Concert de Dream Theater + guests
05/10/2007
@ paris / le zénith
J’arrive pile poil à l’heure au Zénith et je vais m’installer au milieu d’une foule qui se densifie petit à petit. C’est donc Symphony X qui ouvre en jouant un set d’une grosse demie heure, et découvrant ce groupe pour la première fois, je constate qu’ils ont un très bon chanteur dans le registre lyrique. Pour le reste je suis resté un peu hermétique à leur musique trop formatée style mélancoliekitchàdeuxballessurrythmestéléphonéspourgothopoufsurmaquilléeenmaldevivreetsansaucuneculturemusicale Ÿ. Mais ça n’engage que moi.
Changement de plateau pour Dream Theater. On peut désormais apercevoir un feu de circulation au dessus de la scène qui indique le rouge, et quand tout est près, le drap noir tombe et dévoile la scène avec un panneau de circulation au logo de DT ainsi qu’un luminaire fictif qui (je m’en rendrai compte plus tard durant le concert) est une caméra perchée pointée sur le set de batterie. Le tout rappelant l’artwork de Systematic Chaos.
Le groupe s’installe, tandis que le feu passe au orange, et débute alors avec l’ouverture de Ainsi parlait Zarathoustra Ÿ de Richard Strauss façon métal progressif qui évoque immanquablement 2001 l’Odyssée de l’Espace et cette célèbre scène du primate martelant un squelette de bovidé à l’aide d’un os. Comment ne pas faire la relation avec Mike Portnoy que l’on aperçoit en train de martyriser ses cymbales avec une gestuelle analogue ? D’autant plus que la testostérone semble avoir fait son ¶uvre sur chacun des membres du groupe, désormais plus poilus, mais pas moins élégant pour autant… Enfin, ça n’engage que moi.
Après cette merveilleuse introduction le feu passe au vert, et comme souvent, c’est le premier morceau de leur dernier album qui entame le set, In The Presence of my Enemies Pt. 1 Ÿ où les 4 musiciens virtuoses démontrent leur savoir-faire à la propreté difficilement égalable. Entre ensuite James Labrie quand vient le moment de chanter, et lui aussi s’est laissé pousser le bouc, quelle classe ! De façon logique, ils enchaînent avec la partie n° 2 du même titre qui clôture Systematic Chaos. C’est terriblement bien exécuté, le touché de Petrucci est étonnement aussi bon que sur les versions studio et le son est presque parfait (oui on est malgré tout au Zénith même si les ingé son ont bien bossé). Comme d’habitude, les musiciens connaissent les morceaux ainsi que leurs instruments sur le bout des doigts et jouent avec une perfection délectable. La fin du morceau puis James prend la parole : Bonsoir Paris ! Ÿ La foule en délire crie positivement Est-ce que ça fffuuucking VA ?! Ÿ Quel sacré marrant ce James. C’est évident que ça va fucking bien ! Et on repart avec Strange Déjà Vu Ÿ. C’est que du bon, je retrouve des frissons de plaisir et ma tête se met à suivre le tempo dans un léger headbang imperceptible. On aura eu droit aux extravagances de Jordan Rudess qui devait certainement en avoir marre de tourner en rond autour de ses claviers sur support rotatifs et qui nous présenta un solo sur Keytar sans fil pour introduire Surrounded Ÿ et pour harmoniser le solo de Petrucci juste à ses côtés ! Bien qu’original, son clavier portatif était un peu kitch…mais bien entendu cela n’engage que moi.
Le groupe nous ressort d’anciens classiques, les vieux fans se retrouvent et les moins vieux lèvent les mains en pointant un h Ÿ tiré de l’alphabet dactylologique, sûrement pour signifier Hencore Ÿ ou bien Hexcellent Ÿ…je ne sais pas. Toujours est-il que les 5 virtuoses nous donnent aussi à écouter pas mal de titres de leur toute dernière progéniture musicale.
Après un Take the Time Ÿ plein de nostalgie, le groupe se retire, la lumière meure et la foule hurle au rappel. Le feu passe au rouge, l’ambiance est électrique et on voit Rudess revenir à ses claviers pour installer l’atmosphère de Trial of Tears Ÿ. Le feu revient au orange puis au vert alors que le groupe est de nouveau au complet sur scène. Durant le refrain, James s’accorde une modification : It’s raining, it’s raining, on that street of …Paris… Ÿ et les fans lui renvoient une vague de reconnaissance servile en brandissant leurs mains hystériques. Puis c’est une transition vers le refrain de Once Last Time Ÿ (on a le droit à un sympathique medley apparemment), puis New Millenium Ÿ, In The Name of God Ÿ et enfin l’outro de l’excellentissime Octavarium Ÿ pour terminer ce show en beauté épique digne des plus grandes bandes originales.
Rien à dire c’était du grand show comme on les aime, le chanteur a été bon même s’il abuse toujours des vibratos, John Myung aussi discret soit-il était bien présent à travers sa basse 6 cordes, et Portnoy n’a pas gaspillé trop de baguettes en les jetant sans les rattraper correctement. Un très bon concert au final, carré et généreux (un peu comme du rouy sur du bon pain…), des musiciens qui n’ont pas peur des poils, et qui offrent une prestation tout simplement parfaite, c’est une vraie intraveineuse de progressif au paroxysme d’un métal apothéotique. Mais là encore, ça n’engage que moi.
nico
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