Festival de dour
12/07/2007
@ Dour / Open Air
DOUR FESTIVAL les 12,13,14 et 15 juillet 2007
Des mois que j'attendais ça! Des mois que j'allais régulièrement sur le site internet du festival pour suivre de près l'évolution de la programmation. Cette année encore s'annonçait radieuse et fournie en évènements. Pour la première fois de son histoire, le festival a ouvert ses portes sold out. Huit jours qu'il était complet et 15000 personnes dans l'impossibilité de se procurer ce saint graal qu'est le pass 4 jours. Pour ceux qui n'ont jamais eu la chance de vivre cette manifestation, le festival de Dour c'est : quatre jours de fête, plus de 220 groupes et dj's venus de toute la planète, 6 scènes, 36000 personnes par jour, un camping de 2 km de long où règne la folie, des litres et des litres de bière, des pitas géantes, des millions de frites sauce andalouse, des filles en bikini, de l'euphorie, de la fatigue, de nombreuses rencontres avec des gens venus de toute l'Europe, et cette année, de la pluie, du soleil, de la boue et de la poussière.
JEUDI 12
Me voilà donc rendu sur le site après 500 bornes et quelques galères à l'entrée du festival. Bon il pleut pas c'est cool et le sol est juste un peu mou. J'arrive à point pour le concert des Skatalites et de leurs chansons légendaires qui n'ont pas manqué de coller un sourire sur la face de chacun. Petit tour du coté des Guitar Wolf, excellent groupe de rock'n'roll japonais, en attendant le concert de Bonobo. Le show de Bonobo fut d'ailleurs excellent, un condensé de jazz, soul et électro, le public apprécie, c'est une bonne façon de se mettre dans le bain ce jeudi.
Mais hophophop je ne traine pas et me barre avant la fin car les mythiques Wu-Tang Clan investissent la Last Arena, une des deux énormes scènes du festival. Bon pour les photos de presse on repassera, un morceau et demi et tout le monde dehors! Qu'importe, malgré l'absence de Methodman, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à voir ces légendes vivantes.
Quelques bières plus tard, The Cinematic Orchestra entrent sur la Dance Hall avec la même formation que Bonobo (contrebasse, cuivres, chanteuse etc...) pour un show du même niveau mais encore plus jazzy.
Il est 2h30...qu'est ce que je pourrai bien aller voir...ah, un message sur mon phone, Andy C est en train de jouer! Andy C est un tueur de la drum&bass et l'an dernier son passage m'avait bluffé. Ni une ni deux me voilà parti dans les lasers, dans un chapiteau survolté.
Il est bientôt 4h00, il vaudrait mieux aller se coucher car cette première journée n'était qu'un apéritif comparé à la suite, et il fait bon être un minimum en forme à Dour.
VENDREDI 13
8h30. Putain pourquoi je me réveille aussi tôt! J'ai froid, je tousse comme un mort, je peux plus respirer mais bordel j'ai quand même pas autant abusé hier soir! J'ai ouvert la tente et constaté qu'elle baignait depuis des heures dans la flotte, ce qui explique globalement mon état. Dès mes premiers pas dans le camping bénévole, je constate que la boue est partout, que je ne suis pas le seul à tousser et que la journée s'annonce rude. Mais on s'en fout, aujourd'hui est une journée qui compte plein de groupes de hardcore et de métal, je vais pas m'ennuyer.
Après de multiples galères pour rapprocher ma caisse du festival et un bon repas, il est 13h30 et me voilà face à Rise&Fall. Vu la claque qu'il m'ont foutu à Tours au Free Edge Fest, je m'attends à du lourd...que j'ai pris en pleine gueule! Ce groupe est tout simplement énorme et je ne comprends toujours pas comment à trois, ils arrivent à arracher autant.
Suit le concert de Sound Like Violence, qui comme son nom ne l'indique pas, est plutôt calme. Après Rise&Fall, bof... J'en profite pour rejoindre la buvette et regarder les festivaliers faire du ski de boue, ou s'éclater la gueule par terre, dans les belles flaques visqueuses.
Ouh putain! C'est Terror maintenant! Tu re-veux du gros hardcore dans ta gueule? Ca tombe bien, ces gars là ne savent faire que ça! Et une deuxième claque s'il vous plaît! Tout simplement le meilleur concert de Terror auquel j'ai assisté depuis le Fury Fest. Le public est dingue et eux sont visiblement très contents.
Un set plus métal ensuite avec Animosity que je ne connaissais pas, excellente découverte. Viens ensuite une drôle d'équipe que je n'avais jamais vu en vrai : Converge. Evidement, tout le monde est sur le qui vive et le concert fut pour ma part...surprenant!
Pas le temps de jeter une oreille à No Means No, Improvisator Dub ou The Rapture, car Sick of It All arrive sur scène, et je ne peux pas manquer ce qui sera surement pour moi le dernier concert de ces légendes du hardcore. Ils ont évidement enchainé les "tubes", et joué plein de morceaux du dernier album qui pour moi étaient les meilleurs.
Voilà, tout ce que je voulais voir aujourd'hui est passé. Je dégage de la Eastpack Core Stage, que j'ai squatté toute la journée et là, surprise! Le soleil et les 72000 pieds du public ont damé le sol et la boue est remplacée par une sorte de matelas géant et compact (et puant aussi). Le reste de la soirée n'est qu'errance et squat à travers le festival. J'ai quand même tenté d'aller vibrer sur High Tone mais le chapiteau était plein à craquer et vu la courte nuit dernière, la fatigue commence à m'envahir. Pfff... se coucher à 0H30 le vendredi du festival de Dour! Je n'aurais jamais cru que ça m'arriverais un jour et pourtant, la fatigue et la très mauvaise circulation du public sur le site ce soir là ont eu raison de moi.
SAMEDI 14
Réveillé par le soleil, j'ai dormi 6h00. Sachez qu'à Dour on appelle ça une grasse matinée! C'est donc remonté à bloc et en pleine forme que j'attaque ce samedi qui s'annonce comme LA journée du festival.
Mise en jambes avec le hardcore de The Setup, excellente découverte pour moi, idéal pour un réveil radical. Je quitte alors mon chapiteau fétiche pour me rendre à la gigantesque Last Arena ou Dirty Fonzy se préparent. Ca fait tout drôle de les voir jouer sur une scène aussi grosse! Sous le soleil qui commence à taper, un bon gros pogo se forme et tout le monde est content. Je serais bien resté jusqu'à la fin, mais un de mes groupes préférés s'apprete à jouer: Sworn Enemy.
Avant même le début du concert j'ai déjà le sourire! La nouvelle formation du groupe est terrible et nous afflige un métal hardcore surpuissant. Pour résumer: set list imparable, double pédale de malade, riffs de tueurs et circle pit gigantesques.
Je zappe ensuite la moitié de Final Fight pour m'abreuver encore et toujours avec les copains et les copines, puis vient 108. Il paraît que je ne pouvais pas rater ça, mais j'ai trouvé ça sympathique sans plus. J'ai largement préféré le métal de Length of Time, bande d'énervés à fond du début à la fin. J'ai aussi ri quand la petite fille du batteur est venue à quatre pattes muni d'un casque anti bruit tirer le pantalon de papa pendant que celui-ci envoyait du lourd à la double pédale!
Vient ensuite les très attendus Walls of Jericho qui, il faut bien le dire, ont tout défoncé, jouant les meilleurs morceaux de leurs trois disques. Personne n'a pu résister à leur puissance scénique et c'est avec un grand sourire que je quitte la Eastpack Stage pour me rendre à un concert beaucoup plus calme, celui de Nicole Willis & the Soul Investigators.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la soul des Finlandais m'a paru aussi puissante que le hardcore de Walls of Jericho entendu il y a quelques minutes seulement. J'avais vraiment l'impression d'avoir Aretha Franklin devant moi.
Un petit tour vers le concert réunissant les Young Gods et Dalëk, mais peu convainquant, je préfère me tourner vers le rock de Motorpsycho. La nuit tombe et je bouge voir Brujeria, les métalleux pseudo chicanos sous téquila qui nous ont bien éclaté les tympans. Détour inutile ensuite vers les très attendus belges de Girl in Hawai, ennuyeux au possible puis retour vers les Dropkick Murphys qui nous ont offert un concert vraiment très cool, bien meilleur que ce que j'ai pu voir de leur part auparavant. Direction ensuite vers le Peuple de l'Herbe qui me fait toujours autant triper en live. Le reste de la nuit, j'ai erré de scène électro en scène électro, j'ai écouté les très attendus Justice et toute la Ed Banger team, vu Vitalic et écouté de multiples dj's plus ou moins bons et célèbres. Tout ceci m'a tout de même emmené jusqu'au petit matin, au camping bénévole (bénévoles qui s'apprêtaient d'ailleurs à nettoyer ce foutoir dégueulasse qu'est Dour le matin), à boire des Jupiler à n'en plus finir, et à écouter d'excellentes blagues belges comme par exemple:
- "Tu sais me dire la différence entre un oignon et un djeumbé?"
- Moi complètement raide: "heu...nan...! "
- "Eh bien le djeumbé quand quelqu'un le coupe en deux y a personne qui pleure!"
Bon sur ce, il est 8H30, je vais tenter de retrouver ma tente.
DIMANCHE 15
Trois heures et demi plus tard me revoilà debout (enfin debout...) et mal en point. Vous vous doutez bien qu'après une journée pareille je n'étais plus bon à rien si ce n'est prendre quelques photos de Merzbow qui m'a refilé encore plus mal au crane, assister à un morceau à chier de Soprano (si, si!), à un mauvais concert de Keny Arkana (qui pourtant avait assuré au Printemps de Bourges), à voir des concerts de Dj Shadow, X Makeena, Percubaba ou bien encore New York Ska Jazz Ensemble (très bon d'ailleurs) et à filer au lit en vue d'un retour difficile dans mon pays.
Dour était une fois de plus Magique! Malgré des problèmes d'organisations jamais vu auparavant (circulation du public bien pourrie à cause des modifications des emplacement des scènes, artistes trop importants dans de petits chapiteaux, parkings payants à sortie définitive, toujours pas d'eau gratuite sur le site...), ce festival reste pour moi le meilleur. Toutes sortent de gens s'y côtoient dans la bonne humeur, les concerts bénéficient d'un son exceptionnel et la programmation est terrible. C'est un événement à vivre, unique en son genre de par son ouverture, son ambiance et sa diversité. Ne manquez surtout pas l'édition 2008, à l'occasion de laquelle les 20 ans du festival seront fêtés.
Seb
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