser, puisque c’est ça qui me plaît dans cette musique (dans la musique). Oui, j’adore danser ! Même quand c’est en donnant des coups de poings dans le vide comme un con, ou en faisant semblant de ramasser des carottes pour les mettre dans un panier imaginaire. Malheureusement pour moi, cela va être quasiment impossible ce soir.
C’est n‘importe quoi, plus personne ne respecte rien, même pas le principe du mosh-part, moment d’un morceau où l’on peut allégrement s’adonner à cette danse barbare. C’est le chaos, un pogo sans fin et complètement désordonné qui ne laisse à personne la possibilité de s’exprimer. Je suis très déçu, et même très énervé, au point de me faire une place en poussant tout le monde en avant, ce qui me laisse quelques secondes pour deux trois coups et moulinets et un coup de pied bien placé dans la gueule d’un gars qui me gonflait grave.
Au final, à la fin du concert, c'est-à-dire à 23h00 (wouh, ouh, rock ‘n roll !), je suis content d’avoir retrouvé Iwo et j’ai eu ce pourquoi j’étais venu, le KDS en moins, mais je peux difficilement dire que je me suis amusé. Cette musique ne me parle plus et ne me fait plus vibrer comme avant. J’ai changé, c’est sûr, reste à savoir en quoi. Mais j’ai ma petite idée là-dessus…
PS : Si vous pensez que je suis un vieux con aigri, allez lire le report du concert de Jésu.
Alex
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