Concert de Jon Spencer Blues explosion + A.H. Kraken
28/08/2008
@ Paris / Point Ephémère
Rock en seine n’est pas une fatalité ce jeudi 28 août, il se passe toujours quelque chose à Paaaaaaaaaaaris…en l’occurrence un concert de dernière minute de Mr John spencer et ses blues explosion, un jour avant sa participation au festival cité plus haut.
22h30, masochisme ou volonté de faire comprendre a qu’il aurait oublié que le point éphémère est un lieu d’avant garde et d’expérimentation le programmateur inflige au public (déjà excédé de devoir se cogner une première partie pour un concert si tardif) le quatuor noise messin de AH Kraken.
Moi qui déteste les cérémonies solennelles l’idée de voir des trublions foutre le bordel et faire chier les invités me plait plutôt….
Premier morceau et nous voilà plongés dans le chaos : Ampli à fond, riffs dissonants sans l’ombre d’un accord orthodoxe, batterie primaire et spoken word ecorché, la musique de AH Kraken évoque la caresse d’un mur de crépis, et cultive une attitude entre provocation et mépris des réactions … je me marre devant les mines déconfites dans la foule, constatant à quel point de groupe est mal assorti à son suivant, tout en me délectant de la violence sonique qui parvient à mes oreilles.
Mais la frontière entre l’expérimentation et le n’importe quoi est mince…. aux deux tiers du concert le manque d’idée manifeste me fait pencher pour la seconde option. Les minutes passent et le groupe ressemble de plus en plus à une bande de camés aux psychotropes improvisant un ersatz de musique. Un foutoir tapageur dont surnagent péniblement les geignements amers d’un individu qui semble engueuler le public, le tenant surement pour responsable des multiples roustes qu’il s’est pris dans sa jeunesse et du fait que sa meuf s’est tirée avec un camionneur alcoolique.
Au final le public maltraité au même titre que les instruments est plutôt soulagé de voir les messins quitter la scène, et moi aussi en fait (les trublions on est content quand ils arrivent mais aussi quand ils se cassent…)
La grand messe va pouvoir débuter…. John spencer enfile ses bottes en backstage.
Quand il débarque le public frémit, tout de noir et de cuir vêtu avec un judas qui ressemble à jésus à ses cotés et une baraque à la batterie, il toise la salle….
Pim pam ! Les premiers accords retentissent et on sent déjà venir le set parfait. A grand coup de riff rock and roll imparable, de huh ! Ÿ et de yeah ! Ÿ scandés à tout bout de champ, chansons sauvages, directes, s’autorisant quelques structures alambiquées histoire de dire qu’il a quand même des idées le John, c’est pas un mouton et il n’a pas écouté qu’Elvis...
…Mais il suit bien sa ligne musicale. Intègre dans sa démarche, le John. Belle icône rock and roll faut dire. Le regard noir. Un vrai dur. Il te tabasse un bataillon de légionnaires armé de son seul peigne s’ils ont le malheur de l’asticoter un matin où il est mal luné. Quand il débarque dans un endroit il dégage tellement de testostérone que les filles ont un orgasme sur place. D’ailleurs paraît qu’il a une bite énorme. ….Et puis s’il prenait la place de ce pisseux de Bono en tant qu’ambassadeur de la paix ça filerait droit dans le monde bordel !
Bref tout le monde est content, John Spencer et ses potes domptent l’auditoire, assènent leurs tubes et offrent en rappel un long medley histoire d’en donner le plus possible à la foule….. Au sein de laquelle un gars s’impatiente. Pourquoi ? La faute à une overdose de huh ! Ÿ et de yeahs Ÿ associée à une douleur aux lombaires naissante et à un olibrius à coupe MC5 qui s’est placé juste devant son nez et obstrue copieusement son champ de vision. Un peu jaloux aussi le gars, à la vue de sa copine à coté de lui au bord de l’hystérie et prête à lancer son string sur scène...
Ce mec c’est moi … et quand le concert se termine ce n’est plus qu’un obstacle en moins sur le chemin qui mène à mon lit. Lit qui sera le portail vers un rêve où un John spencer en short et sandales scholl croisera le manche avec le guitariste de Nickelback sur des improvisations vocales de M.Pokora et où je pourrai copieusement me moquer de lui sans arrières pensées……
J.B.
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