Festival de léz'arts scéniques
01/08/2008
@ Sélestat / Tanzmatten
C'est à coup de bouchons et sous un ciel incertain qu'on arrive enfin à Sélestat. Mais une fois à Sélestat, il faut encore trouver les Tanzmatten, lieu où se déroule le festival Léz'Arts Scéniques (8ème édition). Après avoir tourné quelques dizaines de fois dans cette ville si charmante à voir, on demande notre chemin à un passant qui sait directement nous aiguiller... rien ne vaut un passant qui connaît sa bourgade, ou un tom-tom lorsque t'es pommé quelques part.
On arrive enfin à se festival qui se déroule sur 3 jours et dont l'affiche compte de grosses pointures d'un peu partout, venus faire la fête en Alsace : HATEBREED, ENTOMBED, APOCALYPTICA, MAX ROMÉO et j'en passe.
On est donc vendredi 1 août, le parking est bondé mais l'accueil est efficace et permet à tout le monde de trouver place sur un petit parking placé juste à côté du camping. Bref, on a la patate et une putin d'envie d'ingurgiter le menu du jour, à savoir : BABY BRINGS BAD NEWS, MASS HYSTERIA, LOFOFORA, NASHVILLE PUSSY, HATEBREED et ENTOMBED donc une journée placée sous le signe de la violence conviviale.
Nous voilà dans l'enceinte du festival dont la thématique de cette année est le Japon et le bio... je vous cacherais pas que j'en ai rien à foutre mais fallait quand même le mentionner. Donc première impression : c'est très accueillant, on est entourés de stands, de gens, devant nous la salle de concert, à notre droite le bâtiment avec des expos, le cinéma, les WC et au-dessus de nous une couche de bleu azur qui vient achever de nous booster le morale.
Mais il est 16h00 et BABY BRINGS BAD NEWS a déjà commencé, groupe localement réputé, ces Alsaciens ont déjà une expérience certaine avec la scène et même si ils n'entretiennent pas vraiment de contact avec le public pendant leur prestation, leur performance et leur son optimal en on fait une formidable ouverture de festival, rien à dire, pas un pet de travers et hormis l'attitude, c'est un sens faute et étant donné que je les ai vus pas mal de fois, j'ai été agréablement surpris par leur gros son pourtant tellement détaillé et précis.
C'est l'heure de la pause, l'atmosphère est détendue et on décide d'aller voir ce qui se trame dans le bâtiment d'expo sur le Japon. Plutôt rachitique l'exposition! Une vingtaine de tableaux aux évocations du Nipon, un stand de t-shirts et puis basta.
Bon tan pis, j'étais pas venu pour ça toute façon mais ceux qui l'étaient ont été déçus.
Pile à l'heure, MASS HYSTERIA lance "Contraddiction" pour ouvrir le set, l'intro s'étend en longueur et fait monter la pression. Une fois le génialissime morceau achevé, on découvre un Mouss' super cordiale et en forme, tout comme le reste du groupe. Sa enchaîne les titres tels que "Furia", "Babylon", "Phénomènes", "Une Somme de Détails", "Aimable à Souhait", "Zion" ou encore "Respect To The Dance Floor", les incontournables quoi. MASS HYSTERIA m'a fait l'effet du concert de SIDILARSEN : les deux sont des groupes que j'affectionne peu sur galette, surtout à cause des deux derniers jets de chacun, mais en live, leur son Electro te retourne à 360 degrés, même les plus sectaires seraient conquis par une énergie aussi énorme dégagée par un groupe qui est en plus d'un positivisme hors pair, d'une sympathie écrasante. Les morceaux joués de "Une Somme de Détails" et de l'éponyme sont passés comme du petit lait alors qu'avant de les voir en live, je m'empressais d'en jauger la nullité. Le groupe invite aussi une partie du public à danser sur scène et à faire la biz à un Mouss' décidément des plus convivial.
Après une bonne série de pogos, de slams, de surprises, d'émotions à la française, y'a la pause avant LOFO. Direction les urinoirs car ma vessie va éclater. J'étais pressé d'aller pisser, résultat? Une queue infernale puisque pour le demi-millier de personnes présentes (au bas mot), il y a une deux pairs de chiottes : 2 pour les femmes (vu le temps qu'elles mettent je les plains) et deux pour les hommes, donc compter plus de 5 minutes l'accès au pissou, un des points faibles du festoche.
On en arrive à LOFOFORA, ce légendaire groupe français qui attire tant de foule et que je dois avouer ne jamais avoir vu avant ce jour. Alors la troupe à Reuno débarque, il pleut des titres à peine reconnaissables issus généralement de "Mémoires de Singes" que je n'apprécie franchement pas mais qui en live passe bien malgré un son pas au poil du tout : trop fort, saturé et non détaillé. Le seul morceau de "Dur Comme Fer", mon album fétiche est tout simplement pas convainquant, l'époque du LOFO aux riffs lourds et aériens est enterrée, il faut se contenter de leur nouvelle formule Punk, sympa mais pas aussi personnel. Enfin bref, à part "Psaume Cac 40" au riff de basse super bandant et un "Buvez Du Cul" qui clot leur prestation, rien de vraiment remarquable par rapport aux éloges qui leurs sont normalement faites : moins bonne des trois performances pour l'instant, comment en être certain? La foule paraît statique après MASS HYSTERIA...
De retour dehors, il fait nuit maintenant, le festival est réglé au poil, l'heure de début des concerts est toujours respecté et le temps de set des groupes aussi. Reste plus qu'à se trouver un truc à bouffer pour pas perdre connaissance pasque mine de rien, plus de trois heures de concerts sa creuse... et quand en plus il fait 40 degrés dans la salle, vous avez beau ne pas bouger, les calories sont vites éliminées. Donc on mange et s'aperçoit vite de l'efficacité des verres en plastique payant : presque personne n'"ommait" de les mettre à la poubelle pour r'avoir ses pépètes et les rares qui trainaient par terre sont ramassés par quelques personnes bienveillantes qui ont besoins de sous. L'initiative des gobelets payants à 1 euro - prix tout à fait abordable mais tout de même chiant pour un truc que t'as l'habitude d'exploser par millier entre les fesses les soirs de biture - est donc une très bonne idée écologique et qui pousse au respect du personnel d'entretien du lieu... chapeau. Par contre, au rayon des trucs à la con, je trouve mon ennemi le bio : tu veux un dessert? Très bien alors achète un muffin à la carrotte ou encore une glace faite avec 100% de soja! Garde les au frais et balance les en Afrique tes produits bio, quelle cucuterie j'te jure! C'est un détail, mais personne ne vient à un festival pour ingérer du bio alors qu'il a envie d'une simple glace avec un goût normal! En même temps se déroule un film japonais, mais on s'en tape... allons voir NASHVILLE PUSSY!
Alors la déjà, la salle est blindée comme jamais, dur d'aller devant! J'y parviens pourtant et essaye de prendre quelques photos mais un vigile qui jusque là faisait son travail correctement m'ordonne de bien vouloir voir ailleurs... pourquoi? D'un coup mon compact était trop petit et je ne serais plus venu de la part d'un webzine. Bravo mon coco... reste que NASHVILLE (USA) ça bute. Donc ne connaissant pas du tout le groupe et n'ayant pas les vidéos, je ne sais pas ce qu'ils ont joués mais autant dire que l'ambiance est là : entre les jets de sueur de la casquette du chanteur à la calvicie prononceé, la guitariste qui se met en soutif et leur jeu tout simplement explosif, logique qu'un si grand monde se presse de voir un phénomène pareil. Le concert se déroule à merveille, le chanteur joue avec le public et débite un sacré tas de connerie. L'ambiance et la musique furent ce que la poésie est à Gainsbourg : du provoquant plus que génial. NASHVILLE PUSSY, à voir absolument lorsqu'ils repasseront en France!
Et la, HATEBREED, le son est trop fort sans boule Quies et heureusement que la MGEL en distribuait gratuitement à l'entrée. Impossible de ne pas se laisser emporter sur leur Hardcore si intrusif. Trouvant le combo sympa sur Cd mais sans plus, je ne m'attendais pas à un tel monstre : tout est carré, leur convivialité et leur contact avec le public frise la perfection, une prestation bourrée d'énergie et de bonne humeur avec plus d'une heure et demi de show, y'avais de quoi combler les fans, les amateurs et les néophytes : chapeau bas au Hardcore made in USA.
Le gros morceau : ENTOMBED, originaire de Suède. Déjà bien défoncé par l'exploit d'HATEBREED, le groupe commence un set musclé et décidément placé au dessus de la barre légale des décibels. Le show est sympa, mais très vite deux questions me viennent : pourquoi le chanteur boîte t-il à ce point? Et pourquoi je commence à bien me faire chier? La réponse se situe dans la lourdeur du set, dans le fait que d'avoir mis ENTOMBED après environ 6 heures de live et surtout après HATEBREED n'était pas judicieux : il ne reste plus que la moitié du public présent au concert précédent et il n'est plus question de s'exciter, tout le monde commence à fléchir et le taux d'énervement dans la salle tombe bas pour un groupe de cette envergure. Dommage, c'était pas si mal et c'est pas tous les jours qu'ils passent en France. Le set terminé, le vendredi se finit sous les applaudissements et sous le signe d'une journée très appréciable.
Pour conclure, je dirais que, hormis le fait que je n'ai pas pu prendre de photos comme cela aurait du être le cas et quelques autres détails minimes, ce premier jour des Arts'Scéniques est plus que concluant : les groupes étaient de qualité, le son était au poil, le lieu est très agréable et super bien aménagé (sauf chiottes), l'atmosphère bon enfant était aussi au rendez-vous. Commencer le mois d'Août de la sorte était optimal, très bonne organisation, très bons concerts... mais rien l'an prochain.
ben
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