Concert de Alice In Chains à Paris le 04/12/2009

Concert de Alice In Chains

04/12/2009

@ Paris / Bataclan


Il est 18h30 quand je me pointe au Bataclan, c'est-à-dire une heure avant celle du début du concert indiquée sur le billet. Une foule conséquente se presse déjà devant les portes de la salle, peut-être pour joindre l’utile à l’agréable, se tenir chaud en cette froide et humide soirée de décembre et tergiverser sur les aptitudes de Duvall à remplacer Layne. Duvall m’ayant déjà convaincu sur l’album, je ne souhaite qu’une chose : qu’il assure ce soir, sinon, c’est la lapidation publique.
C’est un Bataclan bondé comme rarement je l’ai vu. Une foule dense, compacte, de bonne humeur, principalement composée de trentenaire, se presse devant la scène. Scène pour le moins curieuse, car un drapeau français immense flotte au fond, sur un écran géant qui laisse présager le meilleur pour la suite (l’écran, pas le drapeau). Sans être anti patriotique, ce symbole national semble ne pas être à sa place ce soir, et l’on se demande ce qu’il vient foutre ici, et si ce n’est pas encore une nouvelle loi à la mort-moi-le-bout façon « lettre de Guy Moquet ». Passons sur ce détail.
20h passé, Alice In Chains arrive sur les planches.
A peine ont-ils montré leurs minois que je frissonne de plaisir. Le son tout d’abord. Même s’il n’est pas fort au niveau de la console (il dépassera péniblement les 100dB, à quelques rares occasions), est très très bon et précis. Apparemment, ça déchirait un peu plus les tympans devant la scène… La pochette du nouvel album apparaît sur l’écran et Alice In Chains ouvre le bal avec « Rain When I Die ».La foule, si elle ne peut slammer à sa guise pour cause de sécurité à l’américaine, est séduite et le montre au groupe de diverses manières (cris, chant, headbanging…). L’écran géant nous envoie des images de toute beauté, sombres, morbides, des animaux morts en plein processus de décomposition, des extraits de clips, des boucles vidéo, des inserts avec des plans du public ou des musiciens, principalement du noir et blanc… Duvall s’en sort à merveille, et le répertoire exceptionnel que le groupe nous propose n’est pas des plus aisés à chanter… pour preuve, après « Rain When I Die », suivent un « Them Bones » efficace, un « Dam The River » dément, un « Again » ou un « lesson learned » planants.
Duvall n’est pas Layne, c’est un fait, mais il ne semble pas vouloir l’être, et c’est là tout le talent du Monsieur. Il donne un côté positif au groupe, il sourît, il bouge, il occupe la scène, et c’est un Alice In Chains apaisé en quelques sortes qu’il nous est donné d’apprécier. Un Cantrell touché par la grâce, et un Kinney et un Inez aux anges, donnant toutefois un côté bien plus lourd aux titres, ralentissant les morceaux, Kinney retardant ses coups, perso, j’adhère et j’en redemande.
Le show continue avec « Check My Brain », et, arrivé au milieu du concert, le groupe entame le titre qui sera pour moi le point d’orgue du concert : « Love, Hate, Love ». C’est superbe, magnifique. J’ai lu par ci par là que Duvall « s’en sortait bien » (je cite). Je n’utiliserais pas ces termes non appropriés. Duvall chante divinement bien, ce titre doit être le plus difficile du répertoire, et de le voir balancer ça avec une aisance déconcertante et une justesse parfaite force le public à l’admiration. D’ailleurs, dès la fin du premier couplet, ce dernier applaudit, conquit. Je me retourne pendant le titre et je vois des fans la larme à l’œil, j’en ai moi-même le menton tremblant, telle une ado devant un teen movie à l’eau de rose… Ca y est, Duvall est adopté. Encore une fois, s’il ne donne pas autant que Layne dans le sombre et le morbide, il joue ses propres cartes et ça lui va comme un gant. Les lumières pourpres (magnifiques pendant tout le concert) contrastent avec un écran géant en noir et blanc. Superbe.
Après ce moment magique, Alice In Chains décide de faire redescendre la pression et nous propose une partie acoustique des plus agréables, détendue. Ainsi, j’ai l’occasion d’apprécier un « Your Décision » cool et un « No Excuses » dans la même veine. Je ne sais plus sur quel titre apparaît une photo de Layne, les doigts en signe de paix, mais c’est un gros moment d’émotion… Mais je préfère Alice In Chains électrique, et j’attends le retour du gros son Cantrell, qui revient assez rapidement.
Ainsi, « We Die Young » déboule, le public est hystérique, suivent « Angry Chair » et un « Man In The Box » des plus efficaces, ce dernier concluant le concert avant rappel. Il est bon de noter que ce titre n’est pas non plus évident à chanter, et si vous faîtes une petite recherche sur You tube, vous verrez de quoi vous donner la gerbe. Pour ne citer qu’eux : Sebastian Bach, qu’il faut abattre absolument pour sa prestation live absolument calamiteuse sur ce titre, ou même un James Hetfield à bout de souffle, et à bout tout court, massacrant à loisir le morceau. Honte à eux, parenthèse faite.
Après une pause relativement courte, le groupe remonte sur scène, et nous propose trois des titres les plus beaux du répertoire : « Nutshell », et son solo superbe, « Would », et termine le show par « Rooster », un énorme « NO WAR » balancé sur l’écran. Le groupe quitte la scène doucement, salue le public, sert des mains, balance peau de caisse claire, baguettes, et médiators, et s’en va à la cool, comme il est venu.
Deux heures de musique parfaite, d’émotion, de souvenirs… Il m’a fallu attendre dix ans pour voir Alice in Chains en live. Sans Layne, soit, mais un (très) grand Alice In Chains.


Raf Beyond Driven



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  • Le 09-12-2009 à 02h04 par Jey
  • Super chronique ca donne envie... En parlant de cover d'AiC, j'ai en tête une reprise de would par Phil Anselmo qui, en mettant de coté l'aspect technique (ce n'est pas le Phil d'il y a quinze ans), m'a personnellement foutu sur le cul tant l'émotion est forte. C'est fait avec les tripes et c'est putain de bon.

    http://www.youtube.com/watch?v=-IJi7aQaySU

  • Le 09-12-2009 à 10h26 par Charlotte (charlottedesmedt@yahoo.com)
  • bonne chronique, tu as assez bien résumé ce concert d'Alice In Chains. DuVall s'en sort vraiment très bien, après avoir vu AIC deux fois cette année (cet été à Dublin en première partie de Metallica, puis ce soir), je lui donne complètement ma bénédiction. Bien sûr, il ne remplace pas Staley mais de tout façon, personne ne peut, mais il reste très pro et puis, zut, il jouait dans les années 80 dans un des premiers groupes de punk hardcore de la côte est : Neon Christ. Et ça, ce n'est pas à minimiser...
    La bise à tous!


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