Concert de Metallica + Gojira + Whitin Temptation
14/08/2008
@ Arras / La Grande Place
Pour commencer, il y a deux problèmes, le premier s'appelle Within Temptation qui n'a catégoriquement rien à foutre là et le second ... que le groupe qui n'a rien à foutre là joue ENTRE Gojira et Metallica.
Ce fut la plus grosse interrogation des gens, bien avant celle de la setlist de Metallica (si si!), comment un programmateur peut mettre ces 3 groupes dans sa représentation et surtout dans cet ordre ?
Avec le cachet de within tu peux au moins mettre 3 groupes de métal Français qui ramènent plus de monde. Je vous parle de ça car apparemment la ville n'a pas donné un centime pour aider à ériger ce projet, ce qui me paraît croyable au vue du prix de la place ... 80 euros ...
Enfin bref, passons à l'essentiel !
Arrivée 11h00 sur place, déjà quelques personnes présentes, quelques jeunes qui entament leurs packs de bière et leurs bouteilles de jack, quelques aïeux ressemblant aux gars de Manowar allongés dans l'herbe, le regard droit, un genou plus haut que l'autre ... toujours, quelques filles qui font tomber leurs hauts tant le temps s'y prête .... haaaa le Nord ... son soleil ... Dire que les concerts présents, Radiohead et Céline Dion, se sont déroulés sous les averses, Dieu a choisi son camp.
Ouverture des barrières aux alentours de 16h00, 17h20 : début des encouragements pour la venue de Gojira et 17h30, Mario, batteur du groupe fait son entrée sous les applaudissements mixés aux cris gutturaux des nombreux fans. S'en suit les 3 autres membres du groupe pour les premières notes de la soirée ... Et patatrac ... La règle du jamais 2 sans 3 Ÿ ... Troisième problème : Un son horrible pour les Landais. Je ne veux pas parler pour les 32000 personnes présentes ce soir là (selon la sécurité) mais en tout cas moi, étant à 10 mètres de la barrière de sécurité je n'ai entendu aucunes guitares électriques de tout le set, un surplus de grosse caisse, ça dégoulinait de Bass et la voix était sous mixée. Désarroi total. Ça devait sûrement être mieux au niveau de la régie, située au milieu de la grand' place, mais un concert ... c'est pour tout le monde.
Alors, je ne veux pas blâmer l'équipe technique de Gojira car les ayant vus 3 fois, c'était toujours impeccable, donc à mon avis c'est surtout le staff de Metallica qui a posé comme consigne de ne pas toucher aux réglages des diffusions sonores propre à eux et donc du coup ... pas forcément bons pour Gojira et l'autre groupe. Et oui ... Si un jour une première partie d'un groupe mythique est complètement inaudible ce sera sans doute les mêmes causes.
Je ne peux même pas vous dire par quoi le groupe a commencé ni si le prochain album (sortie en Octobre) promet d'être excellent au vue de l'exclusivité que le public a eu d'en entendre un morceau. C'est triste mais autour de moi et mes amis prônaient des mines insatisfaites, des regards un peu interrogateurs et une surtout une déception énorme tant ce rendez vous était attendu. Nos pionniers ont quand même assuré scéniquement, on voit que les nombreuses dates aux Etats-Unis et en Europe ont porté leurs fruits, ils occupent mieux l'espace disponible, paraissent plus complices. J'espère qu'au fond, la foule a eu un meilleur son.
Petite pause d'une heure, quelques gouttes de pluie tombent, sûrement l'effet Ride The Lightning Ÿ qui approche. Retentit un hymne épique, les prémices d'une heure qui va paraître très très longue ...
Within Temptation, emmené par la sublime brunette trouvez son nom Ÿ entrent sur scène sous un public scandant Me-ta-lli-ca !! Me-ta-llica !! Ÿ. Le groupe délivre un spectacle assez plat, un bassiste collé au montant de la batterie, deux guitaristes qui essayent de nous faire croire qu'ils sont en transe à répéter les mêmes accords pendant une heure, une chanteuse qui reprend les mimiques de Shakira; vous savez, la main qui s'envole vers le ciel tel un oiseau, un pianiste qui, lui, a du mal à jouer le mec dedans, faut dire qu'à un accord par mesure on s'emmerde grandement et un batteur qui m'a donné l'impression d'avoir compris que trop peu de gens étaient là pour eux. Entre les morceaux il regardait, presque inerte, le public, pas un rictus, pas un salut ... vite le prochain morceau et qu'on en finisse Ÿ.
Le son est un petit peu mieux que pour les prédécesseurs, à cela s'ajoute quand même la superbe tenue de la chanteuse qui happe pas mal les attentions! Sa prestation vocale est à saluer, pas une fausse note, parfait.
Comme prévu le public n'est pas vraiment là pour eux, des applaudissements timides, seulement quelques mains levées et aucun chant.
L'intrus de la soirée n'a pas réellement su créer la surprise, je les place cependant au dessus d' Evanescence mais en revanche, très en dessous de Nightwish, groupe auquel ils sont injustement comparés.
Entre-acte d'une heure et demi pour la venue des four horsemen Ÿ, le temps crépusculaire arrive peu à peu, laissant un plein soleil pour une pénombre maléfique, engorgée de cris venus des entrailles de la foule. Les minutes les plus longues du concert quand l'extase arrive, à 21h30 le fond sonore tombe en décrescendo, le silence se fait lourd, l'euphorie grandit dans la fosse et le brouhaha s'amplifie jusqu'à l'avènement de l'attente : la première arpège d exctasy of gold Ÿ, intro mythique sonnant le glas du début des hostilités. Le public reprend les mélodies de la chanson en ch¶ur et finit par un tonnerre d'applaudissements rompu par les 4 coups de charleston de Lars Ulrich annonciateur de creeping death Ÿ. Tous les bras sont levés, le concert est lancé sous les premiers riffs de James Hetfield et Kirk Hammet, renchéri par la posture, déjà charismatique, de Robert Trujilo sur le côté gauche. Je me retrouve très vite à 2, 3 mètres de ma position initiale, un coup devant, un coup derrière. Énorme.
Tout est parfait, le son, la voix de James Hetfield, qui a longtemps était un sujet sensible, est magnifique. Le pont tant attendu dans ce premier titre fait même surprendre James Hetfield qui, avec un sourire jusqu'aux oreilles, apprécie les Die ! Die ! Die! Die ! Ÿ repris par toute la foule, avant de reprendre les commandements et de finir la première chanson. Sans transition, Trujilo nous a concocté une petite introduction à la basse, seul pendant une minute, un parfum de for whom the bell tolls Ÿ se fait sentir et l'ode à la violence retentit par les coups de toms écrasant du Danois derrière les fûts. Le public ne se fatiguera pas ce soir, les longues heures debout sont vite oubliées, la décharge d'adrénaline apportée par James Hetfiel agît comme un anti-douleur sur les milliers de personnes venues ce soir chez les ch'tis.
La soirée continue avec Welcome home (sanitarium) Ÿ, memory remains Ÿ (qui sera la seule chanson jouée des 3 derniers albums) puis, sans répit, No remorse Ÿ, master of puppets Ÿ (En entière, avec le solo harmonisé parfaitement joué, ce qui a valu une petite larme à mon pote) !!, whiplash Ÿ.
La prestation est mélangée à une petite dose humoristique quand James Hetfield s'amuse avec les caméramans présents sur scène, l'un d'eux se fera même prendre en photo par Lars Ulrich sur le siège de sa batterie. L'ambiance est excellente, les problèmes qui résidaient au sein du groupe sont, on l'espère, définitivement révolus, les regards complices semblent sincères.
Le concert continue avec fade to black Ÿ, ride the lightning Ÿ, and justice for all... Ÿ. La scène est plongée dans le noir, le prélude à la guerre est intensifié par les bruits d'hélicos et d'armes à feu qui envahissent Arras, c'est l'heure de One Ÿ. Les multiples effets pyrotechniques écorchent nos oreilles mais putain ... C'QUE C'EST BON !! Kirk Hammet, bien que le visage un peu plus marqué, entame son énième solo tout aussi impeccable que les précédents. La chanson finit dans une frénésie totale, incontrôlable, les mouvements de têtes suivent les doubles croches de fin, tous synchros, ajouté à cela la reprise des pétards sur les premiers temps. La fin, brusque, replonge nette la foule dans le noir qui vocifère. Bilan : 32000 survivants.
Nous avons le droit à une avant-première du prochain album (sortie prévue en septembre) et là je peux en parler! Si l'album est dans la même lignée que cette chanson ça va être très très très bon. Les breaks qui alternent grosses guitares et basse très pesante, on est content de voir que Trujilo a pas hésité à imposer sa patte et surtout que Kirk s'est remis aux solos !! Le riff est très prenant, il me semble que la chanson s'appelle Suicide Ÿ mais là, je mets en interrogation (Si quelqu'un connaît le titre exact n'hésitez pas !!).
Nos 4 San-Franciscains finissent par Enter Sandman Ÿ et Seek & Destroy Ÿ. La première est stoppée avant le riff principal et James Hetfield, de son rictus fourbe, nous fait part de son fameux ... ho yeah ?!... Ÿ et lorsque le niveau de réponse du public lui convient il ré-attaque le riff tout seul et au moment où il est rejoint par les 3 autres membres, un feu d'artifice mêlé à d'autres pétards partent de scène, perçant la nuit noire et éclairant toute la grand' place : exit: night, enter: light.
Pour la dernière, la foule profite de cette chanson mythique et reprend en ch¶ur le refrain. C'est fini. Le groupe reste 5 minutes sur scène pour saluer les gens avant de finir ensemble, uni, au milieu pour la dernière révérence.
Un 14 Août magique dans le Nord, Metallica a conforté son statut de leader de la scène Trash/Métal avec une expression scénique ahurissante. 6 micros chants disposés à tous les recoins de la scène pour que tout le monde ait son petit instant où l'un des trois guitaristes chantent à quelques mètres d'eux, Robert Trujilo a mis une claque à tous les puristes Ÿ qui ne voient pas en lui un membre légitime de Metallica, enchaînant les allers-retours de chaque côté de scène, les sauts de crapauds et les voltiges de basses. On peut pinailler longtemps sur la chanson en plus qu'on aurait voulu écouter et qui n'était pas sur la setlist mais qu'importe ... c'était fabuleux.
Plus aucun projecteur pour éclairer la Grand' Place d'Arras, les gens font dos à la scène pour prendre le chemin de la sortie et si plus aucune illumination n'apparaît physiquement, dans la tête, les feux d'artifices sur les bras levés de James Hetfield ravivent les frissons ressentis pendant 2h30 de show et ce ... Pour un bon moment.
Set list (pas sur d’être bien dans l’ordre pour le milieu) :
Creeping Death
For Whom the bell tolls
Ride the Lightning
Welcome Home (Sanitarium)
Memory Remains
New Song
No Remorse
...and Justice for All
Fade To Black
Master of Puppets
Whiplash
Nothing Else Matter
Sad but True
One
Enter Sandman
Last Caress
So What
Seek and Destroy
Dimitri
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tu peux écouter la version soundboard sur leur myspace officiel ou sur cette vidéo: http://www.dailymotion.com/wastedt/video/10785008