Concert de Les Eurockéennes
02/07/2009
@ Belfort / Presqu'île du Malsaucy
Presque deux décennies, c'est la durée de ma courte vie. Ça fait à peine plus longtemps que les Eurockéennes existent et pourtant, honte à moi qui habite à une broutille du lieu des festivités, j'ai dû attendre la majorité pour mon dépucelage musical... la faute à des programmations molles du genoux les années précédentes, aux petits boulots estivaux et tout le tintouin. Peu importe, toujours est-il que 2009 est l'année de la découverte!
Pour cette 21ème édition, les grosses têtes d'affiche ne manquent pas mais une grande part du public d'habitués ou même nouvellement intéressés par l'événement semblaient ébranlés, en particulier sur les forums : la liste des groupes est longue mais truffée de pièges, de bouches-trous et les Eurockéennes semblent se métamorphoser en "Eurapéennes". Année de l'éclectisme, de l'envie de faire sold-out les trois jours aussi en étendant la prog à un public quasiment universel avec de l'Electro (Yuksek, Birdy Nam Nam, Laurent Garnier, Vitalic), beaucoup de Rap/Hip-Hop (Cypress Hill, Kool Shen, Kanye West) et son lot habituel de Rock/Metal. Tout le monde y trouve son compte, la preuve par la vente de tous les billets concernant le vendredi et le samedi. Donc, me voilà partit dans le récit de plus de trois jours d'aventure champêtre.
Le début du récit démarre précisément dans une voiture pourrit, où l'on est d'ailleurs entassés de manière grotesque entre nos tonnes de bagages. Alors, laissez moi vous glisser un premier conseil, vous qui, comme moi, ferez peut-être votre première fois en vous disant "ça y est, j'ai tout, on peut y aller" : n'oubliez pas la crème solaire! Protégez-vous dans tous les sens du terme en n'excluant pas les rayons de cette putain de gommette jaune qui vous pénètrent à chaque instant.
Oui, on crame, mais arrive à proximité du lieu tant attendu alors qu'aucune signalisation ne nous aide dans notre quête, on est pommé alors qu'on habite à quelques dizaines de kilomètres du lieu seulement, ce qui m'amène au deuxième conseil : prenez votre GPS avec vous! Finalement, une gentille riveraine d'un village alentour rencontré et nous voilà bien aiguillé pour finalement arriver au mythique parking du festival. Gros parking à même un champ, cadre naturel incroyable entre monts et forêts : le rêve. Malheureusement, le lieu de campement et le parking sont bien éloignés, ceux venant de loin qui ont subit la chaleur durant plusieurs heures doivent continuer à souffrir mais en trimballant plusieurs kilos d'affaires sur leur dos pendant presque une dizaine de minutes. Arrivé sur le terrain d'aviation, le matériel est enfin posé à un emplacement libre et là, la magie commence : les voisins de parcelle aiment faire la fête, et ils sont presque 10 000 dans le même cas, dont certains déjà bien attaqués par le liquide et le cagnard.
Jeudi 2 juillet :
Vitalic, Danton Eeprom et Shonky font tour-à-tour un DJ Set sous le chapiteau au coeur du camping, de quoi bien commencer le séjour malgré le fait que le public présent ne soit pas du genre à squatter les plages d'Ibiza. Vitalic, dernier à se montrer n'est resté qu'une petite demi-heure, laissant tous les fêtards sur leur faim, ceux-là vont en profiter pour sortir les crocs et faire une nuit blanche de fiesta ininterrompus. Certains tiendront d'ailleurs les trois jours en ne dormant qu'une demi-dizaine d'heures. Vitalic a certes déçu avec son manque de charisme et son peu de contact avec le public, mais le fait qu'il soit partit comme un voleur n'a pas empêché une grande partie des campeurs de commettre une grave erreur : ne pas dormir la première nuit. D'où le conseil suivant : dormez quand même un minimum chaque nuit, c'est essentiel pour apprécier le séjour.
Vendredi 3 juillet :
Du lourd aujourd'hui, à l'heure où certains sont salement terrassés par une quelconque cuite ou autre, d'autres sont aptes à vivre leur première dizaine d'heure de concert sur l'île. En arrivant au lieu de fouille des vigiles, soit l'entrée du lieu des festivités, on peut voir une pancarte : file prioritaire réservée aux porteurs de Converse... vous savez, ces chaussures qui se vendent mieux qu'un hot-dog au stade de France. Pratique douteuse accompagnée d'un "Converse bus" au milieu de la presqu'île mais on s'en fou, on n'est pas là pour ça. Première impression en arrivant sur le site situé tout-de-même à quelques kilomètres du camping : c'est magnifique, on a l'impression de passer dans un monde alternatif, le lac du Malsaucy est un lieu unique en France.
Il est temps d'aller voir The Feeling Of Love pour le goûter. Et puis finalement non, c'est bien trop chiant. Tout aussi chiant, Emiliana Torrini, allons visiter le site plutôt. Quatre scènes : la grande scène qui accueil les têtes d'affiche au lieu le plus en hauteur de la presqu'île, le chapiteau qui est une infrastructure au centre même du lieu, la plage où en général les groupes des repérages se produisent et enfin, la loggia, où jouent des groupes populaires mais n'ayant pas un réel succès commercial. Presque 18h00, Les Wampas commencent, sur la grande scène alors que Dananananaykroyd qui devait passer presque en même temps est reporté à bien plus tard. Je dois avouer avoir appréhender ce groupe qui me fait frissonner de dégoût en version enregistré. En live ce n'est pas mieux, l'ingé son a poussé la voix à fond, les textes sont cuculs et ces croûtons ont beau être super sympa, dans le Rock on devrait aussi imposer un âge de retraite. Direction Oxmo Puccino sous un soleil de plomb. Ce rappeur a perdu la folie de ses débuts pour un concert plein d'émotions, de tendresse, de réflexion : la première claque du séjour n'est pas Rock. Il est temps d'enchaîner sur Ghinzu, prestation molle, ils ont pas l'air motivés dis-donc! Pourtant, être programmé aux Eurocks' sur la grande scène, ce n'est pas rien mais bon, peut-être que la deuxième fois c'est moins bandant. Viens leur single "Do You Read Me", ça devient intéressant mais survient alors une panne de courant relativement longue, le genre de truc qui motive à aller voir ce qu'il se passe du côté des Yeah Yeah Yeahs qui ont été excellents, le dernier album, bien que peu concluant possède de bons attraits interprétés sur scène. Bien sûr, lorsque des hits comme "Gold Lion" ou "Maps" retentissent, c'est l'euphorie générale, surtout que Karen O est une véritable petite boule d'énergie. Ha magique quoi! En passant devant Sefyu pour se rendre à Rolo Tomassi, on a le temps de déglutir ce qui est en vente sur place : tartes flambées, pizzas, pâtes, etc... il y en a pour tous les goûts et répartis sur tout le site, on peut se ressourcer partout ce qui est un véritable point fort puisque l'on peut savourer chaque concert entièrement tout en allant s'acheter de quoi remplir son bidon, et le tout servit très rapidement. Puis Rolo Tomassi démarre son show, c'est horrible, le son est indigeste au plus haut point et leur musique qui a absolument besoin d'être détaillée est une bouillie infecte et le volume était bien trop bas : la première grosse déception de la journée. Heureusement, Cypress Hill, venu remplacer NTM qui s'est désisté à cause d'un Joey Starr entre quatre murs, commence à jouer alors que Rolo Tomassi est encore en action. Et décidément, qu'est-ce qu'ils ont avec le son à Belfort? Ils sont sourds où quoi? DJ Muggs est complètement bouffé par les percussions, la voix est relativement bien gérée mais leurs morceaux si agréables en temps normal deviennent totalement inintéressants, si bien que j'ai préféré me concentrer sur un gaz irritant émis par une grenade qu'un joyeux luron aura choisit de faire péter pour faire fuir une centaine de personnes dans le public. Toute façon on est mieux au calme, huit heures de live, ça commence à épuiser, surtout quand il est dur de dormir. Sous le chapiteau, The Kills prévu à 23h10 est le premier groupe qui démarre en retard, avec plus d'une demi-heure s'il vous plaît! À deux, ils foutent le feu ces Bonnie and Clyde du Rock et on les excuse presque pour leur caprice de star. Le moment tant attendu arrive, la principale motivation de ma venue au fest : The Prodigy qui ne joue en même temps qu'aucun autre groupe, ce sera le seul de toute cette édition. Cela provoque alors une densité de publique qui ne sera pas égalée durant le reste des festivités. Ils commencent leur set, gros son bien préparé. Finalement, on se rend vite compte que ce sont des morceaux de leurs albums qui défilent derrière eux et sur lesquels ils débitent un paquet de borborygmes totalement superflux. Cinq morceaux parmi mes préférés m'ont suffit pour me dégoûter : les interludes sont inutilement longs et peu recherchés, le baratin entre les morceaux est tout aussi utile que de débattre sur l'intérêt du végétarisme et surtout, le fin du fin, de nouveaux beats sont posés sur des morceaux bien hard normalement tels que "Smack My Bitch Up" qui a été agrémenté d'une batterie synthétique des plus irritantes. Le public étant entassé, il est très dur de s'extirper de la foule qui est un raz-de-marée humain, provoquant quelques malaises par-ci, par-là. En définitive, un échec total que ce moment. Petit repos à la loggia avant The Bronx, combo totalement explosif de Los Angeles comme son nom de l'indique pas. Et là, c'est le clou de la soirée, son au poil, tous les gars sont en forme, ça joue longtemps, de très bons morceaux, pas de temps morts et le crâne chauve du leader survolté fume tellement l'effort déployé sur scène est important. Mais quel bonheur après une déception aussi cuisante!
Puis c'est au tour de Crookers de dévoiler son Électro pour clore la soirée. C'est bien frais et super agréable, permettant de se reposer avant la fête au camping.
Passer les 3h du matin, certains rentrent à pieds (les plus courageux) et d'autres en navettes prévues spécialement à cette effet (les plus patients). Puis la bamboula éclate durant la nuit sur un camping ou l'atmosphère est tout-à-fait enclin à faire n'importe quoi des heures durant.
Samedi 4 juillet :
Dur de se lever après avoir à peine somnolé dans une tente où la chaleur monte à 30° dès 10h du matin, et on est tous logés à la même enseigne : aucune zone d'ombre sur tout le terrain. Premiers coups de soleils, première envie de faire un tour aux sanitaires pour faire du dur et se doucher. Et à ce moment précis, LE gros problème du séjour se pose : l'état des toilettes individuels est tout simplement impraticable à moins de vouloir chopper de nouvelles maladies rares, idem pour les douches avec par exemple, un tampon fortement usagé dans sa bonde accompagné d'une touffe de cheveux pour la boucher. Une bonne moitié était inondée et inopérationnelle, l'autre était juste très sale. Passé cet épisode, on est partit pour la deuxième journée de concerts.
De retour sur la presqu'île, pas la peine de se presser pour les premiers groupes. De toute façon c'est toujours chiant les groupes qui ouvrent, surtout quand c'est une gonzesse qui fait mumuse sur sa guitare acoustique, d'ailleurs il y en a pas mal cette année. On démarre donc l'épopée musicale à 17h avec The Answer, remplaçant de Airbourne, et presque aussi proche d'AC/DC en un poil plus énervé. Très bonne prestation, ils se prennent pas au sérieux malgré des morceaux d'une qualité irréprochable. Peu de monde à l'ouverture de la grande scène mais une très bonne prestation énergique pour commencer avec un son au poil. Leur set prend fin et l'on a ensuite le choix entre de la variété avec Peter Bjorn And John sous le chapiteau et de la soupe ultra niaise à la loggia avec Solange la Frange. Un tour chez madame qui possède de très bons arrangements Électro mais des textes et une voix à en faire crier toutes les groupies de 12 ans qui s'étaient rassemblées avec leurs vêtements multicolores à pois. Il est temps de quitter Solange, deux morceaux c'est déjà trop avec un public aussi détestable. Le duo présent sous le chapiteau me laissera un souvenir quasiment inexistant, ce qui me fera penser que c'était très chiant. En route pour The Asteroids Galaxy Tour alors que la diarrhée commence à gagner du terrain. Leur concert n'aidant pas à me distraire et à oublier mes contractions intestinales, cela me paraît encore plus énervant qu'à l'ordinaire : la chanteuse sur-joue un personnage de hippie sexy à la voix fluette. Sans elle, sa aurait pu être sympa et la dégaine du bassiste est assez remarquable pour que l'on s'attarde plutôt sur lui que sur la leader. On parvient à rester jusqu'à la fin, tout de même pour rejoindre les rangs de Tricky dont les longs morceaux de Trip Hop sont intéressants mais monotones et éprouvants pour quelqu'un ne connaissant pas ses albums car c'est une musique trop profonde, trop originale pour que l'on puisse accrocher sans connaître. C'est long mais l'on parvient tout de même à la fin du concert qui aura duré un peu plus de temps que prévu. Il me faut trouver des toilettes sur le site, j'ai la taupe au guichet. Cela m'amène à vous mettre en garde de la difficulté à trouver, non seulement des toilettes où il n'y a pas 30 minutes de queue mais ensuite et surtout du papier hygiénique pour finir le travail. Je fais donc le tour du site, angoissé à l'idée de continuer la soirée avec un caleçon bicolore mais trouve finalement le bon endroit : les toilettes côté féminin à deux pas du concert de Olivia Ruiz, quel bonheur, même pas besoin de pousser en l'entendant chanter! C'est donc accompagné de ses commentaires que je retrouve goût à la vie, chose paradoxale tant mon aversion pour elle est forte et son discours sur ses chaussures était désolant. Peu importe, il est temps de passer à la partie Rock/Metal de la soirée avec Torche, groupe de Floride qui commence à se faire une jolie réputation par chez nous. Le son est encore sous-estimé, le groupe est salement bon mais bridé par un manque certain de décibels. Leur set passe tellement vite pourtant et laisse place au groupe arménien qui est le seul à intervenir les 3 jours : Monotonix. Alors eux, leur principe est de jouer dans la foule, la batterie étant soulevée par le public, le chanteur étant constamment en train de slamer et de se mettre le micro aux fesses. Seul le guitariste reste perché sur scène et mène la danse. Ce groupe est extraordinaire, interagit à chaque instant avec le public en plus de jouer de très bons morceaux Rock très festif. Leur concert est un véritable délice : bonne humeur, pas de prise de tête, ils savent donner tout son sens au mot "fête". On passe ensuite à Kylesa, formation possédant deux batteurs ainsi qu'une chanteuse à la voix très masculine. Là, gros massacre, le son le plus décevant des Eurocks', insoutenable et le public s'en rend compte, il déserte à moitié. Leur Sludge Experimental n'est pas fait pour passer avec un son brouillon. On n'entend rien et allons même jusqu'à voir ce qui se passe du côté de chez Kanye West. Est-ce du playback? Vais-je lui lancer mon gobelet dessus? Ha non! Il est consigné! C'est une très bonne technique pour conserver le lieu propre et effectivement, ça marche : en plus d'une équipe de nettoyage super efficace et un relatif respect du public envers Malsaucy, diverses initiatives du festival telles que des gobelets consignés où l'échange de bouteilles vides contre des bouteilles de Coca sont mises en place. Bref, Kanye West ne mérite pas mon gobelet, celui-ci pouvant me rapporter 1€. L'attente est longue, il est tard, la fatigue dû au manque de sommeil cumulé se fait sentir depuis longtemps. Le rythme est dur à tenir, surtout qu'il reste plus de deux heures de concert mais c'est quand même Yuksek. Et effectivement, celui qui l'a loupé peut s'en vouloir, il est seul mais fait chauffer le chapiteau comme un groupe entier. Ce mec envoie sévère, les lights sont très bien agencées et son Electro pourrait faire vibrer un comateux tant c'est entraînant, bien enchaîné. Très fort, vraiment. Toujours dans le répertoire Electro, c'est l'heure du dernier groupe de la soirée : Birdy Nam Nam. Il est 2h et la fatigue s'insinue dans les muscles, dans le moral et semble dire que c'est vraiment l'heure pour dormir où prendre une drogue assez dur pour rester éveillé. La grande scène s'éveille en un coup, les quatre Djs investissent la scène, placés côte à côte, balançant leurs samples avec classe et avec un son très puissant. Jeux de lumière, ambiance, son, presque tout était parfait hormis le fait qu'ils n'ont pas joués beaucoup de morceaux du premier album, deux tout au plus. Le coup de pompe ultime s'abat à la fin du concert. Noyé dans la foule qui finit par se démanteler alors que le 2ème jour s'achève, on reprend nos esprits petit à petit, déboussolés par cette énorme dernière prestation et tout simplement par une autre sublime journée de concerts qui s'achève. Cette nuit au camping, c'est dodo!
Dimanche 5 juillet :
La peau tire et vire au rouge ce matin. Le beau temps nous a suivit tout le temps et aujourd'hui ça continue. Week-end de rêve. Le début de journée est le moment primordial, celui à utiliser pour se ressourcer et se reposer avant la dernière avalanche de son. Le ventre plein et la tête froide, on prend la dernière navette "aller" de l'année. Rendez-vous à la plage pour notre demi-heure de folie arménienne quotidienne. Encore mieux que la veille, Monotonix fout le feu mais cette fois à la plage. Que du bonheur. En route pour un remarquable duo qui se prend un peu plus au sérieux. Les Mexicains Rodrigo Y Gabriela n'ont chacun qu'une guitare électro-acoustique qu'ils utilisent à la fois comme instrument à corde et comme percussion. Ils sont d'une justesse rare et leur prouesse laisse sans voix. Leur musique s'apparente à du Flamenco mais est en vérité bien plus riche que cela, un moment hors du commun pour des Eurockéennes éclectiques. Il faut malheureusement écourter ce petit plaisir pour aller voir du côté des repérages : The Inspector Cluzo, duo français un peu taré faisant un mélange Rock Funk très groove. Guitariste comme batteur mènent leur barque avec brio tout en jouant les parfaits enfoirés avec le public : "Qui est bassiste? Bin vous servez à rien, vous êtes de la merde" ou "Arrêtez de faire des pogos jeunes cons, on n'aime pas ça!" et ceci pendant toute la durée de leur démonstration musicale. Cependant, celui qui n'aurait pas flairé le quatorzième degré dans leurs propos serait un sacré pisse-froid. Cette demi-heure était un bon moment de détente en musique, ils m'ont donnés envie de les revoir.
À Glasvegas, sieste puisque rien ne motivait à se concentrer sur la prestation. Puis arrive l'heure du monstre nippon, du déjà vu, mais justement, c'est quand on sait à quel point ils sont bons qu'on frétille d'impatience de les revoir. Pas de surprise, Gojira est à la hauteur de sa réputation, le dernier album passe décidément excessivement bien en live, il y a toujours "Backbone" pour agrémenter le set. La poussière de la fosse virevolte tant l'agitation est intense. Un sans faute une fois de plus. Encore sous le choc, on apprend que Mos Def, pour raison familiale ne peut venir assurer son show et est remplacé par Kool Shen, seul. J'ai que ça à faire de toute façon. Et finalement, ça va, je m'ennuie mais juste un peu, ce type est défoncé et raconte n'importe quoi entre les morceaux puis les paroles sont totalement clichés : "on nous a obligé à nous conduire comme des animaux, nique la police" et tout le tralala. Zut! Faut aussi voir comment sa débrouille Sliimy programmé à la plage, peut-être pour ne pas le dépayser de son bac-à-sable. Figurez-vous que c'est celui qui attire, et de loin, le plus de monde sur la scène en question de tout le festival. De toute façon, à quelques mètres va se produire Curtiss, concert exceptionnel puisqu'ils ne jouent presque jamais autrement. La scène SFR est un stand où se produisent les gagnants d'un concours sur le net et pour mon plus grand plaisir, mes chouchous de Curtiss y ont trouvés leur place... normal en même temps. Alors peut-être qu'on était qu'une quinzaine à les voir jouer, peut-être qu'un gland un peu saoul est venu gêner le groupe durant un morceau mais n'empêche que ce live est celui qui m'a le plus ému. Les nouveaux morceaux à paraître sont d'une beauté inimaginable, plus de synthé pour autant d'énergie qu'avant. Un régal du début à la fin. Bon, il est 20h30 et personnellement, la priorité est de répondre aux appels lancés par mon estomac, pas apercevoir la fin de Zone Libre ou de Phoenix. Le repos continue puisqu'après se produit Charlie Winston en même temps que Tinariwen. Gros passage à vide, je m'en fou, les pizzas sont bonnes. Un ami m'a parlé de Sleepy Sun, combo made in San Francisco faisant une sorte de vieux Rock Psychédélique pouvant être rapproché... à rien, si ce n'est que l'ambiance de The Brian Jonestown Massacre. En les voyant monter sur scène, ma première stupeur fut : "Mon Dieu, encore un groupe de hippie qui s'est perdu en France et qui va taper mollement sur des tambourins en dandinant du cul pour me faire chier, moi, personnellement, qui répudie au plus haut point cette attitude baba cool car souvent pas sincère du tout." J'étais dans le faux. Ce sont bien des sortes de hippies à la sauce moderne mais on ne peut se limiter à ce terme. Leur Rock est vraiment torturé, lent, prenant, très aéré et réfléchit à outrance. Leur passage à la Loggia est un délice, la présence féminine du groupe est sexy et arbore des attitudes très érotiques. Ils prennent leur temps, sont à l'aise et malgré le fait qu'entre les morceaux il se passe un certain temps et plutôt pas grand chose, on est comme enivré par les longs morceaux qui mettent dans un état secondaire le public tout entier. Ce dimanche est, décidément, le jour le plus émouvant des trois et sûrement mon préféré. Malheureusement, tout a une fin et les voilà en train de déserter. À quelques pas, Slipknot, dernier groupe qui m'intéresse. J'en suis passé par là, un de mes premiers album non gravé acheté plein pot : l'éponyme. C'était vraiment sympa, puis ça passe vraiment bien de temps en temps. Beaucoup de couillons y vont de bon train avec leur "Slipknot? C'est bien quand t'as quinze ans!". C'est ce genre de connard qui met l'image d'un groupe avant sa musique. Les autres idiots sont ceux qui suivent aveuglément le groupe avec t-shirts et bracelets anti-transpiration "Iowa", ceux là pourraient les voir faire un duo avec Lio qu'ils trouveraient la chose sublime. Reste que j'avais envie de les voir alors me voilà relativement loin de la scène, mais les écrans géants aident beaucoup, et tant pis pour les potes qui sont trop entêtés pour ne pas venir déguster le spectacle. Le concert va commencer, la grande scène est en condition optimale pour un bon concert : la chaleur est juste bonne, le public est espacé et chacun a donc largement assez de place headbanger où se livrer à d'autres fantaisies. L'introduction prend place, des halos de lumière balaient une scène inquiétante et la mieux décorée de toute l'édition 2009. L'attente est longue mais jouissive, les sons puissants et inquiétants de cette mise en bouche font monter l'adrénaline de manière phénoménale, on veut que ça pète! Les spots s'arrêtent sur la batterie : Jordison est là, stoïque, avec son costume de crucifié aux bras boisés. Bon, dis comme ça c'est nul mais ça donnait à mort visuellement. Deuxième braquage lumineux sur Corey Taylor, les écrans géants, même si décalé d'une seconde de retard (depuis le premier jour), nous permettent de tout déguster. Puis ça démarre, pour ma plus grande joie, la plupart des morceaux sont du premier et deuxième album : "Eyeless", "Spit It Out", "Wait And Bleed", "Surfacing" en rappel "People = Shit", sans oublier "Before I Forget", "Duality". Le show à l'américaine c'est quand même autre chose que tout ce qu'on a pu voir auparavant. C'est le premier concert où l'ambiance est si chaude, Corey est très cordial avec le public, lâchant une centaine de "Oh motherfuckin' french friends, you're fucking freak". J'en aurais bien bouffé une double plâtrée puisque je ne pense pas les revoir de sitôt. Il y a eu tout-au-plus deux morceaux du tout dernier album, pour mon plus grand bonheur. Hormis le son qui était constamment revisité par des ingénieurs du son réellement sourds, ce concert est un de plus qui fait de ce dernier jour un moment d'anthologie. En considérant les Eurockéennes comme finit, un dernier coup d'oeil est jeté du côté de Laurent Garnier puisqu'on m'a assuré que c'était pas aussi cluber que ça ce qu'il fait. Si, et je suis pas venu pour remuer mon cul comme en boîte de nuit. Cette aventure s'achève, une montagne de souvenirs dans la tête. La nostalgie au moment de monter la tente nous attrape au cou et nous fait penser qu'il ne reste plus que 365 jours avant la prochaine édition, en espérant que la programmation soit au moins aussi bonne que cette année et pas aussi pourrit que certaines années précédentes.
Le bilan est largement positif et je me demande qui a dit que les premières fois se passaient toujours mal? Entre découvertes et artistes que l'on crève d'envie de voir, les Eurockéennes sont un festival pas cher, dans un cadre unique et qui tape dans les goûts de tous. Sans être un week-end sans faiblesses, la faute à des sanitaires douteux et aux ingés sons qu'on devrait enfermer (en particulier pour la grande scène) ces trois jours de festivité sont une brèche dans la vie de tous les jours, des vacances au réel sens du terme. Que ceux qui bossent le vendredi demandent leur jour de congé et fassent les 3 jours, les Eurockéennes, ça se vit avec le camping et sur la durée, sinon ça ne se vit pas. Si le temps est bon, que la prog n'est pas trop pourrie et que vous aimez le camping, vous amuser, faire des rencontres, tentez un séjour à Belfort le premier week-end de juillet, c'est clair que vous ne le regretterez pas!
Ben
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