Concert de Madame de Montespan
07/02/2010
@ Paris / le Klub
Super souvent, je reproche à la vie de franchement mal répartir les qualités qu’elle attribue aux gens. On vit une époque dingue où on croise des gros, prétentieux, précoces, et sur le trottoir d’après, des riches, beaux, charismatiques, et qui doivent faire hyper bien l’amour. Et je vous parle même pas du fait que le gros soit un lâche, alors que le beau a versé 10 000 euros aux sinistrés d’Haïti.
Le mec qui gère ça se fout vraiment de notre gueule par moments. Ensuite on va se plaindre qu’y a des guerres. Pis aussi qu’on aie pas tous des sexes de la même taille, ça crée des tensions sociales fortes.
Le groupe Madame de Montespan fait partie de ces gens qu’on jalouse tous un peu secrètement. Ces gens que McDo ne fait pas grossir, que l’alcool ne parvient pas à faire bander mou, et que la renommée rend humble.
Car malgré leur diffusion sur France Info, leur passage dans 20Minutes, et leur tournée en Russie à la fin du mois, les quatre garçons aux visages d’anges sont restés accessibles. Leur chanteur nous livre : « Le physique aide, mais ne fait pas tout. Le succès ne vient pas comme ça. On a quand même acheté des robots pour notre myspace… ». Quant au guitariste, le rouge lui monte aux joues lorsqu’on lui demande s’il use de sa ressemblance avec Jude Law : « Disons que…ça me fait gagner du temps avec les filles… »
Les FILLES, thème récurent dans les paroles du groupe. Qu’il s’agisse de ruptures, ou d’idylles exotiques, le sujet est toujours évoqué avec sensibilité et dandysme : « Les femmes sont aussi des êtres humains. C’est pourquoi on les traite avec beaucoup de respect. » précise le bassiste, dont la vie semble dictée par le romantisme et la bienséance.
Après deux albums à succès, un split avec les russes de Medic ! Medic ! en préparation, des premières parties prestigieuses, on pourrait penser que le groupe est blasé. Mais non ! Les Madame ont su garder cette puérile innocence. A tel point que le batteur, dont le visage semble hésiter entre deux ethnies, affirme : « Après la Russie, on a prévu une tournée en Europe de l’Est, douze dates. On loue un van et un chauffeur polonais pour l’occasion. »
Mais assez discuté, les Korn français, comme on les appelle, ont un set à défendre. Cette date au Klub est leur dernière avant le départ pour Moscou, et l’impact de ce concert va bien au-delà de ce qu’on peut imaginer : « On va ressusciter le siècle des Lumières, au néon. »
Logiquement programmé en tête d’affiche, M2M est déjà au dessus du lot, alors que les guitares sont encore dans les flight-case. Dès les premiers accords, tout se confirme : les morceaux ne sont pas seulement joués, ils sont vécus. On ne comprend pas un foutu mot de ce que nous hurle le front-man, et pourtant on est frappé tellement tout prend du sens. Les larsens, les cris, la saturation, les avalanches de caisse claire. Tout est à vif. L’hémorragie musicale est à son paroxysme. Le public est statique, mais semble épuisé par l’affluence des émotions. Le groupe triomphe avec un final chaotique, c’est la consécration.
E.
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c'est vrai, ce serait plutôt les dry kill logic français non ? :D
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