Concert de Villette sonique : Jesus Lizard + Sunn O))) + Mens Without Pants
27/05/2009
@ Paris / Grande halle de la villette
Villette sonique….c’est ce genre d’événements qui conforte le quidam dans l’idée que vivre à paris apporte parfois des satisfactions (en compensation des heures passées dans les transports en commun, de l’énorme proportion de connards à y supporter, de la sensation de se prendre unepomme de pain dans le cul quand il s’agit payer son loyer, etc, etc...)
Et même si la soirée commence par un constat alarmant…
Non je ne parle pas de la prestation de Mens without pants Ÿ, super projet composite de Dan the automator et Russel Simmins, batteur de john spencer blues explosion (on retrouve également le guitariste de mooney suzuki sur scène) enthousiastes mais brouillons, pas trop gâtés niveau son, il est vrai.
L’objet de la consternation générale est le nombre ridicule de personnel au bar…4 personnes pour un public de 2000, bordel !….se faire servir à boire sera un chemin de croix, et les serveurs auront sans doute le fond de culotte plutôt sale en fin de soirée….ça sera, heureusement le seul point noir notable.
…enfin au sens figuré, car au sens propre, deux ombres noires gagnent la scène ou est dressé un mur d’ampli impressionnant.
Quelques secondes plus tard un bruit sourd se fait entendre, les prêtres du drone sont à l’¶uvre…
De loin Sunn O))) attire le sarcasme, deux barbus pudiques qui se dissimulent derrière un épais nuage de fumée et des robes sombres, sans doute pour ne pas avoir à se justifier de caractère non musical et répétitif de leur ablutions sonores…d’ailleurs les deux tiers de l’assistance déguerpissent .
Auraient-ils fait un tour devant la scène qu’ils auraient sans doute tenu un tout autres discours, Sunn O))) est une expérience sensorielle et sonique déconcertante. Les protagonistes dispensent un ohm funeste qui fait vibrer des tripes au diaphragme, étourdit, plonge dans une ivresse étrange, où l’on commence à scruter son entourage avec méfiance.
Mais ce n’est pas la peur d’égorger mon voisin qui me pousse à quitter la fosse, mais bien celle de poser une plaque…les infrabasses sans doute…
Dès la fin du set, la salle de remplit à nouveau, levant mes derniers doutes, les gens sont bel et biens venus pour jésus Lizard.
Étrange tout ce monde pour un groupe qui, lorsque je le plaçais au milieu d’une conversation musicale m’attirait la plupart du temps des regards dubitatifs et hébétés, même auprès de connaisseurs…
Gamins anarcho- rastas, bourgeoises trentenaires, blancs, blacks (enfin...Deux ou trois, hein…) ….le public est éclectique. Réunion de puristes, curieux, ou simples opportunistes du retour de hype venus là pour dire j’y étais Ÿ ?
Ces considérations sont de toutes manières balayées quand le groupe entre en scène, avec un david yow manifestement très en forme.
Un brin ventripotent et dégarni, manifestement bourré comme un coing, il impose sa présence, direct, et plonge dans la fosse dès le premier morceau….. Iggy pop peut aller se rhabiller, Yow navigue sur la foule, chante (enfin...Beugle) sa partition peinard en se riant des ruades et des vagues de mains tendues cherchant à agripper un bout de légende.
Ses trois lieutenants assurent quoi qu’il arrive le steack, précis et tranchants comme un tacle de défenseur allemand… seasick, glamorous, numb, les tubes s’enchainent et je vis un rêve éveillé.
La sécurité ayant déclaré forfait, à mesure que le concert avance, de plus en plus d’aventureux montent sur scène, des plus vaillants aux plus vains, chacun essayant d’éveiller l’attention à sa manière, galipettes, saut de mains, danse lascives… ça en devient de la bouffonnerie… mais david yow semble tout à fait dans son élément, botte le cul de certains, déchire ses fringues à un, se montre tantôt indifférent, tantôt amusé, voire bienveillant, distribuant bouteilles de flotte, prêtant son micro…comme un vieil oncle pervers qui chahute avec ses neveux braillards, reluquant au passage d’un ¶il salace les formes des gamines qui s’approchent un peu trop près…
Un joyeux bordel qui tranche avec la musique sombre et malsaine du combo d’illinois, une noirceur qui engendre la liesse, un instant d’éternité qu’on partage avec des centaines de gens alors qu’on croyait être voué a ne le vivre que seul dans son coin, le son étouffé par les écouteurs d’un baladeur mp3…..bordel vivre à paris apporte réellement des satisfaction parfois !
JB
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