

- Artiste : (hed)p.e.
- Label : Suburban Noize Records
- Année : 2010
- Genres : Punk Néo Métal
- Pays : Etats-Unis
Jared a imposé à ses camarades, avec leur entrée dans le label indépendant Suburban Noize Records, le rythme d’une production tous les ans depuis 2006, et jusqu’en 2012 s’il vous plaît ! Cela explique ce rythme effréné et cette baisse qualitative au fil des ans depuis Insomnia. C’est d’ailleurs l’année dernière que je vous avais fait part de ma déception quant à « New World Orphan », disque à collectionner en trois couleurs différentes, une pour chaque couple de pistes bonus, et vas-y que je te vende du string Hed P.E., du débardeur Hed P.E., des bracelets de transpiration « NWO » (et accessoirement un disque).
Les grotesques envies de pognon se sont calmées cette année mais la tracklist reste conséquente : pas moins de 22 titres jonchent Hed P.E. 2010. Bon... retirez à cela une introduction inutile et sept interludes absolument dignes de désintérêt (bribes de discours et paroles de personnages médiatiques), et vous obtenez ce qu’il reste en contenu réel. Et déjà je me découvre une petite irritation pour ce principe de vouloir absolument nous infliger de l’extra-musical au beau milieu d’un disque. Pourquoi ne pas séparer la musique du reste sur deux rondelles distinctes, le disque « reste » pouvant aisément être utilisé en tant que freesby pour votre chien ou, si cette option demeure impossible faute de chien, l’oublier.
Je ne vais pas prendre de pincettes avec la matière musicale : c’est produit correctement mais une partie trop importante des morceaux sont de simples rythmiques Punks, solutions faciles soutenues par un leader à la voix mise en avant. Il n’en est pas moins un atout qui rend les nombreuses fades minutes du disque pas trop éprouvantes, je parle de « Truth Rising », « This Fire », « Menina », « Whitehouse » et j’en passe. En gros, si t’aimes les titres punks bébêtes qui étaient déjà trop présents sur les quelques derniers disques, te voilà servis à t’en rendre sourd. Bien évidemment, on ne peut brider totalement la rage un animal ayant montré des canines plus grosses que sa propre gueule. Je veux bien prendre double ration de « Takeover » par exemple, pour ce côté lisse mais bien hargneux, de « Stand Up » pour ce riff qui glisse au côté du, pour une fois irrésistible, Lajon Witherspoon de Sevendust. On peut aussi mettre dans le camp des morceaux à retenir : « Forward Go! », « Bad News », « Murder », « It’s Alright » qui nous préviennent que Hed P.E., c’est pas tout-à-fait une impasse créative. En fait, si ce disque faisait une douzaine de morceaux et que les meilleurs étaient retenus, on aurait un album clairement honnête, sans être le Saint Graal. Faut pas déconner, en un an on peut pas attendre une révolution auditive non plus. Loin de moi l’envie de les excuser, au contraire, ces impératifs m’énervent et on comprend que si ils pouvaient prendre plus de temps pour bichonner leur travail, ils seraient encore en mesure de nous pondre d’impressionnantes choses vu le potentiel. Des titres comme « It’s All Over » étayent justement mes propos, balançant du couplet bien rentre-dedans pour un refrain lent et mélodique, l’exemple d’une réflexion à l’opposé du creux, du vide que représentent certains autres morceaux. Mais les jeux sont faits et j’aime rarement avoir à zapper deux tiers d’un album quand le reste est largement acceptable, ça donne l’impression de se taper les B-sides d’un groupe qui veut faire attendre le fan.
J’en ai un peu marre de devoir faire la balance entre morceaux potables, ceux qui sont carrément bons et les bouche-trous créés suite à un moment de pur flemme créative. Pour moi, Hed P.E. commence sérieusement à trouver sa limite, alternant trop volontiers entre facilité et contenu de qualité. M. Jared promet quelque chose de plus lourd cette année ? Ils croient être en mesure de produire un nouveau disque tous les ans ? Et bien soit, mais qu’ils ne se fassent pas d’illusion, leur travail en pâtit et le résultat est tout juste acceptable, on est bien loin des premiers albums, tellement intenses sur toute leur durée. Le « Truth Rising » témoigne juste d’un âge d’or clairement révolu pour Hed P.E. et de la volonté d’assumer un rôle qui fait plus chier qu’autre chose : être les porte-paroles d’un message trop sérieux et sur une longue durée en plus. Sur ce, à l’année prochaine malheureusement.









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Commentaires
Ma petite contribution à l'édifice : Depuis Broke, je trouvais les albums de plus en plus pauvres, j'ai pris Truth Rising difficilement en main, en me disant que j'allais redonner une chance au groupe pour surprendre mes oreilles.
Première écoute: c'est varié, assez prometteur, avec des interstices plutot longs. Je ne suis pas emballé (Quand je me rappelle la gifle que j'ai pris en ecoutant les deux premiers!)
Mais voilà, je suis exigeant avec un groupe qui m'a retourné. Normal.
Après 2/3 écoutes, je commence a vraiment apprécier les titres et le délire. Au final je le laisse tourner autant que les 4 premiers.
Le projet est bien ficelé, et meme si je n'aime pas, les entractes font - finalement - partie du délire Hed PE. J'ai juste pris mon temps pour le décortiquer et l'apprécier.
Au dèbut j'aurais facilement mis une etoile sur 5.
Maintenant j'en laisserais certainement deux de plus.
Perso, j'adore le CD. Le plus aboutit du côté "Underground" de (hed) p.e. - Il surpasse largement Insomnia et New World orphans.
Il est agréable à écouter, hormis les intros qui sont en quantité excessive et un DJ absent...
Par contre, la créativité de l'album éponyme et Broke c'est fini pour de bon.
Jahred déteste la plupart de ses anciennes chansons maintenant.
RIP depuis longtemps pour moi
quelle idée à la con de produire autant de cd....en en faisant tous les 2/3 ans ils auraient de bons cd ...